Géopolitique de la pusillanimité - commentaires Géopolitique de la pusillanimité 2017-10-19T00:33:30Z http://merlanfrit.net/Geopolitique-de-la-pusillanimite#comment6510 2017-10-19T00:33:30Z <p>Europe universalis propage l'idée négative des civilisations non européennes . Refuser aux Africains et aux ameradiens l'art de la navigation est une imposture historique. Voir l'Égypte sous la dynastie Nubienne par exemple. C'est une histoires crée par les européens pour justifier tous leurs crimes. Rien d'honnête sauf le II qui donnait à chaque peuple la possibilité de se développer et d'écrire son histoire</p> Géopolitique de la pusillanimité 2015-10-09T00:08:04Z http://merlanfrit.net/Geopolitique-de-la-pusillanimite#comment5810 2015-10-09T00:08:04Z <p>J'aurais voulu revenir ici un instant sur ce jeu, Europa Universalis IV (mais aussi plus généralement sur l'ensemble de la production Grande Stratégie de Paradox), après plus de mille heure de jeu de mon côté, et une liste extensible d'extensions toujours développées et éditées par Paradox Interactive, et que je continue d'acquérir au compte-goutte malgré tout. Si j'ai manifestement beaucoup apprécié le jeu, dont la qualité intrinsèque est indéniable, comme en témoigne le temps investit dedans par moi-même comme par des milliers d'autres joueurs, je me dois aussi, en tant qu'étudiant averti de l'Histoire, de poser quelques bornes d'avertissements et me placer en contradiction avec plusieurs points soulevés par l'article ici présent.</p> <p>Si l'axe d'analyse principal dudit article ne souffre pas la contestation, la question rapidement survolée du rapport entre l'historicité et le jeu du point de vue de ses mécanismes, qui quoique certainement fluides, me semble particulièrement épineuse. Et notamment, il faut savoir que ce jeu-là, comme d'autres de Paradox, sont développés avec une "doctrine" spécifique en tête qui se résume en quelques mots, de la bouche des développeurs : "realism is <i>not</i> a meaningful argument". Ce qui en dit beaucoup, je crois. Il faut noter d'ailleurs qu'Europa Univsersalis est originellement adapté d'un jeu de plateau éponyme, et a été présenté dans ses premières moutures comme une forme de "RISK sous acide". Si je prends le temps de rappeler ces quelques faits, c'est afin de vous exprimer mon ressenti, et ma relation troublée avec la grande stratégie de Paradox.</p> <p>Car si ce jeu m'a longtemps aspiré, c'est plus en réalité pour ce qu'il se promettait (d'après moi) d'être, plus pour son potentiel, dimension très imaginaire en soi, que par la réalité de son gameplay. En effet, il faut avoir conscience qu'Europa Universalis particulièrement (c'est un peu moins vrai pour Crusader Kings et Victoria) est dans son essence même orienté, car conçu, comme un wargame. Tout est fait dans le jeu pour inciter à la guerre, et chaque élément du jeu est calculé pour faire la balance entre risque et récompense pour une entreprise guerrière. On a plus un "simulateur" d'impérialisme ici, ce qui peut facilement s'illustrer par de nombreuses World Conquests menées à terme bien avant l'achèvement de la timeline, qu'un véritable simulateur historique. Et c'est un choix conscient et revendiqué, au moins sur les forums, par l'équipe de développement. Donc attention à ne pas se tromper de cheval au moment de miser, comme j'ai pu le faire par moments.</p> <p>Par ailleurs, je trouve dans le jeu une tendance particulièrement dérangeante à présenter les phénomènes historiques comme une succession d'événements d'ordre mécanique, soudains. Un clique pour investir un montant de points de monarque, et paf, immédiatement, ou presque, on obtient l'effet désiré. En plus de présenter une vision particulièrement abstraite et mécanique de phénomènes, comme la transformation des monarchies féodales en monarchies modernes, puis parlementaires ou absolutistes, qui se réalise ici en un clique (toujours contre monnayage) une fois la technologie débloquée (alors que la réalité est bien plus diffuse, progressive et organique, avec toujours des phases mix, une évolution lente et discrète des institutions politiques notamment) - donc avec cette mécanique d'achat - révolution on a une vision quelque peu consumériste du gameplay en même temps qu'une vision extrêmement réductrice de la chose historique.</p> <p>En gros, et de manière raisonnée par une longue expérience personnelle, je suis obligé de résumer mon expérience de jeu à ceci : tout ce qui n'est pas décision d'ordre diplomatico-militaire, phase stratégique valable uniquement en temps de guerre, consiste à accumuler lentement différents "mana" qui servent ensuite à être dépensés pour consolider ses acquisitions guerrières (achat de "cores" provinciaux, réduction de risques de révolte, conversions culturelles... tout ça par un simple achat-clique) ou pour accumuler des buffs à vocations militaires essentiellement (puisqu'un buff économique n'a en définitif pour seule vocation que de permettre d'aligner plus de troupes, et de faciliter ainsi ses prochaines entreprises guerrières). Même le mercantilisme en place et la conquête de nouveaux marchés n'est qu'une affaire de gros sous pour continuer d'alimenter ou étendre l'ampleur de sa machine de guerre.</p> <p>Alors même que dans ce temps, dans le monde réel, à l'époque moderne ici traitée par le jeu, les souverains d'Europe et d'ailleurs s'affirment de plus en plus comme des souverains administrateurs, en même temps que les sociétés se centralisent, EUIV fait lui le pari, jusqu'à présent, d'occulter complètement les dimensions économiques, sociales et politiques de l'époque, ou de les résoudre en mécaniques absolument accessoires, comme de vagues servant à punir trop de précipitation sur le plan stratégique, pour se concentrer sur la conquête, et rien que la conquête. C'est un choix de design assumé. Il faut juste en être conscient lorsque l'on parle de ce jeu. Qui ne saurait prétendre proposer d'avantage.</p> <p>Ce qui n'est pas le cas de Victoria 2 par exemple. Bien plus organique et nuancé dans son approche. Mais c'est une autre histoire.</p> <p>Bref toute cette diatribe aussi répétitive que rébarbative avait pour objectif de vous transmettre une part de ce sentiment d'amour - haine que j'éprouve à l'égard de ce jeu, ce RISK ultime, qui pourrait pourtant être tellement plus qu'un jeu de petits soldats sur carte.</p> <p>Et dans cette optique, la prochaine extension pour le jeu se promet de rajouter des éléments de gestion pour enfin commencer à représenter une mécanique "profonde" liée à la politique interne d'une nation. Enfin. Enfin on verra.</p> Géopolitique de la pusillanimité 2013-08-27T19:21:25Z http://merlanfrit.net/Geopolitique-de-la-pusillanimite#comment3152 2013-08-27T19:21:25Z <p>Oui, 1444 c'est un cadeau aux fans de Byzance... Le 3 commençait en 1453 si je me trompe pas, avec la chute de Constantinople.</p> <p>Je sais bien que les power gamers vont avoir vite fait de comprendre les mécanismes et de blobiser comme des fous (c'est d'ailleurs en cours je suppose), mais je trouve que ce n'est pas si évident que ça avec des rebellions assez acharnées et des contre-coups diplomatiques sévères si on va trop vite en besogne sans savoir exactement ce qu'on fait.</p> <p>Le jeu n'est pas entièrement déterministe, ça fait son intérêt de sandbox... Bien sûr il y a des jeux de stratégie qui utilisent des systèmes de points permettant de trouver un intérêt à jouer les perdants, mais je ne sais pas si ce serait très amusant pour un jeu comme EU. Laurent Braud parle bien de ce problème dans un papier qu'on avait consacré au studio : <a href="http://www.merlanfrit.net/Les-paradoxes-de-la-machine-a" class="spip_url spip_out" rel="nofollow external">http://www.merlanfrit.net/Les-parad...</a></p> Géopolitique de la pusillanimité 2013-08-27T19:02:01Z http://merlanfrit.net/Geopolitique-de-la-pusillanimite#comment3151 2013-08-27T19:02:01Z <p>Le fantasme de réécrire une Histoire "plausible" est la force des EU, ce que ni un Civilization trop abstrait ni un Total War trop bourrin ne pourront faire.</p> <p>Le contrecoup c'est que l'idée même de plausibilité historique est aussi diverse que le nombre de joueurs. L'exemple le plus illustratif est le cas de l'empire byzantin (à ce sujet d'ailleurs, la date de départ de 1444 est surtout l'année de la bataille de Varna, dernière grande tentative de croisade et dernier espoir de survie pour l'EB), que beaucoup de joueurs s'acharnent à faire renaître jusqu'à rétablir l'ancien empire romain d'Orient voire au-delà (ce qui va donc à contre-courant des "lames de fond de l'Histoire", comme disait Braudel, l'EB périclitant depuis le XIIIe siècle). Outre la tendance à "blobiser" du joueur qui le rend finalement invincible tant les pressions intérieures sont inexistantes dans le jeu, c'est aussi fidèle à l'Histoire que de voir l'Empire romain reconquérir la Mare Nostrum en 476 !</p> <p>EU4 est effectivement fidèle dans la gestion des moteurs sociaux des Temps Modernes, mais la vague de l'Histoire s'écrase finalement sur un élément totalement anhistorique : le joueur lui-même.</p> Géopolitique de la pusillanimité 2013-08-27T15:38:15Z http://merlanfrit.net/Geopolitique-de-la-pusillanimite#comment3147 2013-08-27T15:38:15Z <p>Crusader Kings 2 m'a fait lire Duby et Le Goff, je ne m'en plains pas. :)</p> <p>Je te rassure Laurent, EU4 a une interface beaucoup plus claire que celle de son prédécesseur.</p> Géopolitique de la pusillanimité 2013-08-27T15:33:31Z http://merlanfrit.net/Geopolitique-de-la-pusillanimite#comment3146 2013-08-27T15:33:31Z <p>Victoria est technique effectivement, mais EU3 était impossible à manoeuvrer tant qu'on n'a pas trouvé le bouton d'inflation (ce qui m'a pris plusieurs heures). Les tutoriaux n'expliquent rien, évidemment. Par contre, en mettant de côté les histoires de budget, CK2 permet au joueur de tester un peu n'importe quoi sans perdre, ce qui attire les nouveaux joueurs.</p> <p>L'article a raison d'appuyer sur la nécessité de faire le lien entre le jeu et l'Histoire. C'est même un va-et-vient : le jeu donne envie d'en savoir plus, tandis que l'approfondissement historique nourrit l'imaginaire du joueur. En tout cas je n'ai jamais tant lu de documentaires historiques que depuis que je joue aux Paradox !</p> Géopolitique de la pusillanimité 2013-08-27T11:44:15Z http://merlanfrit.net/Geopolitique-de-la-pusillanimite#comment3145 2013-08-27T11:44:15Z <p>Commencer par Vicky, ça aide pas, c'est le plus complexe et le plus obscur des jeux Para !</p> Géopolitique de la pusillanimité 2013-08-26T18:44:42Z http://merlanfrit.net/Geopolitique-de-la-pusillanimite#comment3143 2013-08-26T18:44:42Z <p>@Martin <br />C'est maintenant que tu dis ça, alors que Crusader Kings 2 était en soldes il y a peu ! :(</p> Géopolitique de la pusillanimité 2013-08-26T18:40:47Z http://merlanfrit.net/Geopolitique-de-la-pusillanimite#comment3142 2013-08-26T18:40:47Z <p>Cette fidélité à l'Histoire avec un grand H me laisse un sentiment mitigé.</p> <p>D'une part, j'ai l'impression que c'est grâce à cette fidélité que ce genre de jeu fourmille de possibilités. Si les développeurs veulent reconstituer tel conflit dans notre histoire, ils doivent inclure un système de négociation car ce conflit s'est terminé par un accord. De même, telle guerre s'est terminée par un ingénieux mouvement militaire, alors cette option doit être disponible, et ainsi de suite. Plus on calquera les événements historiques plus les jeux gagneront en diversité. <br />D'autre part, puisque le jeu suit un contexte historique qui nous est connu, ou que l'on est censé connaître, je ne peux pas m'empêcher de penser que cela biaise la façon qu'a le joueur d'appréhender sa progression. Il connait le contexte historique dans lequel il évolue, il va donc l'anticiper et s'en saisir pour parvenir à ses fins, non ? Comme tu l'écris à la fin de ton article, nous savons tous qu'il y a un continent qui nous attend à l'ouest et que ce ne sont pas les Indes. Cet avantage n'aurait pas lieu d'être si la carte était aléatoire et les peuples inconnus.</p> <p>A quoi bon alors, jouer à ce jeu si Civilization nous donne autant de possibilités et moins d'anticipation ?</p> Géopolitique de la pusillanimité 2013-08-26T18:32:35Z http://merlanfrit.net/Geopolitique-de-la-pusillanimite#comment3141 2013-08-26T18:32:35Z <p>Je pense que les deux derniers Paradox sont vraiment beaucoup plus accessibles que leurs précédentes productions, grâce à leur interface et à un design plus maîtrisé... J'ai longtemps buté sur les jeux du studio, et puis Crusader Kings II a été la révélation. Bien sûr, j'ai dû me faire quelques séances de tutoriel (il y a encore de la marge pour l'améliorer), mais je pense que c'est une bonne porte d'entrée, parce qu'il peut être très vite gratifiant, et que le côté personnel de la dynastie accroche plus vite.</p> <p>Donc pour se lancer dans les jeux Paradox, il suffit d'attendre les soldes et de choper CK2.</p> <p>C'est marrant que tu évoques Football Manager, c'est un peu différent, mais c'est intéressant la manière dont le jeu te fait réfléchir au monde sans pitié du foot pro. J'ai souvent eu tendance à "jeter" mes vieux joueurs, mais à présent j'essaye de mettre à profit leur expérience, et à les embaucher comme préparateurs après leur retraite (au LOSC j'ai Landreau et Balmont, qui n'ont pourtant pas fini leur carrière chez moi faute d'un niveau suffisant). Après j'ai aussi du mal à me séparer de certains jeunes formés au club, même s'ils ne sont plus tout à fait au niveau.</p> <p>On pourrait presque regretter qu'EU4 ne permette pas comme Civ un vrai modèle de développement pacifiste (la victoire culturelle par exemple), mais il me semble que vue la période considérée c'est assez historique.</p> Géopolitique de la pusillanimité 2013-08-26T18:18:34Z http://merlanfrit.net/Geopolitique-de-la-pusillanimite#comment3140 2013-08-26T18:18:34Z <p>Très bel article sur un jeu auquel je ne serai probablement jamais capable de jouer, l'expérience de Victoria, du même studio, m'ayant complètement décontenancé : j'étais incapable de savoir si je jouais vraiment, dans le sens où je ne ne percevais aucune conséquence à mes actes. Pourtant ce type de jeu m'attire vraiment.</p> <p>Sur le cœur de l'article, la pratique des jeux de gestion pose effectivement ce genre de questions qui relèvent en fin de compte de la plus stricte morale : dois-je vraiment envahir ce pays qui me paraît sympathique, qui n'est pas nécessaire à mon avancée, mais qui est tellement facile à prendre ? Dois-je faire entrer en jeu ce footballeur vieillissant et dépassé pendant cette finale qui s'annonce victorieuse, sous le seul prétexte de notre passé commun ?</p> <p>En d'autres termes, est-ce que je joue pour gagner ou pour écrire une histoire ? Pour moi, les meilleurs jeux de gestion posent cette question, et provoquent la seconde réponse...</p>