Litres et ratures

Et sa fameuse odeur de poisson pourri et de discussions avariées.

Re: Litres et ratures

Messagepar tony » 19 Avr 2011, 20:05

Moi je lis ça : http://www.bibliosurf.com/La-carte-du-temps

Plutôt pas mal, des passages très drôles, super bien écrit.
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Re: Litres et ratures

Messagepar K2R2 » 19 Avr 2011, 21:03

Sachka a écrit:Je pense que c'est mon auteur fétiche avec Bradbury :D
C'est dommage dans celui-ci la traduction pue un peu je trouve.


Dommage et étonnant parce qu'en général Lunes d'encre soigne ses traductions.

Pour ma part j'ai lu dernièrement Janus d'Alastair Reynolds, dans la veine space opera plein de bonnes idées mais totalement foiré à l'arrivée c'est un bon candidat. J'ai été nettement plus emballé par Lavinia d'Ursula K. Le Guin, une variation absolument magnifique sur le thème de l'Enéide, dotée d'une écriture somptueuse. Franchement, j'ai été bluffé. Et puis coup sur coup j'ai lu deux polars extraordinaires, Drive de James Sallis et Sinaloa Story de Barry Gifford (l'auteur de Sailor et Lula). J'ai pas encore chroniqué le dernier, mais si vous voulez savoir plus en détail ce que je pense des trois autres ça se passe part là : http://bloggerinfabula.blogspot.com/
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Re: Litres et ratures

Messagepar Thufir » 19 Avr 2011, 22:54

Moi je relis Sallluste. La guerre de Jugurtha c'est surtout cool pour l'aspect historique et documentaire. Par contre La conjuration de Catilina est un véritable chef d'œuvre avec des scènes et caractères superbement enlevés et une atmosphère crépusculaire splendide. Une vraie tragédie politique angoissée.
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Re: Litres et ratures

Messagepar Thufir » 21 Avr 2011, 08:53

En fait, la guerre de jugurtha ça le fait aussi grave bien. Et ça m'inspire des réflexions qui, une fois n'est pas coutume, ont quelque chose à voir avec le propos de ce forum, à savoir les jeux vidéo.

Dans "La guerre de Jugurtha", ce ne sont pas seulement deux camps qui s'affrontent (romains vs numides). C'est une mosaïque de forces contradictoires, d'ambitions personnelles plus ou moins contrariées, de lobbys et de classes sociales (plèbe vs noblesse, rois alliés de Jugurtha entre eux, généraux romains perméables à la corruption, cités partiellement indépendantes qui changent de camps, etc.).

Dites moi si je me trompe, mais le jeu vidéo de stratégie a - à ma très modeste connaissance - toujours le modèle du jeu d'échec : deux (ou plusieurs) volontés qui s'affrontent. Au mieux, comme dans Civilisation, le joueur peut avoir des espèce de limitations (nan, t'es en démocratie, tu fais pas la guerre), mais on reste toujours sur le même modèle : le joueur contrôle son camps qui est finalement un bloc uni. On est loin de la réalité des choses telle que décrite par Salluste où des mosaïques d'intérêts divers agissent largement plus sur le cours des événements qu'un prétendu intérêt supérieur de la nation.

En jeu vidéo, je ne vois pas trop comment ça pourrait se traduire. Pourtant, en jeu de plateau, il y a des exemples qui fonctionnent plutôt bien : res publica romana, bien sûr, mais même d'une certaine manière Junta.

Est ce transposable sur PC, ou en live ? Est ce que ça risquerait pas de virer en trucs prises de tête et abscons ? J'avoue que j'en sais rien. Mais pour l'instant, à titre perso, j'estime qu'il s'agit d'une des limites les plus frustrantes que j'ai rencontrées dans les jeux vidéo de stratégie.
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Re: Litres et ratures

Messagepar Martin » 21 Avr 2011, 14:55

Thufir a écrit:En jeu vidéo, je ne vois pas trop comment ça pourrait se traduire. Pourtant, en jeu de plateau, il y a des exemples qui fonctionnent plutôt bien : res publica romana, bien sûr, mais même d'une certaine manière Junta.

Est ce transposable sur PC, ou en live ? Est ce que ça risquerait pas de virer en trucs prises de tête et abscons ? J'avoue que j'en sais rien. Mais pour l'instant, à titre perso, j'estime qu'il s'agit d'une des limites les plus frustrantes que j'ai rencontrées dans les jeux vidéo de stratégie.


Les points de victoire comme expression d'un programme politique.

Je viens de finir Sense & Sensibility, et je suis pas hyper convaincu par Austen. Déjà les règles du jeu matrimonial ont suffisamment évolué pour que le propos soit obsolète. la sensibilité exacerbée des personnages a un peu vieillie aussi. Et puis sur la fin le livre repose beaucoup trop sur des quiproquos, des deus ex machina pour être tout à fait convaincant. J'essayerai tout de même de lire Pride & Prejudice, mais je suis plutôt déçu.

Sinon pas mal d'essais, dont le très bon Retour à Reims de Didier Eribon, militant gay spécialiste de Foucault qui parle de son enfance chez les prolos reimois de manière intelligente et sensible. Son analyse notamment de la montée du FN est très intéressante (ses parents communistes sont devenus électeurs FN). Plus convaincant que L'Esquisse pour une auto-analyse de Bourdieu lu en parallèle, qui a certes un côté touchant quand le vieux sociologue se réfère à Flaubert à propos de la pension, mais qui est plein de cette morgue bourdieusienne qui le rend si insupportable.

En ce moment je lis un livre assez marrant d'Eça de Queiroz, Son Excellence, Le Comte d'Abranhos, fausse biographie élogieuse d'un homme politique portugais du 19 ème s, qui se révèle un affreux connard comploteur et lâche. Belle prose ironique.
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Re: Litres et ratures

Messagepar Shane_Fenton » 28 Avr 2011, 12:32

Depuis quelques mois, je lis et je relis ce livre découvert un peu par hasard :

TV LOBOTOMIE - La vérité scientifique sur les effets de la télévision

Image

Revue de presse sur le site de l'éditeur.

Ce livre est, comme son titre l'indique (assez pompeusement), une synthèse en français des travaux qui sont parus sur les différents effets de ce médium (sur l'apprentissage, l'intelligence, l'obésité, l'agressivité, etc...). L'auteur est directeur de recherche à l'INSERM, ayant déjà écrit Mad in USA (une critique de l'American Way of Life), et autant ne pas tourner autour du pot, c'est un livre à charge, violemment à charge même. Il existait une autre synthèse qui arrivait aux mêmes conclusions, mais elle est en anglais : c'est Remotely Controlled d'Aric Sigman (parue en 2006). Je connaissais donc un bon nombre de travaux et de conclusions rapportées dans le livre de Desmurget, mais deux choses inédites m'ont intéressé.

La première, c'est qu'il ne parle réellement que de télé. Je m'attendais à ce que les jeux vidéo ou Internet dégustent eux aussi, mais non : le livre est consacré presque exclusivement à la télé. Je dis "presque" parce que si les jeux vidéo sont mentionnés, c'est uniquement pour dire que contrairement à ce qu'on croit, ils n'ont ni remplacé ni supplanté l'usage de la télévision, qui reste toujours le médium le plus consommé. Idem pour Internet, avec en prime une petite pique contre le "multitasking".

La deuxième chose, c'est que malgré tout, même si le livre ne parle pas de jeux vidéo, il y a deux personnes bien connues de nos services qui se font sauvagement massacrer tout au long du livre : Michael Stora et Serge Tisseron, qualifiés de "pipeaulogues" par l'auteur, qui prend un malin plaisir à disséquer leurs bouquins et leurs articles pour démonter leurs arguments et leur "connerie", selon ses propres termes.

Bref, ce livre m'a captivé, même si parfois j'ai un peu de mal avec le ton employé par l'auteur (à noter que quand il défend son livre à l'oral, par exemple à la radio, il est beaucoup plus mesuré... un peut trop d'ailleurs). Et je recommande sa lecture.
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Re: Litres et ratures

Messagepar Alexis » 30 Avr 2011, 01:09

Pour faire une pause dans ma lecture de La Tour Sombre de Stephen King, son grand œuvre, je me suis mis à lire L'homme qui voulait vivre sa vie, de Douglas Kennedy, dont un film a été tiré (pas encore vu).

Image

Je vous laisse un petit lien de mon point du vue sur Sens Critique, avec un petit extrait ci-dessous.

Douglas est semble-t-il réputé pour la façon dont il construit son récit. Cependant, cette forme devient véritablement étouffante sur au moins les deux cents premières pages du livre (dans mon édition Pocket), soit à peu près la moitié du livre. En effet, en plus d'être une terrible description on ne peut plus cliché (ah ah) pour ne pas dire complètement caricaturale de la vie d'un cadre évoluant dans le haut monde de Wall Street en tant qu'avocat spécialisé dans la succession de patrimoine (et la manie de dire toutes les marques et tous les prix, qui dure plus que je ne l'espérais dans le livre), Douglas Kennedy suit un plan avec une telle rigueur que l'on voit apparaître, surligné en grosses bordures, le plan du récit.
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Re: Litres et ratures

Messagepar K2R2 » 30 Avr 2011, 12:33

Shane, merci pour cette petite chronique, ce livre vient d'aiguiser furieusement ma curiosité.
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Re: Litres et ratures

Messagepar Martin » 30 Avr 2011, 17:16

Fini Austerlitz de WG Sebald, très bien. Absolument désespéré, l'histoire d'un orphelin qui comprend 40 ans plus tard qu'il a été envoyé en Angleterre par sa mère juive tchèque. Sebald a une écriture très particulière, assez dense, qui rappelle parfois le côté obsessionnel de Bernhardt (en un peu moins âpre mais plus dépressif), sans paragraphes mais illustrés de photos. Il y a de très bon délires sur

Commencé la Horde du Contrevent dont Pierre dit toujours le plus grand bien. Après quelques pages je pensais lâcher parce que l'accueil est un peu farouche : on comprend rien à l'univers qu'on se prend dans la gueule, l'écriture chorale est parfois grandiloquente, c'est trop écrit, mais maintenant que je suis entré dans le bouquin, c'est tout de même assez fascinant. Je sais pas si je vais tenir les 700 pages qui me restent, mais c'est plutôt bien parti.
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Re: Litres et ratures

Messagepar Pierre » 30 Avr 2011, 17:52

Ce serait TRES dommage que tu ne tiennes pas.

Marrant, je n'ai eu aucun mal à entrer dans le livre, et je n'ai pas réussi à le lâcher du début à la fin. Le pitch est quand même pas très compliqué ^^
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Re: Litres et ratures

Messagepar K2R2 » 30 Avr 2011, 18:06

La horde du contrevent est vraiment un bon bouquin, j'ai pris un grand plaisir à le lire même si les premiers chapitres ne sont pas évidents notamment parce que l'on passe son temps à vérifier qui parle (un peu comme si toutes les deux minutes il fallait consulter un lexique). Franchement ça vaut le coup, même si j'ai quelques bémols dont je ne dirai rien ici avant que tu n'aies terminé ta lecture.
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Re: Litres et ratures

Messagepar Pierre » 30 Avr 2011, 23:15

Tu peux en parler en balises spoilers, ça m'intéressera sûrement d'en discuter, moi je l'ai lu il y a quelques années ^^
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Re: Litres et ratures

Messagepar Martin » 30 Avr 2011, 23:33

Le début est violent parce qu'il y a plusieurs éléments qui te perdent : les personnages et leurs diverses voix, l'univers, le vocabulaire...

Après je trouve que Damasio surécrit un peu, il a un style baroque que je trouve un peu forcé.
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Re: Litres et ratures

Messagepar K2R2 » 30 Avr 2011, 23:47

Bon bon ok, en même temps c'est pas non plus très méchant ce que je vais raconter.

Texte caché : cliquez sur le cadre pour l'afficher
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Re: Litres et ratures

Messagepar Martin » 04 Mai 2011, 10:52

C'est tout de même un peu relou des fois la Horde... Genre le duel de 30 pages, c'est un peu présompteux, non M. Damasio ? Ouais, on a vu tu refourgues du concept deleuzien en contrebande pendant ce temps, mais le texte n'a pas la légèreté qu'il prête à ses combattants, ça non. :D
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Re: Litres et ratures

Messagepar NiKoaLa » 04 Mai 2011, 11:06

J'aimerais vraiment que l'univers de la Horde du contrevent soit exploité dans le jeu vidéo ou le jeu de plateau...(j'en ai déjà parlé, mais j'aimerais un TRPG qui nous mette dans la peau de la horde et qui nous fait jouer contre le vent).
J'ai finalement gardé un très très bon souvenir.
Fun Fact, c'est sûrement pareil pour vous, mon édition de la Horde comprennait un marque page qui rappellait l'ensemble des personnages et le symbole associé...ça aide un peu...
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Re: Litres et ratures

Messagepar Martin » 04 Mai 2011, 11:09

NiKoLaJi a écrit:J'aimerais vraiment que l'univers de la Horde du contrevent soit exploité dans le jeu vidéo ou le jeu de plateau...(j'en ai déjà parlé, mais j'aimerais un TRPG qui nous mette dans la peau de la horde et qui nous fait jouer contre le vent).
J'ai finalement gardé un très très bon souvenir.


Je sais pas parce que quand j'essaye de me représenter ce que Damasio raconte ou décrit, j'ai un peu du mal... Je crois qu'il nous enfume pas mal avec sa langue baroque, mais que sa Horde est avant tout de papier. C'est pas un mal en soi, mais ça me rend pénible les morceaux de bravoure comme le combat, parce que j'arrive pas à y croire malgré les superlatifs (le combattant le plus machin de tous les temps fait des gestes encore plus rapides que vifs, etc.)

Cela dit en s'inspirant de loin, on pourrait sans doute trouver quelque chose, oui.

Fun Fact, c'est sûrement pareil pour vous, mon édition de la Horde comprennait un marque page qui rappellait l'ensemble des personnages et le symbole associé...ça aide un peu...


Oui y'a ça dans l'édition folio et ça marche.
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Re: Litres et ratures

Messagepar K2R2 » 04 Mai 2011, 14:46

Oui c'est clair que ce passage de combat est assez lourdingue. Sinon le truc assez sympa de l'édition grand format c'était le CD musical qui accompagnait le livre et qui mettait bien dans l'ambiance.
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Re: Litres et ratures

Messagepar NiKoaLa » 04 Mai 2011, 15:05

Les propriétés formelles de ce monde (un amont, un aval, un vent qui va en sens unique, un coté pré industriel, une technologie à base de vent, des créatures fantastiques) le rendent facilement exploitable, surtout de loin...d'ailleurs je vois bien un imaginaire japonais s'y greffer de la même façon qu'ils ont intégré Moebius...
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Re: Litres et ratures

Messagepar K2R2 » 05 Mai 2011, 17:49

Image

Bizarrement ce roman de Gene Wolfe était enfoui très profondément dans les strates de ma pile à lire, fort conséquente au demeurant, mais l'envie m'a pris de lire de la SF humaniste sans la grosse artillerie du space opera classique. On est clairement plus proche d'Ursula K. Le Guin que d'E.E. Doc Smith avec ce roman composé de trois récits enchâssés, dont le fil directeur est assez ténu, sinon que l'on retrouve dans chaque texte le même personnage d'ethnologue. L'action, si l'on peut dire, se déroule sur les planètes jumelles de Saint-Anne et Sainte-Croix, autrefois colonisée par des Français un rien belliqueux puisqu'ils anéantirent les autochtones, puis furent à leur tour réduits au silence par d'autres colons. De l'espèce originelle qui peuplait ce système, l'humanité sait très peu de choses, mais plusieurs théories affirment que ces êtres doués de mimétisme pouvaient adopter n'importe quelle forme biologique. D'aucuns pensent même que pour se protéger ils auraient pris la forme de colons pour se fondre dans la masse. Leurs capacités de mimétismes étant si développées, ils auraient fini par oublier leur nature même. Toutes ces hypothèses intriguent un terrien, le Dr Marsh, qui décide de se rendre sur Sainte-Anne pour mener ses recherches sur ces fameux autochtones prétendument disparus.

Honnêtement, la SF ethnologique ne court pas vraiment les rues, alors quand on met la main sur un spécimen on ne peut qu'être intrigué, en l'occurrence "La cinquième tête de Cerbère" vaut moins pour l'originalité de l'histoire que pour la narration absolument brillante de Gene Wolfe. On pense tour à tour à Le Guin, R.C Wilson ou bien encore à Iain M. Banks, tant la manière de raconter, tout en subtilité, se rapproche de la peinture ; au début c'est la toile blanche, puis l'auteur dessine un contour, apporte quelques touches ici et là pour donner vie à son oeuvre. Et lorsque le tableau est terminé, il faut encore l'observer sous différents angles, se rapprocher, reculer, s'attarder sur quelque détail pour en saisir toute la subtilité. L'écriture de Gene Wolfe est absolument irréprochable, tout en douceur et en légèreté, pas d'effets de style pour épater le lecteur, pas d'esbroufe et une proximité psychologique avec les personnages remarquable. Gene Wolfe a la capacité de dire beaucoup en peu de mots, ce qui lui permet d'éviter le didactisme dont font preuve nombre d'écrivains de SF. C'est un vrai plaisir que de lire ce roman qui brasse des tonnes de concepts passionnants ; la gémellité et la copie, la notion d'unicité, le rôle de la mémoire (dans le premier récit le personnage central est un clone), mais également des questions essentielle sur le colonialisme, le génocide ou bien encore la notion de paradis perdu.
Bref, pas vraiment surpris par Gene Wolfe parce que je considère que cet auteur fait partie des très grands écrivains de SF, mais séduit une nouvelle fois par sa prose et la subtilité de sa réflexion.
Dernière édition par K2R2 le 05 Mai 2011, 18:00, édité 2 fois au total.
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