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Re: Litres et ratures

MessagePublié: 02 Juin 2016, 22:51
par Zure
Elincia a écrit:Bah Victor, j'ai l'impression que ce sont des bouquins comme Bel-Ami et Bovary, ultra étudiés dans le secondaire, dont tu ne comprends en général guère la portée (enfin plutôt le message) à cet âge (moi Maupassant il m'est passé au dessus quand j'avais 15 ans) et que tu n'as pas le réflexe de reprendre quand t'es un peu plus vieux. Ca m'aurait embêté que Les Frères Karamazov en fasse partie, c'est tout ce que je dis. C'toi le nimp.


Je suis d'accord, les classiques (à part Dumas ou Jules Verne) quand j'étais ado, ça me gavait et j'y comprenais rien. Je me rappelle qu'on étudiait des trucs d'Hugo ou Balzac au lycée, j'avais envie de me suicider à coup de figues molles. Passer des trucs que je lisais chez moi (SF & Fantasy) au Misérables ou Eugénie Grandet, c'était chaud. :lol:

Bon après, je peux pas dire que j'aime spécialement lire des classiques aujourd'hui (à part Dumas & Verne) (Hugo, Balzac et consorts, j'y arrive toujours pas) mais bizarrement les russes comme Dostoievski et Tolstoï, ça passe bien mieux. M'enfin, je les lis de manière très espacé aussi, ça manque de dragons et de vaisseaux spatiaux. :D

Re: Litres et ratures

MessagePublié: 02 Juin 2016, 23:03
par Alexis
Poisan a écrit:Probablement mon bouquin préféré. Remarque en ce moment je suis en train de lire Moby Dick dans le texte, ça envoie du lourd aussi.


Ah. On lit le même bouquin.

Re: Litres et ratures

MessagePublié: 03 Juin 2016, 00:12
par Poisan
Elincia a écrit:Bah Victor, j'ai l'impression que ce sont des bouquins comme Bel-Ami et Bovary, ultra étudiés dans le secondaire, dont tu ne comprends en général guère la portée (enfin plutôt le message) à cet âge (moi Maupassant il m'est passé au dessus quand j'avais 15 ans) et que tu n'as pas le réflexe de reprendre quand t'es un peu plus vieux. Ca m'aurait embêté que Les Frères Karamazov en fasse partie, c'est tout ce que je dis. C'toi le nimp.


Oui, pardon, j'avais mal compris ce que tu disais (faut plus que j'aille sur MF bourré). J'avais cru comprendre qu'au départ tu t'en étais voulu de ne le lire qu'à ton âge, alors que bon... Sinon Karamazov, ça ne me semble pas vraiment étudié au lycée, si ? Il faut clairement de la bouteille pour apprécier le bouquin, je pense. Enfin, avoir vécu un peu quoi.

Re: Litres et ratures

MessagePublié: 03 Juin 2016, 07:58
par Martin
Moi j'en suis à un point où je crois que j'ai à peu près tout oublié de Dostoïevski parce que ça va faire vingt ans que je l'ai lu. Mais dans mon souvenir je préfère l'Idiot que j'ai dévoré en quatre jours alors que je me faisais chier sous les tropiques, ou bien Les carnets du sous-sol, qui est petit et absolument fabuleux.

Deux bouquins en ce moment, après une année où j'ai unn peu moins lu que d'habitude :

- Manet, une révolution symbolique de Bourdieu. J'ai du mal avec les livres de Bourdieu, que je trouve assez pénibles à lire à cause du style un peu lourd, mais là ce sont des cours au Collège de France, et tout de suite ça passe mieux. J'ai lu Sur l'Etat il y a quelques mois, et c'était bien aussi. Ce qui est marrant dans les cours, outre le style plus oral, c'est les digressions, qui frisent parfois l'égo-trip hallucinant (Bourdieu quoi), mais qui sont intéressantes parce qu'elles donnent l'impression de voir une pensée en marche. En gros sur Manet il essaye de montrer que l'invention de la peinture formaliste est liée aux conditions historiques (le rôle de l'Etat dans la production artistique, le fait que trop de peintres soient formés, etc.), et c'est très intéressant.

- Comme c'est un peu gros pour lire ailleurs que chez moi, j'ai aussi en cours Oreillers d'herbe de Soseki, qui parle aussi de peinture. C'est un court roman, qui raconte l'histoire d'un peintre en goguette dans un petit bled japonais, où il écoute les rumeurs et s'amourache de la fille un peu folle du notable. C'est pas fabuleux, mais il y a de beaux moments de prose poétique et de réflexion sur l'art. Je pense pas être un grand fan de Soseki, dont j'ai déjà lu un autre bouquin -- le titre m'échappe --. Je vais peut-être essayer son plus connu Je suis un chat, à voir.

Re: Litres et ratures

MessagePublié: 03 Juin 2016, 08:07
par Poisan
C'est un peu ennuyeux "Je suis un chat" à vrai dire. C'est une nouvelle qui, le succès aidant, s'est étirée en un roman qui n'a pas vraiment lieu d'être. Soseki a un truc un peu trop académique à mon goût.

En littérature japonaise, j'avoue que j'aime beaucoup Mishima. Et Kawabata, sur un autre registre, qui a inspiré des films magnifiques à Naruse.

Re: Litres et ratures

MessagePublié: 03 Juin 2016, 08:28
par Martin
Oui Mishima j'ai presque tout lu. J'adore des romans comme La Musique (beau portrait de femme névrosée) ou Le Tumulte des flots, belle histoire d'amour très sentimentale. Kawabata ça fait plus longtemps, mais Kyoto m'avait bouleversé à l'époque. Faudrait peut-être que j'essaye un truc comme le Maître de Go, mais j'ai peur de pas tout comprendre.

Un japonais que j'ai pas mal lu récemment c'est Tanizaki : j'adore ses trucs un rien sado-maso, comme ses nouvelles, et son roman La vie secrète du siegneur Musashi.

Re: Litres et ratures

MessagePublié: 03 Juin 2016, 09:37
par Thufir
J'ai été très fan de littérature jap à une époque. Mais le dernier Kawabata que j'ai chopé - me souviens plus du titre - j'y suis pas arrivé. De ce mec j'avais bien aimé le bouquin sur les vieux impuissants qui dorment avec des jeunes filles shootée aux somnifères. C'était assez terrifiant sur la déchéance de l'âge et de la virilité, même thème que dans "La Cousine Bette", mon Balzac préféré.
Mais mon romancier japonais préféré c'est quand même Mishima. "Confession d'un masque", "La mort en été", tout ça... je suis très très très client.
Sinon actuellement j'essaie de lire la "Guerre du Péloponnèse" de Thucydide. Mais c'est chiant et long. Hérodote, plus ancien d'une génération, est bien plus sympa.

Re: Litres et ratures

MessagePublié: 03 Juin 2016, 11:13
par Alexis
Poisan a écrit:C'est un peu ennuyeux "Je suis un chat" à vrai dire. C'est une nouvelle qui, le succès aidant, s'est étirée en un roman qui n'a pas vraiment lieu d'être. Soseki a un truc un peu trop académique à mon goût.

En littérature japonaise, j'avoue que j'aime beaucoup Mishima. Et Kawabata, sur un autre registre, qui a inspiré des films magnifiques à Naruse.


J'aime beaucoup Je suis un chat. Forcément, il y a un côté feuilleton parce qu'il s'agit de nouvelles publiées à intervalle régulier dans un journal. Lire l'ensemble d'un coup peut être assommant. Mieux vaut lire une nouvelle de temps en temps, une fois par semaine par exemple. On se rapproche alors un peu plus du mode de publication de l'époque. Mais j'aime beaucoup, parce que c'est très drôle, parfois un peu cruel (la femme de Sôseki en prend pour son grade). L'épisode des bains, plus ou moins au milieu de recueil, est génial.

Mishima j'ai lu un peu. Je le connais plus par ce que l'on dit de lui, des films/livres/documentaires à son propos. Confession d'un masque, j'ai trouvé ça insupportable, tellement ce mec est un mytho.
Après je me rappelle de l'École de la chair qui à l'époque m'avait pas mal émoustillé. Il faut dire que paradoxalement, son statut de superstar de la littérature japonaise m'a un peu bloqué. Mais j'ai le projet de tout lire, petit à petit.

Sinon j'aime beaucoup Akutagawa Ryûnosuke ou Shiga Naoya. Le premier est un témoignage vibrant et déprimé du changement d'époque entre Edo et Meiji, où chacune de ses nouvelles est d'une précision incroyable, l'autre parvient à dire tellement en si peu de mots. L'autobiographie de Ryûnosuke m'a laissé une trace indélébile.

Kenzaburo Ôe vaut son pesant de cacahuètes et Abe Kôbô est tip top. Il peut donner un contrepoint à Mishima, l'un étant communiste, l'autre d'extrême droite.

Re: Litres et ratures

MessagePublié: 03 Juin 2016, 13:21
par Martin
J'adore Oê, surtout Une Existence tranquille. Abe j'ai juste commencé un truc que j'ai détesté et promptement rangé dans la catégorie insupportablement postmoderne. Mais je l'ai peut-être jugé trop vite. Ce que j'aime chez Mishima c'est la diversité de son œuvre qui va des délires fascisants à l'étude de mœurs sensible.

Sinon j'aime bien Melville à petites doses, il a des pages lumineuses (Bartleby, Les îles enchantées). Moby Dick m'avait déçu, ca sentait trop le your de force à mon goût, avec ces changements de style d'un chapitre à l'autre. Je devrais peut-être réessayer de me lire en anglais cette fois, de toutes façons le vocabulaire maritime m'est aussi étranger en français.

Re: Litres et ratures

MessagePublié: 03 Juin 2016, 15:02
par Thufir
Moby Dick ça m'avait gonflé.
De Oé, j'ai beaucoup aimé aussi le bouquin sur Hiroshima. Sur les rapports de la lumière et de la mort, c'était dans la même veine que Mishima, du coup très impressionnant et très différent de la symbolique occidentale.

Re: Litres et ratures

MessagePublié: 03 Juin 2016, 18:14
par roger
Moi ce qui m'avait surpris dans Moby Dick c'est l'humour, je ne pensais pas que ça me ferait sourire parfois. Sinon je trouvais que le tragique de l'histoire était un peu noyé dans les digressions, ça n'avait pas grand chose à voir avec l'idée que je m'en faisais.

Re: Litres et ratures

MessagePublié: 04 Juin 2016, 21:25
par laurentb
Dans un tout autre genre de prix nobel de littérature, à l'approche du 6 juin (et de la sortie de HoI4) j'ai attaqué la 2e partie des mémoires de guerre de ce bon Churchill.

C'est vachement bien. Je veux dire, bien sûr c'est un connard prétentieux, mais bon, c'est aussi ça qui en a fait un bon leader de guerre. Il raconte tellement de choses de façon tellement fluide que c'est vraiment une bonne lecture. Et puis l'édition française est assez drôle dans ses notes quand il se met vraiment à raconter n'importe quoi. Tout le début avant 1939 (et qu'il n'est pas au pouvoir), il raconte des entrevues, des négociations, même avec les pincettes de rigueur c'est passionnant.

Re: Litres et ratures

MessagePublié: 07 Juin 2016, 01:16
par Le Yéti
Ça y est. J'ai lu La Grève, plus connu sous le nom de Atlas Shrugged.
Je vais revenir avec un article (sur Medium je pense) sur le livre. C'est aussi passionnant qu'abominablement con. Sa philosophie est jolie et gentille, mais ça ne tient pas la route. Elle dépeint avec une naïveté toute américaine (sic) des socialistes gras et méchants qui font de bien piètres adversaires pour nos héros sur-humains. Toutefois, le style très direct, certaines scènes sublimes, le côté technicolor du pavé m'ont enchanté.
C'est chiant d'aimer des trucs écrits par des cons :(

Re: Litres et ratures

MessagePublié: 07 Juin 2016, 09:21
par Zure
Le Yéti a écrit:Ça y est. J'ai lu La Grève, plus connu sous le nom de Atlas Shrugged.
Je vais revenir avec un article (sur Medium je pense) sur le livre. C'est aussi passionnant qu'abominablement con. Sa philosophie est jolie et gentille, mais ça ne tient pas la route. Elle dépeint avec une naïveté toute américaine (sic) des socialistes gras et méchants qui font de bien piètres adversaires pour nos héros sur-humains. Toutefois, le style très direct, certaines scènes sublimes, le côté technicolor du pavé m'ont enchanté.
C'est chiant d'aimer des trucs écrits par des cons :(


Des cons que tu dis hein, chez moi un con c'est celui qui croit au socialisme (le vrai hein pas celui de Hollande :lol: ).

En tout cas, il défonce ce bouquin. Je l'ai lu en français (mais la bonne traduction de Sophie Foltz) et c'est le fire. Après c'est sûr que quand t'es de gauche je comprends que ça doit être stressant à lire. :lol:

Re: Litres et ratures

MessagePublié: 15 Juin 2016, 10:09
par Martin
J'ai lu les Questions de sociologie de Bourdieu, et c'est vraiment intéressant dans l'ensemble (c'est une collection d'interviews et d'interventions, c'est donc forcément inégal). Je suis prêt à repartir dans les cours sur Manet, mais le bouquin est vraiment lourd et peu agréable à manipuler.

Pendant ce temps je me suis mis à Vernon Subutex, mon premier Despentes. Je suis plutôt agréablement surpris : c'est pas mal écrit, ça se lit bien, et le côté vieux rocker est sympa. Malheureusement elle n'évoque pas que la scène rock, mais fait une sorte de panorama des "branchés" (depuis la pigiste paumée jusqu'au trader coké), qui repose tout de même vachement sur des clichés, elle ne fouille pas vraiment ses personnages mais les survole de manière certes amusante, mais qui ne permet pas de les rendre vraiment humains. En gros c'est de la littérature de plage.

Re: Litres et ratures

MessagePublié: 18 Juin 2016, 10:21
par Martin
Fini Vernon Subutex 1. C'est en effet très caricatural, mais c'est un peu comme la pils de la littérature, ça passe tout seul, et du coup je vais enchaîner avec la suite, que j'ai assez envie de connaître.

Re: Litres et ratures

MessagePublié: 18 Juin 2016, 10:31
par Thufir
J'avais lu un recueil de nouvelles de Despentes et j'en garde un très mauvais souvenir. J'ai trouvé ça vulgaire et prétentieux. C'était il y a 15 ou 20 ans et j'y suis jamais revenu depuis.

Re: Litres et ratures

MessagePublié: 18 Juin 2016, 10:37
par Martin
Thufir a écrit:J'avais lu un recueil de nouvelles de Despentes et j'en garde un très mauvais souvenir. J'ai trouvé ça vulgaire et prétentieux. C'était il y a 15 ou 20 ans et j'y suis jamais revenu depuis.


Je pense qu'elle a progressé en tant qu'écrivain depuis, mais je sais pas, j'avais rien lu d'elle avant.

En ce qui concerne Subutex, vulgaire ça l'est un peu, prétentieux aussi si on prend au sérieux l'idée que ça refléterait la société contemporaine... Mais c'est agréable à lire, et j'arrive assez bien à ne pas prendre trop au sérieux la vision de Despentes. C'est une galerie de portraits, plus ou moins réussis, qui aurait pu fonctionner comme un recueil de nouvelles... Encore une fois c'est pas de la grande littérature, ça manque de finesse pour ça, mais c'est très agréable, sans que je puisse vraiment mettre les mots pour expliquer pourquoi ça fonctionne. Peut-être parce que ça a un côté un peu post-punk concon mais efficace ?

Re: Litres et ratures

MessagePublié: 11 Oct 2016, 08:09
par Thufir
copié collé de mon profil facebook

"Ai lu "Sociologie du numérique" de Dominique Boullier et tout le monde devrait en faire autant. De toute ma vie, je n'ai pas le souvenir d'un livre qui m'a parlé aussi bien de l'époque dans laquelle je vis. Il faut dire que ce bouquin a la courtoisie d'avoir été écrit en 2016 : donc courrez l'acheter, même s'il est restera très bon pendant des années, c'est maintenant qu'il faut se le taper.

Six chapitres tous aussi passionnants les uns que les autres : Histoire du numérique (mon préféré, j'avoue, j'en ai tiré in extenso un cours de 25 slides), sociologie des usages, le numérique technologie cognitive, sociologie économique du numérique, sociologie politique et humanités numériques. En conclusion, un peu frustrante, l'auteur aborde les représentations culturelles du numériques, notamment l'apport de la SF.

Quand il ne vous apprend pas des choses sidérantes, ce livre a le mérite de remettre en ordre des idées disparates, ce qui est déjà énorme. Entre anecdotes un peu fun et analyse de fond, l'équilbre est bien trouvé. C'est une lecture structurante, sur laquelle je m'appuierai longtemps. Je regrette amèrement de ne pas l'avoir lu plus tôt, genre il y a 17 ans quand j'ai réorienté ma carrière professionnelle vers le web mais bon... il n'a été publié qu'en avril dernier ..."

Re: Litres et ratures

MessagePublié: 13 Oct 2016, 21:26
par Shane_Fenton
Bob Dylan prix Nobel de littérature, ça fait un peu gueuler : http://www.lepoint.fr/culture/dylan-nob ... 5782_3.php