Litres et ratures

Et sa fameuse odeur de poisson pourri et de discussions avariées.

Re: Litres et ratures

Messagepar Le Yéti » 04 Sep 2010, 11:53

C'est trèèèèèèèèèèès religieux/mystique comme tous les Tarkovsky. J'en ai un souvenir très gêné, le même que j'ai eu devant 2001 quand je l'ai vu à 8 ans — merci papa — et que j'osais pas dire que c'était chiant à mourir.
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Re: Litres et ratures

Messagepar Martin » 04 Sep 2010, 11:55

Des fois j'aime les films lents. Et j'ai beaucoup aimé les plans sur le périph'.

Par contre j'ai détesté Le Sacrifice.
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Re: Litres et ratures

Messagepar K2R2 » 11 Sep 2010, 14:49

Je lis Kitano par Kitano publié chez Grasset.

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Ce sont des entretiens accordés à un journaliste français installé à Tokyo. Ce livre est plutôt intéressant pour les fans du bonhomme car truffé d'anecdotes sympas. En plus c'est fastoche à lire. En revanche, c'est parfois un peu foutraque, mais c'est l'exercice de la compilation qui veut ça, même si l'auteur a voulu donner un semblant de plan à son bouquin. Personnellement ça ne me dérange aucunement car je le lis en dilettante. Ceux qui ne connaissent que le cinéaste apprécié des milieux intellos, découvriront en outre l'autre aspect du personnage, celui de Beat Kitano, l'amuseur public irrévérencieux et potache, qui fait rire (et grincer des dents) le Japon depuis plus de trente ans. Kitano se livre pas mal dans ce bouquin, ses propos sont souvent rafraichissants et rarement consensuels. Le plus étonnant c'est que ce gars assume sa schizophrénie artistique avec une simplicité assez désarmante.
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Re: Litres et ratures

Messagepar Shane_Fenton » 13 Oct 2010, 15:08

Je viens de tomber par hasard sur le romancier fétiche de Glenn Beck et d'autres néoconservateurs. Il s'appelle Vince Flynn, et avec son héros récurrent Mitch Rapp, il enfonce largement Tom Clancy. Rien que le titre de ses bouquins vaut le détour, mais attendez de lire le quatrième de couverture de son nouveau roman, qui vient de sortir ce mois-ci, et vous m'en direz des nouvelles :

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Before he was considered a CIA superagent, before he was thought of as a terrorist’s worst nightmare, and before he was both loathed and admired by the politicians on Capitol Hill, Mitch Rapp was a gifted college athlete without a care in the world . . . and then tragedy struck.

Two decades of cutthroat, partisan politics has left the CIA and the country in an increasingly vulnerable position. Cold War veteran and CIA Operations Director Thomas Stansfield knows he must prepare his people for the next war. The rise of Islamic terrorism is coming, and it needs to be met abroad before it reaches America’s shores. Stansfield directs his protÉgÉe, Irene Kennedy, and his old Cold War colleague, Stan Hurley, to form a new group of clandestine operatives who will work outside the normal chain of command—men who do not exist.

What type of man is willing to kill for his country without putting on a uniform? Kennedy finds him in the wake of the Pan Am Lockerbie terrorist attack. Two-hundred and seventy souls perished that cold December night, and thousands of family and friends were left searching for comfort. Mitch Rapp was one of them, but he was not interested in comfort. He wanted retribution.

Six months of intense training has prepared him to bring the war to the enemy’s doorstep, and he does so with brutal efficiency. Rapp starts in Istanbul, where he assassinates the Turkish arms dealer who sold the explosives used in the Pan Am attack. Rapp then moves onto Hamburg with his team and across Europe, leaving a trail of bodies. All roads lead to Beirut, though, and what Rapp doesn’t know is that the enemy is aware of his existence and has prepared a trap. The hunter is about to become the hunted, and Rapp will need every ounce of skill and cunning if he is to survive the war-ravaged city and its various terrorist factions.

As action-packed, fast-paced, and brutally realistic as it gets, Flynn’s latest page-turner shows readers how it all began. Behind the steely gaze of the nation’s ultimate hero is a young man primed to become an American Assassin.


Vivement qu'on l'adapte en jeu vidéo. Cette tarlouze de Sam Fischer peut aller se rhabiller.
Gaming Since 198X : http://gamingsince198x.fr/
Par des vieux cons, pour des vieux cons...
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Re: Litres et ratures

Messagepar Martin » 13 Oct 2010, 18:26

J'ai lu quoi de bon moi ces derniers temps ?

Pas grand chose... Limite ce que j'ai préféré c'est l'Adversaire de Carrère, lu pour le boulot... J'avais pas trop aimé sa bio de Dick, Je suis vivant et vous êtes morts, et je le trouve toujours un peu coinços limite catho sans l'être, mais l'histoire de JC Romand est tout de même assez fascinante, et il la traite avec la bonne distance selon moi.

Lu Le Désert des Tartares de Buzzati, que j'aurais dû lire y'a quinze ans parce qu'aujourd'hui je peux plus. C'est pas mauvais-mauvais, mais c'est vraiment le roman de l'absurde en toute petite forme.

Lu L'Equipée Malaise d'Echenoz, que je ne connaissais que de nom... j'avais besoin d'acheter un roman dans une gare. Ben c'est du roman de gare pour khâgneux, pas absolument nul mais totalement neutre, une sorte de non entité littéraire d'une platitude qui n'a d'égal que la précision de la langue. Il paraît que c'est supposé être drôle et décalé, je trouve ça juste fade avec de beaux asjectifs.

Laissé tomber Dans la Foule de Mauvignier, trop gémissant. Pourtant le pitch sur les prolos qui vont au Heysel, pourquoi pas, mais je peux juste pas son écriture, on dirait du mauvais Zola qui publierait aux éditions de Minuit (et en fait c'est un peu ça...).

Je viens juste de commencer Burmese Days, le premier roman d'Orwell, sur le colonialisme... Orwell a lui-même été flic colonial en Birmanie, et le portrait des colons est à la fois sévère et subtil, plein de compréhension. Ca va le faire.

Sinon je suis sur Kim de Kipling, qui est très bien mais un peu lourd à lire en anglais à cause du vocabulaire anglo-indien. Kipling c'est tout de même un auteur qui mérite d'être réhabilité, parce qu'il vaut mieux que

Dommage que j'aie un peu la flemme de lire.
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Re: Litres et ratures

Messagepar Thufir » 13 Oct 2010, 19:25

Il a besoin d'être réhabilité Kipling ? J'ai toujours trouvé ça très bien dans la catégorie très anglo saxonne du colonialisme épique. Kim, bon je l'ai lu en français, faut dire, mais j'avais adoré pour son espèce d'humour british décalé et pince sans rire et sa galerie de persos hallucinants (mention spéciale pour le bourrin afghan marchand de chevaux dont j'ai zappé le nom).

"Désert des tartares" j'en garde un bon souvenir. Bon ben je vais éviter de le relire, tiens.

Dernièrement, j'ai lu "Nus, féroces et anthropophages" d'Hans Staden, un allemand qui, au seizième siècle s'est retrouvé prisonnier d'une tribu amazonienne qui voulait le transformer en casse croute et qui raconte cette expérience en remerciant moulte fois Dieu de sa miséricorde pour ne pas avoir terminé en barbecue. C'est très très très rigolo au delà de l'aspect anthropologique et du délire "bon sauvage" païen. Le mec est pas un grand écrivain, loin s'en faut, mais y'a toute l'émotion du vécu qui transparaît au moment où il raconte qu'il voit un de ses potes se faire boulotter et que les indiens lui expliquent que demain, ben c'est lui qu'on grignotera.
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Re: Litres et ratures

Messagepar Martin » 13 Oct 2010, 19:45

Thufir a écrit:Il a besoin d'être réhabilité Kipling ? J'ai toujours trouvé ça très bien dans la catégorie très anglo saxonne du colonialisme épique. Kim, bon je l'ai lu en français, faut dire, mais j'avais adoré pour son espèce d'humour british décalé et pince sans rire et sa galerie de persos hallucinants (mention spéciale pour le bourrin afghan marchand de chevaux dont j'ai zappé le nom)..


Ouais, j'ai pas fini mon post je crois... En fait Kipling il a pas mal pris avec la décolonisation, il représentait un peu l'écrivain colonial par excellence... Ce qui n'est pas tout à fait faux, note, mais ses qualités dépassent ce cliché. Et je trouve que dans Kim il donne de l'Inde sous domination anglaise une vision assez multiculturelle.

Dernièrement, j'ai lu "Nus, féroces et anthropophages" d'Hans Staden, un allemand qui, au seizième siècle s'est retrouvé prisonnier d'une tribu amazonienne qui voulait le transformer en casse croute et qui raconte cette expérience en remerciant moulte fois Dieu de sa miséricorde pour ne pas avoir terminé en barbecue. C'est très très très rigolo au delà de l'aspect anthropologique et du délire "bon sauvage" païen. Le mec est pas un grand écrivain, loin s'en faut, mais y'a toute l'émotion du vécu qui transparaît au moment où il raconte qu'il voit un de ses potes se faire boulotter et que les indiens lui expliquent que demain, ben c'est lui qu'on grignotera.


Oui c'est excellent ça, et dans mon édition accompagnée de gravures bien trashs. Je m'en servais quand je faisais la vision des indiens au 16 ème en seconde.

Dans le même genre en français il y a le bouquin de Jean de Léry qui a vécu un an avec les Indiens suite à une dissension religieuse... J'l'avais à l'agreg la première année, c'était rude mais vraiment passionnant à étudier.
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Re: Litres et ratures

Messagepar Le Yéti » 14 Oct 2010, 00:28

Martin a écrit:Lu L'Equipée Malaise d'Echenoz, que je ne connaissais que de nom... j'avais besoin d'acheter un roman dans une gare. Ben c'est du roman de gare pour khâgneux, pas absolument nul mais totalement neutre, une sorte de non entité littéraire d'une platitude qui n'a d'égal que la précision de la langue. Il paraît que c'est supposé être drôle et décalé, je trouve ça juste fade avec de beaux asjectifs.

J'ai pris son dernier roman, par pur hasard. Des Éclairs que ça s'appelle. J'aime beaucoup le style de ce roman là mais c'est si bien écrit, avec un tel rythme que le livre n'a l'air de ne jamais décoller et de ne rien raconter d'extraordinaire. C'est quand même dommage quand on réalise que c'est la vie de Tesla...
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Re: Litres et ratures

Messagepar Thufir » 14 Oct 2010, 07:31

Ouais, j'ai pas fini mon post je crois... En fait Kipling il a pas mal pris avec la décolonisation, il représentait un peu l'écrivain colonial par excellence... Ce qui n'est pas tout à fait faux, note, mais ses qualités dépassent ce cliché. Et je trouve que dans Kim il donne de l'Inde sous domination anglaise une vision assez multiculturelle.


Ben c'est pas incompatible. Les colonialismes anglais et français (pas les autres à ma connaissance) s'accompagnaient sur la marge d'un vrai travail pour comprendre les pays qu'on mettait en coupe réglée. D'où l'essor de l'archéologie, etc.
Oui c'est excellent ça, et dans mon édition accompagnée de gravures bien trashs. Je m'en servais quand je faisais la vision des indiens au 16 ème en seconde.


oué, j'ai le même
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Re: Litres et ratures

Messagepar Martin » 25 Oct 2010, 10:33

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Lu ça.

Ca fait froid dans le dos. J'ai pas appris grand chose sur l'oligarchie derrière Sarkozy, et en un sens le bouquin est presque une compilation des affaires publiées par le Canard plutôt qu'un travail de sociologue (faudra que je lise leur bouquin sur le Ghetto des riches je pense), mais l'accumulation en deux cent pages dresse un acte d'accusation sans appel. L'EPAD, la villa du Cap Nègre, la publicité sur le service public, Bettencourt, le Fouquet's et le yatch de Bolloré, la gestion de Neuilly, les réseaux... Ca fait lourd...

Limite on regretterait les quelques accents marxistes (pour ma part tout à fait justifiés) qui risquent de faire rejeter le travail de compilation par des "modérés", mais il ne faut pas s'y arrêter.

Si vous avez l'intention de voter Sarkozy en 2012, ou si vous pensez rester chez vous parce que "tous pourris" (et les Pinçon-Charlot ne nient pas ça vaut vraiment la peine de jeter un oeil sur ce que vous continuerez à cautionner.
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Re: Litres et ratures

Messagepar Thufir » 27 Oct 2010, 09:12

Bon ben je le lirai pas alors, j'appartiens pas au segment de marché que tu viens de définir :)
La lecture de Drieu La Rochelle cet été m'a suffisamment douché contre le réflexe confortable du "Tous pourris, pas un pour rattraper l'autre". C'est juste l'autoroute vers le tea party.

Sinon, moi, je viens de finir "Récifs" de Romesh Gunesekera. C'est Sri Lankais, ça cause de la difficulté à vivre entre ses rêves, ses ambitions et la nostalgie du passé et de l'amour alors que l'époque change très vite et que le temps passe inexorablement. Ca cause de bouffe, aussi. Et c'est très très très bien.
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Re: Litres et ratures

Messagepar Martin » 27 Oct 2010, 10:42

La lecture de Drieu La Rochelle cet été m'a suffisamment douché contre le réflexe confortable du "Tous pourris, pas un pour rattraper l'autre". C'est juste l'autoroute vers le tea party.


Ah c'est pas tout à fait ça... Le livre est pas du tout poujadiste, mais il ne cache pas non plus que si Sarkozy est clairement le candidat du Fouquet's, les socialistes ne sont pas non plus totalement en dehors... Strauss-Kahn a aussi ses réseaux bourrés de connards comme Minc, Royal est financée par Bergé, etc. C'est pas tous pourris, c'est savoir pour quoi on vote.
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Re: Litres et ratures

Messagepar Alexis » 27 Oct 2010, 11:30

Martin a écrit:
La lecture de Drieu La Rochelle cet été m'a suffisamment douché contre le réflexe confortable du "Tous pourris, pas un pour rattraper l'autre". C'est juste l'autoroute vers le tea party.


Ah c'est pas tout à fait ça... Le livre est pas du tout poujadiste, mais il ne cache pas non plus que si Sarkozy est clairement le candidat du Fouquet's, les socialistes ne sont pas non plus totalement en dehors... Strauss-Kahn a aussi ses réseaux bourrés de connards comme Minc, Royal est financée par Bergé, etc. C'est pas tous pourris, c'est savoir pour quoi on vote.


Tout à fait.
Il y a un Là bas si j'y suis consacré à cet ouvrage (forcément!). C'est intéressant d'entendre les deux auteurs là dessus, je pense. Allez écouter l'émission!
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Re: Litres et ratures

Messagepar Thufir » 27 Oct 2010, 19:49

Je suis en train d'écouter l'émission. C'est assez marrant et pertinent cette idée que les riches sont la seule classe sociale réellement solidaire et que pour avancer les autres classes doivent prendre exemple sur eux.

Pour le reste, mouarf... mais bon, je juge que l'émission, hein.
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Re: Litres et ratures

Messagepar Martin » 02 Nov 2010, 16:22

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Capitalisme, désir et servitude de Frédéric Lordon, une relecture de Marx à la sauce spinozienne. C'est un bouquin très intéressant, je pense que Lordon est un des intellos français les plus tranchants du moment. Ce coup-ci il a mis sa casquette de philosophe plutôt que celle d'économiste, heureusement que j'avais lu un bouquin sur Spinoza peu de temps avant. Bon à dire vrai, l'appareil conceptuel est un peu lourdingue, et Lordon a une franche tendance à jargonner pour faire université française... Ca reste plus lisible que du Bourdieu, mais le jargon est parfois parasitaire plus qu'efficace imho, et en gros sa pensée peut se résumer avec des mots plus simples et du coup plus élégants. Mais on pardonne l'affectation, qui lui donne un côté précieux pas antipathique au final. Et puis la référence à la philosophie de Spinoza est essentielle.

Pour résumer dans les grandes lignes, le bouquin pose la question du faire faire : comment le patron s'y prend-il pour faire agir le salarié, pour le mettre dans la ligne de l'entreprise ? Evidemment il y a la question de la subsistance, mais aussi de plus en plus une valorisation du travail lui-même comme objet de désir. Pour Lordon le spinoziste, nous sommes des conatus, des volontés désirantes, nécessairement enchaînées au désir. Mais le risque du capitalisme moderne c'est qu'il cherche à contraindre le désir pour le mettre en ligne.

Certaines de ses thèses sont facilement attaquables, on peut lui reprocher au fil de la lecture d'être un peu déconnecté de la réalité de l'entreprise et du travail salarié, mais au fur et à mesure il répond selon moi à la majorité des critiques qu'on pourrait lui formuler. Après tout c'est un modèle qui vise la généralité.

Bon mon résumé est très superficiel, et j'ai la flemme de faire mieux d'autant que vous pouvez le regarder expliquer son bouquin sur Arrêt sur Images.


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Sur les conseils de Pierre, j'ai lu le bouquin de Michéa : Orwell, anarchiste Tory. Ben j'ai pas trop aimé. Enfin j'ai appris des trucs sur la philosophie d'Orwell, qui semble correctement résumée, mais je sais pas, déjà la forme du bouquin est étrange, avec des notes qui partent dans tous les sens... Ca fait un peu prétentieux, et Michéa a un truc qui m'agace dans sa façon d'écrire... peut-être parce que c'est un bouquin de jeunesse, il a tendance à affirmer des trucs ("machin est criminellement sous-estimé"), sans forcément expliquer pourquoi...

Oui je sais, c'est un peu ironique que je critique son côté péremptoire, mais "it takes one..."

Puis je sais pas, le côté éloge du "conservatisme", même si je comprends où il le place, ça me semble un peu étrange, un peu posture, au pire dangereux...

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Plus intéressant, un bouquin d'Hans Magnus Enzensberger, Le Bref été de l'anarchie, consacré à l'anarchiste espagnol Durrutti que je connaissais pas du tout. C'est un peu une hagiographie, mais la forme est intéressante : il appelle ça roman mais c'est en fait un montage de témoignages, qui retrace la vie super romanesque de l'anarchiste, depuis ses années dans l'illégalité jusque sa mort au fait de la gloire durant la défense de Madrid.

Le bouquin date de genre 72, je me demande si depuis la chute du franquisme la recherche sur Durruti a pu progresser.
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Re: Litres et ratures

Messagepar Thufir » 02 Nov 2010, 17:11

Pour résumer dans les grandes lignes, le bouquin pose la question du faire faire : comment le patron s'y prend-il pour faire agir le salarié, pour le mettre dans la ligne de l'entreprise ? Evidemment il y a la question de la subsistance, mais aussi de plus en plus une valorisation du travail lui-même comme objet de désir. Pour Lordon le spinoziste, nous sommes des conatus, des volontés désirantes, nécessairement enchaînées au désir. Mais le risque du capitalisme moderne c'est qu'il cherche à contraindre le désir pour le mettre en ligne.


Je me souviens que j'avais vu des vidéos d'un mec qui se définissait comme Freudo-marxiste et qui défendait le même genre de théorie avec la libido comme moteur de la société de consommation.
Pour mémoire, la libido chez Freud, c'est pas la pulsion sexuelle. C'est l'ensemble des frustrations sexuelles qui forme la construction mentale et ... les désirs chez chacun de nous.

Je me souviens plus du nom du mec et je connais pas Spinoza mais ce que tu racontes sur Lordon semble être un peu dans cet esprit là, non ? Maintenant, sur les mérites comparatifs de Freud et de Spinoza pour compléter la pensée de l'ami Karl dans notre société de consommation, j'avoue que je suis obligé de passer mon tour. Mais, humblement, je pense qu'il est plutôt très pertinent de réintroduire l'irrationnel dans le - un peu trop - déterministe système marxiste.
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Re: Litres et ratures

Messagepar Martin » 02 Nov 2010, 17:24

Spinoza ce serait plus un hyper rationaliste qui mathématise ses intutions qu'un irrationnaliste. Enfin à la rigueur t'as le concept de la joie et la salvation par le savoir qui se posent comme des credo.

En fait Spinoza permet à Lordon de critiquer la notion de volonté libre et utilitariste qu'utilisent les libéraux, mais aussi certains marxistes qui croient qu'il suffit de vouloir le grand soir pour qu'il arrive...

Va mater l'émission d'Asi Thufir, Judith Bernard est un peu gonflante mais elle résume pas mal le bouquin et Lordon est vraiment très bon à l'oral (plus qu'à l'écrit ?), très agréable à entendre.
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Re: Litres et ratures

Messagepar K2R2 » 03 Nov 2010, 14:07

Martin a écrit:Sur les conseils de Pierre, j'ai lu le bouquin de Michéa : Orwell, anarchiste Tory. Ben j'ai pas trop aimé. Enfin j'ai appris des trucs sur la philosophie d'Orwell, qui semble correctement résumée, mais je sais pas, déjà la forme du bouquin est étrange, avec des notes qui partent dans tous les sens... Ca fait un peu prétentieux, et Michéa a un truc qui m'agace dans sa façon d'écrire... peut-être parce que c'est un bouquin de jeunesse, il a tendance à affirmer des trucs ("machin est criminellement sous-estimé"), sans forcément expliquer pourquoi...


Bof bof, grande déception pour ma part, la thèse initiale paraissait intéressante, mais qu'est ce que c'est lourdingue à lire, et puis d'un pédantisme....


Sinon, j'ai enquillé les deux premiers volumes des Gonzo Papers de Hunter S. Thompson (au total, cinq tomes sont prévus chez Tristram) et bien le moins qu'on puisse dire c'est que cela n'a pas pris une ride. Une plongée au cœur de la contre-culture américaine des années 60-70, qui démontre que finalement les choses ont peu évolué pour le citoyen lambda. Pire, les dérives sociétales que Thompson annonçait ou dénonçait n'ont fait qu'empirer (mercantilisme poussé dans ses derniers retranchements, sport business, politique politicienne, conservatisme des "élites"....). En ce jour où les néo-conservateurs sont en passe de reconquérir le pouvoir aux USA, ça laisse dubitatif et il en reste comme une amertume prononcée au fond de la bouche.

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Re: Litres et ratures

Messagepar Martin » 11 Nov 2010, 01:46

Lu Après la démocratie, d'Emmanuel Todd, mieux que ce que j'attendais même si j'ai du mal à situer l'auteur... Au début il m'a fait très peur en chargeant Sarko à la JFK, maisd sa pensée vaut mieux que celle d'un éditorialiste de Marianne. En gros Todd parle des problèmes de la démocratie en France (mais aussi dans le monde) à l'aune de sa spécialité, la démographie. On apprend pas mal de choses intéressantes, et certaines théories sont plutôt convaincantes, comme le rapport entre l'héritage traditionnel d'une société et la forme politique qu'elle prend, ou comme le lien alphabétisation-démocratie... Après,

Il a l'air d'avoir causé avec Villepin pour faire plaisir à Will, et il en parle à un moment mais je sais pas ce que ça a donné... Euh parce qu'en fait j'ai déchiré la page en l'aspirant (si, si) tel un vieux Pierre Richard...

Protip camarades intellos : lire pendant qu'on passe l'aspirateur ce n'est pas toujours une bonne idée.

Je vais enchaîner sur quelque chose de totalement différent avec L'Usage du Monde de Bouvier, que j'avais dans le collimateur depuis longtemps mais qu'un papier du Diplo sur la correspondance de l'auteur m'a donné vraiment envie de lire.
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Re: Litres et ratures

Messagepar Aldo » 11 Nov 2010, 12:37

Avec un titre de topic comme ça , faut au moins mentionner le vieux Hank :

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J'aime beaucoup ses nouvelles, les romans aussi et je conseille Pulp, son dernier roman, très différent des autres en fait, plus fiction, ressemblant moins à de l'autobiographie. Si je me souviens bien le perso principal y est détective, chargé par la mort de retrouver Céline qui serait toujours vivant.
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