J'ai passé une journée de merde

Et sa fameuse odeur de poisson pourri et de discussions avariées.

Re: J'ai passé une journée de merde

Messagepar MrDekoninck » 15 Juil 2019, 17:21

J'ai un projet de film que je porte depuis un an. Un projet de court-métrage qui a de la gueule, passé par une résidence d'écriture assez prestigieuse, avec une productrice qui aime le projet et qui le défend. On a eu une belle aide de la région Nouvelle Aquitaine en novembre dernier pour le tourner, qui couvre la moitié du budget, bref c'était bien parti. Et depuis novembre on enchaine déconvenues sur déconvenues, toutes les portes se ferment devant nous. CNC, chaîne de TV, autres régions, rien à faire. Ça fait longtemps que je me demande si on allait pouvoir le tourner à la rentrée comme prévu. Ce qui est rageant, c'est que vu que tout se passe sur un lac, il faut tourner en été. Donc si on rate le créneau septembre 2019, on doit attendre l'été 2020

Aujourd'hui j'ai eu ma productrice au téléphone, qui m'a annoncé qu'on allait devoir décaler. faudrait un miracle pour qu'on puisse tourner en septembre. On a juste pas la thune pour. J'ai donc bien les boules aujourd'hui. C'est pas si dramatique on me dira, on fait que décaler de 10 mois, c'est pas annulé. Mais à deux mois du tournage, y'avait toute une dynamique mise en route : j'ai trouvé une partie du casting, rassemblé l'équipe technique, passé des heures et des heures à le préparer. Et il faut tout mettre en pause. J'en ai franchement un peu marre de ce film : j'ai envie qu'il se fasse, et que je puisse passer à autre chose. Là c'est épuisant.
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Re: J'ai passé une journée de merde

Messagepar Shane_Fenton » 16 Juil 2019, 11:20

Et meeeerde...

Bon, heureusement que le projet n'est pas complètement annulé, mais je comprends tellement le seum. Tant d'énergie dépensée, tant de stress, tant d'épreuves surmontées, tout ça pour qu'on te dise qu'il faut attendre encore... Courage et force à vous tous !
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Re: J'ai passé une journée de merde

Messagepar JiPé » 16 Juil 2019, 18:57

J'ai connu ça aussi... et j'ai arrêté de faire des dossiers de demande de sub'.
J'ai trouvé le moyen de vivre d'ateliers avec des gamins et je m'amuse bien (le plus souvent).

Mon amie continue le combat mais ne parvient pas à trouver tous les financements nécessaires, du coup je l'aide gracieusement pour la partie animation (elle réserve le peu de budg' pour le son). Les délais de réponses pour les sub' sont abusés et attendre plusieurs mois pour se manger un "niet !" ça fout un coup au moral. Le pire c'est quand il est spécifié dans les conditions d'obtention, de ne pas avancer le projet tant que la réponse n'a pas été donnée... au bout de six mois :shock:
('sais plus si c'était pour une aide régionale/départementale ou une fondation à la con).

Du coup maintenant, elle fait ces dossiers et y va direct en faisant elle-même le maximum, sans attendre la tune... Elle s'est lancé le défi de faire trois courts d'anim' cette année. Un de fait (j'ai aidé), two to go !

En tout cas, courage ! Serre les doigts et croise les fesses :)
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Re: J'ai passé une journée de merde

Messagepar Shane_Fenton » 28 Déc 2019, 12:43

Cela fait un peu plus de 10 ans (septembre 2009) que je suis prof dans la même école d'ingénieurs. Depuis que je suis là, j'ai toujours connu l'école en équilibre précaire. Elle l'a en fait toujours été, vu qu'elle est privée, mais indépendante (dans le sens où elle n'appartient à aucun groupe). Et son directeur général et cofondateur a tout fait, tout essayé, pour que l'école lui survive après son inévitable départ à la retraite. Son objectif était en fait que l'école devienne publique, ce qui était le meilleur moyen d'assurer sa pérénnité sans qu'il y ait les inconvénients d'un rachat par un grand groupe (du genre, une vague de licenciements économiques). Pour cela, il a multiplié les tentatives de rapprochement avec les écoles voisines (électronique, mécanique, commerce...), qui se sont plus ou moins dérobées parce qu'il n'y avait qu'à nous que ce rapprochement allait vraiment bénéficier.

Finalement, c'est l'Université locale qui a accepté de fusionner avec nous. Mais ça n'a pas été gratuit. Tout d'abord, ils ont imposé le nouveau directeur général, un universitaire qui ne connaissait rien ni à l'école ni à son histoire, et qui était juste là pour que la fusion ait lieu en quarantième vitesse. De ce côté-là, mission accomplie : depuis moins d'un an qu'il est arrivé, le décret a été acté, l'école cesse d'exister à la fin de l'année pour être remplacée par le nouveau "grand établissement" public, et nos contrats de droit privé prendront très bientôt. On nous proposera en janvier-février nos nouveaux contrats de droit public qui seront effectifs à la rentrée prochaine, du moins si on les accepte. C'est le noeud du problème.

En effet, je l'ai dit, l'école a toujours été en équilibre précaire, et pour cette raison, nous, professeurs, avons accepté ou toléré de travailler dans certaines conditions dans l'espoir que ce serait une situation temporaire. Pour commencer, l'école s'est toujours concentrée sur l'enseignement au détriment de la recherche. Pour information, dans le public, un maître de conférences fait 192 heures d'enseignement dans l'année, le reste étant consacré à la recherche. Tandis qu'un professeur agrégé, qui ne fait que de l'enseignement, est à 384 heures d'enseignement à l'année. Or, depuis que j'ai été recruté, la plupart des contrats stipulaient une charge d'enseignement tournant autour de 450 ou 500 heures dans l'année, avec une potentielle décharge de 100 heures pour une activité de recherche. Autant dire que la recherche a été pendant des années au point mort, et que beaucoup d'entre nous ont fait une croix dessus, ou alors ont réussi à effectuer une activité de recherche amoindrie. Nous nous sommes donc concentrés sur l'enseignement, dans des classes toujours plus surchargées (parce que l'afflux d'élèves ne s'accompagnait pas forcément d'une augmentation du nombre de classes... eh oui, ça coûte cher d'ouvrir une classe supplémentaire, du coup, on passait de 25 élèves à 35, 40, parfois 45), sans qu'on soit augmentés pour autant.

Chacun tirait son épingle du jeu comme il pouvait. En ce qui me concerne, j'ai accepté un maximum d'heures sup pour avoir une prime (entre 650 et 700 heures par an). Alors, je ne dis pas ça pour qu'on nous plaigne, et j'ai bien conscience que même si, du point de vue d'un universitaire, on travaille comme des mulets, ce sont toujours des conditions de travail plus enviables que ma belle-soeur qui est hôtesse d'accueil pour un agent immobilier, payée au smic sans aucune possibilité d'augmentation ni d'évolution de carrière (on l'a prévenue dès le départ). C'est juste pour resituer le contexte, suffisamment difficile pour que certains d'entre nous craquent : depuis quelques années on ne compte plus les cas de burn-out ou d'arrêts maladie qui se prolongent ad vitam aeternam. La faute, parfois, à la gestion paternaliste et ultra-centralisée de l'ancien directeur, que j'aime beaucoup, mais qui a parfois fermé les yeux sur certains dysfonctionnements : népotisme, bakchich, manque de communication, énormes disparités de salaire entre plusieurs employés de statut équivalent...

En tout cas, on espérait, une fois arrivés dans le public, que nos conditions s'améliorerait et que les efforts qu'on a acceptés temporairement seraient récompensés... par une fin de cette situation temporaire et par un retour à la "normale" : une charge d'enseignement raisonnable qui nous permettrait de faire de la recherche, des classes moins surchargées, et plus d'obligation de poser de congés ou de télétravail. Exactement comme nos collègues du public, puisqu'on va avoir leur statut de "contractuel non titulaire". Des CDI publics, quoi.

Or il n'en a rien été. La nouvelle direction nous a annoncé qu'on garderait nos conditions actuelles : le même nombre d'heures d'enseignement, une obligation de poser nos congés comme avant, et aucune garantie que les congés payés qu'on a accumulés jusque-là nous seraient restitués (en fait, ils ne savent pas quoi en faire, parce que dans la précipitation, ils n'ont pas anticipé que les règles dans le public ne seraient pas les mêmes). Les seules concessions étant une possible décharge plus importante (moyennant un certain nombre d'étapes avant que ce soit validé) ainsi qu'une légère augmentation de salaire... rendue possible par la disparition de notre mutuelle. Et tout ça annoncé avec un langage managérial infantilisant et... quelque peu bizarre ("il y a l'amour, et il y a des preuves d'amour, et on va vous en fournir", "ce n'est pas une fusion, c'est un mariage", "attention, c'est un mariage, pas un viol"...).

Devant l'attitude pour le moins décevante de la direction, qui donne l'impression de nous traiter comme des sous-profs, voire comme des larbins, nous avons décidé de nous mettre en grève peu avat les vacances. Pour la première fois de l'histoire de l'école, et pour la première fois dans notre vie pour la grande majorité d'entre nous. Réaction de la direction : "mais c'est formidable !". J'imagine, en étant un peu indulgent, que notre directeur général actuel se félicitait que les profs soient d'accord sur quelque chose et fassent entendre leur voix. Mais c'est quand même... étrange qu'un directeur ou manager trouve formidable le fait que la quasi-totalité de son personnel se mette en grève par mécontentement contre sa gestion. Et ça a été pris comme une marque de mépris total. Du coup, on a décidé de poursuivre la grève à la rentrée, de ne pas envoyer nos notes à la scolarité pour bloquer les conseils de classe, et de refuser les contrats qui nous seraient proposés tant que la direction ne ferait pas de concessions.

Problème : de mon côté, je n'ai absolument plus les moyens financiers de suivre cette grève, ne serait-ce qu'une demi-heure. Et je n'ai pas non plus les moyens de refuser le CDI qu'ils vont me proposer (j'explore les possibles portes de sortie, mais pour l'instant elles sont rares). Bref, c'est un peu la merde. Je n'ai pas envie d'être un jaune, je n'ai pas envie de trahir des camarades qui m'ont accueilli si gentiment il y a une dizaine d'années. Mais je ne peux plus tenir. Et la situation actuelle me rend triste. Cette école a été pendant longtemps mon second chez-moi, surtout tant que je n'étais pas en couple et que je vivais seul. J'y ai trouvé mon équilibre, bien plus que nombre de mes collègues, d'ailleurs (et au prix d'un renoncement à certaines ambitions, également). Bref, je suis triste, et même si j'essaie de garder mon optimisme, il y a des moments où je me mets à douter de l'avenir.
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Re: J'ai passé une journée de merde

Messagepar laurentb » 28 Déc 2019, 13:31

Hum, c'est vache. Déjà le statut de PRAG n'est pas une sinécure, ce sont souvent les larbins de l'université, et la direction publique le sait bien. Alors évidemment ils ne pouvaient pas vous changer en PRAG en claquant des doigts, ça se comprend, mais ils auraient pu -- dû -- créer un statut équivalent. Ne pas le faire, dit comme ça, ça ressemble à du mépris. Comme si la stratégie était de vous éjecter, soit pour vous remplacer, soit simplement pour réduire les effectifs ...

Tu n'as pas l'agreg par hasard ?
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Re: J'ai passé une journée de merde

Messagepar Shane_Fenton » 28 Déc 2019, 16:22

Non, je ne l'ai pas passée. En fait, au départ, comme j'avais un doctorat, j'ai passé le concours pour être maître de conférences. Et personne ne m'a pris, sauf cette école, exclusivement pour faire de l'enseignement. Par la suite, vu que j'étais toujours en surcharge, je n'avais pas de temps à consacrer hors de mes cours et de mes vacations.
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Re: J'ai passé une journée de merde

Messagepar MrDekoninck » 28 Déc 2019, 17:24

Je suis de tout cœur avec toi.

Shane_Fenton a écrit:Problème : de mon côté, je n'ai absolument plus les moyens financiers de suivre cette grève, ne serait-ce qu'une demi-heure. Et je n'ai pas non plus les moyens de refuser le CDI qu'ils vont me proposer (j'explore les possibles portes de sortie, mais pour l'instant elles sont rares). Bref, c'est un peu la merde. Je n'ai pas envie d'être un jaune, je n'ai pas envie de trahir des camarades qui m'ont accueilli si gentiment il y a une dizaine d'années. Mais je ne peux plus tenir.


Tu en as parlé avec tes collègues ? Tu sais s'ils sont dans la même situation ? Ca me semble le plus important : c'est pas leur planter un couteau dans le dos que trouver une solution ensemble à ce que vous devez tous traverser, ou du moins de les prévenir que tu ne peux pas tenir. Peut-être même que ça vous permettra de vous orienter vers d'autres manières de faire pression - bien vu pour les retenues de notes, c'est toujours efficace pour tout bloquer quand on est prof. En tout cas le plus important c'est que tu te retrouves pas seul.

Et comment s'est passée la grève jusque là : les étudiants n'ont pas eu cours du tout ? Vous avez un syndicat vers lequel vous tourner pour trouver un peu de solidarité financière (caisse de grève, ce genre de choses) ?

Réaction de la direction : "mais c'est formidable !". J'imagine, en étant un peu indulgent, que notre directeur général actuel se félicitait que les profs soient d'accord sur quelque chose et fassent entendre leur voix. Mais c'est quand même... étrange qu'un directeur ou manager trouve formidable le fait que la quasi-totalité de son personnel se mette en grève par mécontentement contre sa gestion.


Mais comment c'est possible, c'est tout bonnement incroyable cette réaction !
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Re: J'ai passé une journée de merde

Messagepar Shane_Fenton » 28 Déc 2019, 17:49

MrDekoninck a écrit:Je suis de tout cœur avec toi.


Merci ! Même si ça n'a l'air de rien, ça fait chaud au coeur.

MrDekoninck a écrit:Tu en as parlé avec tes collègues ? Tu sais s'ils sont dans la même situation ? Ca me semble le plus important : c'est pas leur planter un couteau dans le dos que trouver une solution ensemble à ce que vous devez tous traverser, ou du moins de les prévenir que tu ne peux pas tenir. Peut-être même que ça vous permettra de vous orienter vers d'autres manières de faire pression - bien vu pour les retenues de notes, c'est toujours efficace pour tout bloquer quand on est prof. En tout cas le plus important c'est que tu te retrouves pas seul.


Beaucoup de collègues sont dans mon cas, et une majorité de profs ne pourra pas tenir très longtemps. Notre seul levier de pression reste la retenue de notes : on l'envoie aux étudiants, mais pas à l'administration. Ce que j'espère, c'est qu'ils n'en profiteront pas pour geler nos salaires. La fiche de paie de décembre est partie et sera intacte. Mais celle de janvier va méchamment piquer.

MrDekoninck a écrit:Et comment s'est passée la grève jusque là : les étudiants n'ont pas eu cours du tout ? Vous avez un syndicat vers lequel vous tourner pour trouver un peu de solidarité financière (caisse de grève, ce genre de choses) ?


On n'a fait grève que 2 demi-journées. Certains cours ont été annulés, d'autres ont été assurés par un professeur avec un brassard "en grève". Et on a absolument zéro solidarité financière. Notre seul avantage a été de se passer de préavis (tant qu'on est dans le privé, on a juste à annoncer par mail qu'on se met en grève pendant un temps donné). Donc pour l'instant, peanuts.
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Re: J'ai passé une journée de merde

Messagepar MrDekoninck » 28 Déc 2019, 18:07

Pourquoi tu dis que la fiche de paye de janvier va piquer ? Techniquement, si vous avez fait grève deux demi-journées, la retenue sur salaire devrait pas être bien supérieure à 1/20 de votre salaire (8 heures d'interruption pour 154 heures mensuelles, soit 1/19, soit 80€ pour un salaire à 1500€, ce qui n'est certes pas rien...) Ah, attends, c'est parce que vous êtes profs, et que donc vous faites pas 35 heures par semaines ?

En tout cas, de ce que j'en sais, tant que vous êtes dans le privé, toute retenue sur votre salaire doit être strictement proportionnelle à votre durée d'interruption du travail. (https://www.cgt.fr/actualites/droit-mob ... s-de-greve).

Les profs qui font grève et assurent les cours en même temps ça m'a toujours crevé le cœur. Je sais que c'est pour pas pénaliser les étudiants, mais c'est vraiment se tirer une balle dans le pied. La grève c'est un rapport de force, l'idée c'est de bloquer l'institution pour la forcer à plier. Quand on fais grève mais qu'on donne cours, on bloque rien du tout, voire on travaille gratuitement en fait. Tu m'étonnes que la direction est contente après ça :)

Bon courage à vous en tout cas. Une solution peut être la mise en place d'une caisse de grève en ligne (type pot commun) pour faire jouer les solidarités familiales et amicales. Beaucoup d'organisations font ça, ça permet de palier à la perte de salaire. Mais c'est un peu complexe à mettre en place, surtout si vous avez pas une structure préexistante.
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