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Et sa fameuse odeur de poisson pourri et de discussions avariées.

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Messagepar Zure » 04 Déc 2018, 17:12

JiPé a écrit:Ah mais je ne prétends pas avoir bouder la mondialisation, on m'a bien éduqué pour avaler sans questions ses bienfaits.
Mais si je constate qu'un système est pourri, rien n'empêche d'essayer de changer... c'est pénible et chiant et en l'état des choses, c'est même pas dit que ça sauve grand monde.

Vois le pognon des riches comme un yacht de sauvetage attaché au paquebot Monde en train de couler. L'idée c'est de le démonter pour faire plein de petits canaux de sauvetages pour le maximum de passagers... on verra ceux qui flotteront le mieux mais avant ça, ça calmera les passagers de leur donner un moyen pour tenter de se sauver et ils ne chercheront pas quelqu'un à massacrer pour s'en sortir.
Y aura des abus ? whatever ! Si les moyens sont répartis à grande échelle sous le contrôle de ceux qui les emploient, ça limite les effets négatifs d'un groupe aux décisions débiles.

Concentrer le maximum de moyens dans un minimum de mains conduit inévitablement à un effondrement. Et si on n'envisage pas autre chose que des pouvoirs institutionnels pour conduire la masse des Hommes, il faut des contre-pouvoirs pour préserver des solutions alternatives.

Pour ce qui est de la révolution globale et de convaincre les masses, la base c'est de foutre la paix à des alternatives qui fonctionnent et les laisser se développer. La populace se tournera d'elle-même vers ces solutions, faute de mieux.
Parce que le jour où le sol va se dérober sous tes pieds, tu seras bien content d'atterrir sur autre chose que du béton froid :)
Le capitalisme ne peut plus garantir un confort équivalent pour tous et pérenne, les gens s'en rendent compte.

Et en ce qui me concerne, je ne flippe pas, je vivrai ma vie avec les moyens que je jugerai adéquats pour la garantir et peut-être conserver un minimum de confort.
Et comme tu le dis très bien, ce sera une occasion d'être "super créatif" ;)


Ouais, en fait, tu n'as pas tort.
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Messagepar MrDekoninck » 04 Déc 2018, 17:43

Zure a écrit:Ouais, en fait, tu n'as pas tort.


Incroyable, c'est bien la première fois que je vois Zure concéder un point à un adversaire sur ce forum. Qu'est-ce qu'il se passe ?

Poppy a écrit:On a vu beaucoup d'images sur les casses à Paris et je me demande bien quelle est la part de la colère sociale là dedans et la part de l'effet d'entrainement de jeunes mecs qui se retrouvent en groupe dans des situations excitantes voire dangereuses. Ce qui m'a mis la puce à l'oreille c'est qu'on ne voit que des jeunes hommes sur les images, on le devine à leur corpulence et à leur agilité. Il n'y a pas une nana, pas un vieux. Ce serait pas des fois avant tout la testostérone et cette forme de connerie toute masculine qui ont parlé (je parle de connerie mais des fois j'aime bien, et pour cause) ? Et puis pour certains l'envie de se servir au passage aussi. Ca me fait penser à mon fils de 18 ans qui cet été est parti pour la première fois en vacances avec ses potes et qui est revenu avec une grosse brulure au bras que lui a faite un de ses copains avec un accessoire de barbecue pour "rigoler" et avec une épaule démise après avoir sauté dans une piscine qui manquait d'eau (il devait être bien fait). Et il dit qu'il a passé les meilleures vacances de sa vie. Aller, Elincia et MrDekoninck, avouez le, vous vous êtes surtout bien marrés dans les manifs. :lol:
[/quote]

Franchement, je suis assez en accord avec ton analyse. Enfin pas trop avec le passage sur le barbecue, mais le reste oui. C'est bien connu : la violence est globalement plus le fait des hommes, et généralement c'est quand on est jeune qu'on pète des vitrines et vide des magasins. C'est un fait avéré que le black block n'est pas composé de grand-mères. Donc oui, il y a certainement une dose d'effet d'entrainement, d'adrénaline, de plaisir de se servir, de braver l'interdit, etc etc... Après, ça ne veut pas dire qu'il n'y a que ça, et que ça résume le mouvement. Dans le cortège, il y a avait plein de vieux de femmes, etc... Donc tout n'est pas colère sociale et action politique, mais ce n'est pas absent non plus de l'ensemble. C'est d'ailleurs le cas pour moi : oui, je me suis bien marré lors de ces manifs, c'était des moments d'euphorie. Ca ne change rien au fait que je ressens un besoin profond que les choses changent.

Moi, ce qui me fait le plus tripper dans ce mouvement, c'est que tout s'agrège en fait. Tous ceux qui ont avalé des couleuvres depuis la loi travail sortent dans la rue. Les comités de soutien à Adama (rien n'a été fait contre les violences policières), les cheminots, lycéens et étudiants (réformes du printemps), les motivés du cortège de tête et de l'interlutte (toutes les manifs depuis 2012), les fachos, les dégoutés par l'affaire Bennalla par la vaisselle à 500 plaques et la moquette à 300 de l'élysée. A Marseille c'est la guerre, mais à cause de la restructuration de la Plaine et de l'effondrement à Noailles. A la réunion, ça a pris comme un feu de brousse, et on comprend pourquoi.
Et va falloir vite calmer les choses, parce que vous savez ce qui entre en vigueur au 1er janvier 2019 ? Le prélèvement à la source. Vous imaginez la tronche des gens qui vont voir disparaître 10% de leur net sur leur fiche de paye ?
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Messagepar Zure » 04 Déc 2018, 19:05

bah, je veux dire qu'il n'a pas forcément tort sur toute la ligne, après je ne suis toujours pas certain que ça soit la faute du capitalisme et puis j'aime bien ma vie j'ai pas de problème avec le système tel qu'il est mais bon, à la base j'ai juste posté un truc sur les gilets jaunes comme ça parce que j'étais énervé du bordel, j'avais pas l'intention d'en parler pendant 3 jours. Je me lasse vite des conversations politiques, c'est comme ça que tu peux me faire concéder des trucs. :lol:
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Messagepar Poppy » 04 Déc 2018, 19:14

MrDekoninck a écrit:Et va falloir vite calmer les choses, parce que vous savez ce qui entre en vigueur au 1er janvier 2019 ? Le prélèvement à la source. Vous imaginez la tronche des gens qui vont voir disparaître 10% de leur net sur leur fiche de paye ?


Quelque part je plains les politiques parce qu'ils doivent se taper aussi l'irrationnel des gens et toutes leurs contradictions.

D'ailleurs à ceux qui ne voient les politiques que d'un mauvais oeil, je recommande de regarder de temps en temps la chaine parlementaire pour éventuellement adoucir leur opinion. On y voit des élus qui s'investissent et qui souvent connaissent bien leurs dossiers. J'avoue que j'ai un peu pitié quand je vois ces pauvres députés LREM qui pour beaucoup ont quitté le confort d'un poste mieux payé dans le privé et qui maintenant bossent comme des malades pour se faire traiter comme de la merde (j'imagine ce que doit se prendre dans la tronche le/la député(e) LREM qui se balade aujourd'hui sur une place de marché en province…), voire j'ai honte même. Les gens ont des problèmes mais il y a beaucoup de cons quand même qui se rendent pas bien compte de ce que la collectivité et des individus font pour eux.
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Messagepar Zure » 04 Déc 2018, 19:20

Poppy a écrit:
D'ailleurs à ceux qui ne voient les politiques que d'un mauvais oeil, je recommande de regarder de temps en temps la chaine parlementaire pour éventuellement adoucir leur opinion. On y voit des élus qui s'investissent et qui souvent connaissent bien leurs dossiers. J'avoue que j'ai un peu pitié quand je vois ces pauvres députés LREM qui pour beaucoup ont quitté le confort d'un poste mieux payé dans le privé et qui maintenant bossent comme des malades pour se faire traiter comme de la merde (j'imagine ce que doit se prendre dans la tronche le/la député(e) LREM qui se balade aujourd'hui sur une place de marché en province…), voire j'ai honte même. Les gens ont des problèmes mais il y a beaucoup de cons quand même qui se rendent pas bien compte de ce que la collectivité et des individus font pour eux.


Je suis d'accord avec ça aussi, tiens.
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Messagepar Poppy » 04 Déc 2018, 19:52

Toi t'essaies de te racheter. :lol:
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Messagepar JiPé » 04 Déc 2018, 20:51

Ah bah j'entends sur France info que les étudiants et les lycéens remuent aussi... C'cool.



...

J'ai vu au zapping les images de l'arc de triomphe et je repense à une anecdote de Monique Pinson-Charlot : lors des grèves de 1995 où les travailleurs voulaient juste conserver leurs acquis sociaux (sécu, retraite...), elle suivait une famille bourgeoise des Beaux Quartiers pour ses recherches. Elle rapporte que les valises étaient faites et posées dans l'entrée de l'appartement, la famille prête à fuir en Suisse... alors que des prolos manifestaient simplement pour conserver leurs droits :roll:

En ce moment, des jets doivent sûrement faire le plein :mrgreen:
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Messagepar Martin » 04 Déc 2018, 21:11

Ouais, c'est un peu bizarre, un peu flottant ce que font les lycéens pour le moment. Chez moi ils ont réussi à faire fermer le lycée hier, aujourd'hui blocus mais assez inefficace puisqu'en fin de matinée c'est reparti. J'ai pu causer à quelques élèves que j'ai eu à ce moment là. Certains de leurs camarades se sont pris lacrymo et flashball, pour pas grand-chose apparemment.

Entre collègues on a essayé une mini-AG improvisée, mais c'était d'une mollesse sans nom, je suis de plus en plus déçu par le milieu des profs... Avant on avait du mal à bouger, mais on le faisait. Là, alors que la réforme est d'une violence inouïe, qu'on nous concocte une usine à gaz que personne n'a demandée, on laisse les lycéens faire le sale boulot... Après peut-être qu'on mérite notre déclassement, je ne sais pas...
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Messagepar Zure » 04 Déc 2018, 22:18

@Jipé

C'est bizarre ton obsession avec les bourgeois. T'en connais au moins des bourgeois ?
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Messagepar JiPé » 04 Déc 2018, 22:32

Nope. Pour une raison très simple, je n'ai pas le patronyme/capital/patrimoine pour les fréquenter.
En revanche, il existe un couple de sociologues (les Pinson-Charlot) qui a passé de longues années à les étudier et leur constat est édifiant.
C'est une classe sociale hermétique qui lutte pour sa préservation et sa pureté. Même si tu gagnes au loto, tu n'en feras pas partie.
Je t'invite à écouter n'importe laquelle de leurs conférences/interview, ça pique le nez.

Maintenant je ne demande pas à leur couper la tête, juste qu'ils rendent la tune qu'ils privent à la société et qu'ils arrêtent leur mépris de classe. Comme ça moi, j'arrête le mien à leur égard :)
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Messagepar Zure » 05 Déc 2018, 02:02

Non mais je n'ai pas la même définition du terme, dans le Sud le bourgeois c'est des gens comme moi, issus de familles plutôt aisées qui travaillent dans la pub ou ce genre de boulots, les gens dont tu parles toi, on appelle ça les gens de la haute. Donc oui effectivement c'est un monde super hermétique que je ne fréquente pas non plus.

Mais après, contrairement à toi, je ne les méprise pas parce que je sais très bien qu'à leur place, je serais probablement comme eux. Le truc c'est que le milieu dans lequel tu vis te façonne. Ce n'est pas une question d'argent, ni de niveau social. Dans le Sud, t'as des gens aisés qui sont supra vulgaires, tu vas sur la Riviera t'as des gens pété de thunes qui sont mais absolument répugnants esthétiquement. Des mecs qui sont en blazer, chemise ouverte et chaîne en or et qui roulent en Porsche Cayenne (c'est vrai et je l'ai vu). Pour moi, c'est purement l'apparence qui détermine ma future relation qu'elle soit sociale, amicale ou amoureuse et qui détermine le quartier ou je vais vivre, les boutiques que je vais fréquenter, les endroits où je mange… Et ça c'est un truc qui m'a été absolument inculqué, j'ai jamais réfléchi à la question, c'est juste comme ça. J'ai été façonné par mon milieu et ça impacte très concrètement le genre de femmes que je fréquente, le genre d'amis que j'ai, mon niveau de politesse sociale avec autrui, façon dont je m'habille, les produits que j'achète. Et ça n'a jamais été le fruit d'une décision consciente.
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Messagepar Thufir » 05 Déc 2018, 08:22

Martin a écrit:Entre collègues on a essayé une mini-AG improvisée, mais c'était d'une mollesse sans nom, je suis de plus en plus déçu par le milieu des profs... Avant on avait du mal à bouger, mais on le faisait. Là, alors que la réforme est d'une violence inouïe, qu'on nous concocte une usine à gaz que personne n'a demandée, on laisse les lycéens faire le sale boulot... Après peut-être qu'on mérite notre déclassement, je ne sais pas...

Les syndicats se sont couchés sur la réforme du bac ?
Zure a écrit:Non mais je n'ai pas la même définition du terme, dans le Sud le bourgeois c'est des gens comme moi, issus de familles plutôt aisées qui travaillent dans la pub ou ce genre de boulots, les gens dont tu parles toi, on appelle ça les gens de la haute.

Suis un peu d'accord avec Zure sur les termes. Bourgeois, c'est en gros les 10 % de classes sups. Avec, comme corrélaire à la définition, d'être généralement issu soi même de la bourgeoisie. Mes parents en sont clairement. Moi je suis un bobo, qui est une sous classe hybridée du bourgeois mais bourgeois quand même.
Ce dont parle Jipé, c'est les 0;1%, l'oligarchie ou haute bourgeoisie. Qui effectivement sont quand même la source d'une grosse partie du problème et qu'on ne voit jamais dans la vraie vie. Ils vivent dans les citadelles des ghettos de riches et ne se fréquentent qu'entre eux (me souvient d'articles des deux sociologues que tu cites...)
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Messagepar MrDekoninck » 05 Déc 2018, 11:46

Zure a écrit:Mais après, contrairement à toi, je ne les méprise pas parce que je sais très bien qu'à leur place, je serais probablement comme eux. Le truc c'est que le milieu dans lequel tu vis te façonne. [...] J'ai été façonné par mon milieu et ça impacte très concrètement le genre de femmes que je fréquente, le genre d'amis que j'ai, mon niveau de politesse sociale avec autrui, façon dont je m'habille, les produits que j'achète. Et ça n'a jamais été le fruit d'une décision consciente.


Zure, deux questions cons :

1. Comment est-ce que tu concilies de tels propos avec ta logique libertarienne ? Là on est très proche de l'analyse bourdieusienne quand même...

2. Pourquoi cette détestation des communistes, sachant que si tu étais né en 1900 en Russie, tu aurais très certainement comme les communistes ? Voire pire, si t'avais été à la fac dans les années 70, t'aurais pu devenir maoiste ?
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Messagepar MrDekoninck » 05 Déc 2018, 12:31

Et pendant ce temps, une violence dont on a pas parlé encore ici : celle des forces de l'ordre :

Voir cet article (de publication gauchiste) qui recense les divers blessures et faits :
https://lundi.am/Violences-policieres

En dehors de la grand mère morte à Marseille dont on peut présumer qu'il s'agit d'un accident, ça parle de passages à tabac, mains arrachées, tirs de LBD au visage, etc, etc...
Voilà, il semblerait qu'on ait plus de chance de perdre un oeil en manif que de se faire agresser par une horde de gilet jaunes
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Messagepar Martin » 05 Déc 2018, 12:46

Thufir a écrit:Les syndicats se sont couchés sur la réforme du bac ?


Pas tout à fait mais entre ceux qui ont plus ou moins soutenu le principe et ceux qui proposent de lutter contre en faisant une grève purement symbolique, c'est pas la folie.
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Messagepar Poppy » 05 Déc 2018, 12:59

je suis convaincu qu'il est dans l'intérêt du pays d'œuvrer à sécuriser la vie des classes populaires mais en même temps j'ai un peu de mal à avoir de la considération pour les gilets jaunes quand je les entends parler. Ils demandent trop de conneries (à mes yeux) comme le retour de l'ISF, l'augmentation du SMIC au delà du coup de pouce ou que sais je encore qui finira à coup sur par les augmentations du chômage des peu qualifiés et de l'endettement du pays et une baisse de la compétitivité de l'économie française. Il n'y a qu'à voir comment ça se présente en Italie où les mecs sont en train de foutre l'économie par terre avec leur programme de relance (le pays fleurte maintenant avec la récession, bravo !).

Que faire alors ? Ca je ne sais pas trop…

Et puis vu la tournure des évènements je sens que je suis en train devenir macroniste. :lol:
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Messagepar JiPé » 05 Déc 2018, 16:07

Poppy a écrit:Ils demandent trop de conneries (à mes yeux) comme le retour de l'ISF


Je suis assez d'accord, cet impôt était purement symbolique et esquivable. Quand le Canard avait publié les familles milliardaires qui étaient exonérées, je m'étais amusé à estimer ce que cet impôt pèserait sur mon patrimoine si j'y étais soumis comme la famille Bétancourt (qui aurait dû payer 63 millions)... j'arrivais autour de 20 balles :lol:

A ce compte là, des ISF je peux en payer tous les mois de l'année :mrgreen:

Poppy a écrit:
l'augmentation du SMIC au delà du coup de pouce ou que sais je encore qui finira à coup sur par les augmentations du chômage des peu qualifiés et de l'endettement du pays et une baisse de la compétitivité de l'économie française. Il n'y a qu'à voir comment ça se présente en Italie où les mecs sont en train de foutre l'économie par terre avec leur programme de relance (le pays fleurte maintenant avec la récession, bravo !).

Que faire alors ? Ca je ne sais pas trop…


Dans le cadre économique actuel et selon cette longue explication, pas grand chose :
(bricoler des radeaux avec les morceaux du navire en train de couler :arrow: )

Paul Jorion a écrit:
extrait :

En 2009, j’ai dit : « Fin du capitalisme ». Vous pourrez retrouver facilement ce billet que j’ai consacré à ce sujet. Et puis, toutes mes réflexions de l’époque se sont matérialisées en un livre à la couverture verte publié chez Fayard, qui s’appelle Le capitalisme à l’agonie, publié en 2011, où je reprends tous les arguments qui justifient ma prophétie. Alors ce matin, bien entendu, je vais vous la rappeler.

Pourquoi en 2009 ? Parce que les États-Unis ont lancé [à ce moment-là] la grande politique du quantitative easing, encore appelé « planche à billets » : on allait – selon un principe qu’on appelle keynésien mais ça n’a bien entendu aucun rapport avec Keynes – on allait lancer dans l’économie des quantités considérables d’argent, en espérant que ça allait relancer l’économie, que ça allait, selon le principe du trickle down, du ruissellement, que ça allait aller au bon endroit. Malheureusement, nous vivons dans des sociétés où la concentration de la richesse est telle que de l’argent distribué d’en haut ne va se retrouver finalement, à l’arrivée, que dans la poche des gens très riches – qui l’ont déjà. Dans le meilleur des cas, ça va se retrouver dans des banques qui ne sauront pas trop quoi faire de cet argent parce que, comme il n’y a pas assez de demande dans l’économie (faute de pouvoir d’achat chez les salariés, parce qu’on n’augmente pas leur salaire), c’est de l’argent qui va servir à la spéculation, c’est à dire simplement à créer du risque systémique, c’est-à-dire simplement à fragiliser le système.

Alors qu’est-ce que je disais en 2009, au moment où on a lancé ça ? J’ai dit : « On ne va jamais pouvoir retirer tout cet argent-là de l’économie. Il n’aura servi à rien sauf à fragiliser le système, et quand on essaiera de le retirer, eh bien, on précipitera la catastrophe. » Pourquoi est-ce qu’on précipiterait la catastrophe en essayant de le retirer ? Pour la raison suivante : c’est que tout cet argent jeté dans l’économie et qui finalement ne sort pas de la finance d’une manière ou d’une autre, à part à se retrouver dans des comptes en banque de gens extrêmement riches, eh bien tout cet argent-là crée, bien entendu, une « bulle obligataire ». Avec cet argent-là, on va pouvoir financer les États, d’autant que, par ailleurs, l’idéologie dominante va dire que les états doivent se cantonner de plus en plus dans un rôle dit de « veilleur de nuit », c’est-à-dire de ne s’occuper que d’une seule chose : la protection de la propriété privée. Et par conséquent, les États vont se retirer petit à petit de ce qu’ils faisaient, et en particulier de soutenir ce qu’on appelle « l’État-providence » en français, formule insultante utilisée à l’époque (mais qu’on a retenue), « l’état de bien-être » [welfare state] comme disent plutôt les Anglo-saxons.

Alors, qu’est-ce qui va se passer ? On va avoir des obligations en quantité, ces obligations auront un prix, et ce prix baissera si les taux augmentent. Alors, en général, on vous dit, quand vous demandez une explication – « Pourquoi est-ce que, quand les taux augmentent, les prix des obligations baissent ? » – on dit : « Ben, c’est comme ça, voilà, et au contraire, si les prix des obligations augmentent, eh bien, les taux d’intérêt baissent. » On ne vous explique pas pourquoi. Alors moi, je vous ai expliqué ça un million de fois, mais bon, je le répète encore aujourd’hui parce qu’il y a des gens qui verront ça pour la première fois. Pourquoi est-ce que, quand les taux d’intérêt [augmentent], le prix des obligations baissent ? Eh bien, c’est très simple, c’est la chose suivante : c’est que des obligations circulent. Voilà : des obligations circulent, par exemple à du 2 %. Si, tout à coup, sur les marchés, vous pouvez obtenir du 3 %, eh bien, votre obligation, elle vaudra moins. Elle vaudra moins qu’une obligation qu’on émet aujourd’hui à du 3 %. Pourquoi ? Eh bien, c’est bien simple : parce que, dans les années qui restent, ça ne vous rapportera que du 2% au lieu de 3 %. Donc, son prix baisse. Son prix baisse parce qu’il se compare à celui d’obligations avec un meilleur rendement, un meilleur coupon avec un taux d’intérêt plus élevé. Voilà le mécanisme mystérieux qu’aucun livre d’économie ne vous explique et qui pourtant est très, très simple. C’est quand même assez simple à comprendre.

Par ailleurs, qu’est-ce qui fait qu’un taux augmente ? Il y a deux choses qui peuvent faire augmenter les taux de manière générale, les taux flottants, ceux qui ne sont pas déterminés par une banque centrale. Parce que les banques centrales peuvent déterminer – ça fait partie de la définition de leur rôle, de leur fonction – elles peuvent déterminer les taux à très court terme. Par exemple, [ce] qu’elle prête d’un jour sur l’autre, elle peut déterminer à quel taux ça se fait. Elle n’a pas d’influence, véritablement, sur les taux beaucoup plus longs, sauf à acheter en grande quantité des obligations et à les revendre, parce que, bien entendu, s’il y a beaucoup de demande pour les obligations [P.J. les emprunts d’État], les États peuvent les émettre à des taux moins élevés puisqu’il y aura, de toute façon, des gens pour les acheter[P.J. pour prêter à l’État qui cherche à emprunter]. Tous ces mécanismes sont en fait extrêmement simples. C’est un rapport de force entre le prêteur et l’emprunteur. Si on disait ça simplement aux enfants des écoles, ils comprendraient tout de suite comment se déterminent des prix, des taux, des choses de cet ordre-là, des choses qui varient.

Les taux peuvent augmenter pour deux raisons. Parce que l’économie va mieux : quand l’économie va bien, eh bien, les gens qui ont emprunté de l’argent pour faire des choses ont pu faire gonfler cet argent, faire un profit, et ils sont dans de bonnes dispositions pour partager d’une manière, je dirais, équitable entre eux et les gens qui leur ont prêté, le fruit, le bénéfice d’avoir pu emprunter de l’argent. C’est un vieux principe [P.J. celui du métayage] que j’ai expliqué aussi dans pas mal de bouquins – je crois que je le rappelle précisément dans ce livre qui s’appelle Le capitalisme à l’agonie – c’est la mise en commun, par un propriétaire et par un paysan au départ, ou un pêcheur qui a besoin d’un bateau. La mise en commun : l’un va prêter son capital (parce que c’est ça un capital, de l’argent qu’on prête) et l’autre va apporter du travail, et on va partager le fruit du travail entre celui qui a fait des avances en capital et celui qui a fait des avances en travail. C’est le même principe qui explique pourquoi il y a des dividendes qui sont distribués par les sociétés à action, et des choses de cet ordre-là. Tout ça finalement, il y a des mécanismes extrêmement simples qu’on peut expliquer sur cinq à dix pages, pas moins malheureusement, ce qui permet à des thèses complotistes qui font moins que cinq pages (par exemple, une seule phrase) d’essayer de prendre la place d’une explication de ce type-là. Donc, les taux peuvent augmenter parce que l’économie va mieux, parce que tout le monde a plus d’argent, parce que le capital rapporte davantage – c’est-à-dire [que] entre le capital investi et ce qu’on produit à l’arrivée, ça produit davantage, on peut payer des intérêts plus élevés, on peut payer des dividendes plus élevés. Les sociétés peuvent payer des dividendes plus élevés quand ça s’est bien passé, quand elles ont fait beaucoup d’argent. Tout ça, ce sont des mécanismes élémentaires.

Donc, les taux peuvent augmenter quand l’économie va mieux, [mais] les taux peuvent monter également quand l’économie va plus mal. Alors, ça, c’est paradoxal, mais c’est parce qu’il y a un autre mécanisme. L’autre mécanisme, ce n’est pas simplement la richesse qu’on va partager, c’est le fait que le prêteur court un risque. Le risque, c’est qu’on ne lui paie pas les intérêts, c’est qu’on ne lui rembourse pas l’argent. Alors, quand les choses vont mal, le prêteur va quand même prêter, mais il va se constituer une cagnotte au cas où on ne le rembourserait pas. Il va demander des taux d’intérêt plus élevés. La différence, à l’intérieur du prix, c’est ce qu’on appelle la prime de risque de crédit, la prime [liée au] risque que ce ne soit pas remboursé. Voilà. Quand on demande à l’État grec qu’il [emprunte] à du 60%, et qu’on est en 2010 ou en 2012, ce n’est pas parce que la Grèce va soudain si bien qu’elle peut payer 60% de la somme en plus pour avoir emprunté. Non, c’est parce qu’elle va si mal que, pour lui prêter, on demande une prime de risque extraordinaire, de l’ordre de… Si on compare à l’époque, je ne sais pas, un taux quelconque, voilà, pour du trois mois, le taux pour l’Allemagne, ça doit être du 0,75% (je dis ça à tout hasard mais je ne dois pas être très, très loin), si à la même époque, on prête à la Grèce pour du 60%, 60% moins le 0,75% qu’on considère normal pour l’Allemagne, c’est la prime de risque à l’intérieur du taux.

Alors, pourquoi est-ce que je dis, en 2009, au moment où on injecte toutes ces sommes, pourquoi est-ce que je dis qu’on ne pourra plus jamais en sortir ? Eh bien, parce qu’on se met dans une situation où l’économie ne peut pas aller mieux parce que sinon, le prix de toutes les obligations va baisser – les taux vont augmenter et le prix des obligations déjà en circulation va baisser de manière massive – et on ne peut pas non plus être dans une situation où les choses vont plus mal, parce qu’à ce moment-là, les primes de risque augmentent, les taux augmentent aussi, et le prix des obligations, de la même manière, baisse aussi dans la même proportion. Donc on se cale dans une situation où l’économie ne peut que stagner : si elle va mieux, tout va s’effondrer, et si elle va plus mal, tout va s’effondrer aussi. On s’est mis – j’ai employé l’image, sans doute à l’époque et je l’ai reprise depuis, selon un fameux gag de Quick et Flupke – on a peint [le sol de] la pièce en oubliant qu’il ne fallait surtout pas se coincer dans un coin au moment où on termine la peinture. Voilà, c’est ça qu’on a fait en 2009, ce qui m’a permis de prédire une catastrophe à l’échelle de la fin du capitalisme. Pourquoi ? Parce qu’on se trouverait dans une situation où une crise obligataire pourrait faire s’effondrer totalement le système.


sinon on attend que la peinture finisse de sécher ^^

source : https://www.pauljorion.com/blog/2018/10 ... scription/
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Re: Politique

Messagepar Zure » 05 Déc 2018, 17:08

MrDekoninck a écrit:
Zure, deux questions cons :

1. Comment est-ce que tu concilies de tels propos avec ta logique libertarienne ? Là on est très proche de l'analyse bourdieusienne quand même...

2. Pourquoi cette détestation des communistes, sachant que si tu étais né en 1900 en Russie, tu aurais très certainement comme les communistes ? Voire pire, si t'avais été à la fac dans les années 70, t'aurais pu devenir maoiste ?


Je ne déteste pas les communistes ou la gauche radicale qui pour moi est similaire, dans certains contextes, je suis même de leur côté. Durant la guerre civile grecque par exemple ou durant la dictature des Colonels ou face à la dictature argentine, etc. Dans un contexte où le seul choix, c'est le communisme ou le fascisme, je choisis le moindre des deux maux et donc le communisme. Parce que même si j'associe aussi le communisme à une forme de dictature, il me paraît moins pire que le fascisme qui a vraiment un fond dégueulasse.

Maintenant dans un contexte où je n'ai pas à choisir entre ces deux maux, je n'aime pas le communisme ou la gauche radicale, tout simplement parce qu'il n'accorde aucune place à l'individu et pour exister, j'ai besoin d'avoir le contrôle de ma vie et de mes choix, je ne peux pas dépendre uniquement du bien commun. Je n'ai pas besoin que Jean Pierre soit heureux pour l'être et je ne dis pas par là que je souhaite que Jean Pierre soit malheureux. Dans l'absolu, je lui souhaite tout le bonheur possible mais je ne suis pas responsable de sa vie, des ses choix, et son bonheur ou malheur ne sont pas dans mes mains. Si ça l'était, je claquerais des doigts et tout le monde serait heureux mais ça ne marche pas comme ça.

La vie est inégalitaire à la base. Ta naissance détermine en partie ta réussite, ton éducation, ton physique, ton adaptabilité déterminent partiellement ta réussite sociale, ton intégration… Il y a plein de facteurs, certains que tu peux cultiver et d'autres non. Tu peux apprendre à mieux t'adapter mais si tu es laid, tu le restera. Tu peux t'éduquer mais si tu né au milieu de débiles, tu n'auras pas autant de chances de le faire… Mais je ne suis pas responsable de cette inégalité, j'ai eu un bon tirage de départ et mon objectif est de le maximiser, c'est totalement dépassionné, ce n'est pas motivé par le désir d'enfoncer l'autre, ni de l'élever. It is what it is. Ce qui fait que je n'ai pas de culpabilité. Et je n'ai pas de pulsions militantes simplement parce que je ne ressens aucune culpabilité. Tout ce que je peux faire c'est individuellement me comporter de manière respectueuse d'autrui et c'est ce que je fais et ça s'arrête là. Je ne cautionne pas la colonisation mais je ne suis pas responsable du fait que le pays dans lequel je suis né à un passé colonial. Si ça ne tenait qu'à moi, je ne serais pas allé faire chier les algériens par exemple. Mais rien de tout cela ne dépend de moi individuellement.

La philosophie libertarienne qui part dans tous les sens puisqu'il y a des fascistes libertariens comme des hippies libertariens m'intéresse en ce sens qu'elle place l'individu au coeur de tout et comme je n'ai qu'une seule vie, jusqu'à preuve du contraire, j'ai besoin de la vivre en mes termes.

Hier Laurent parlait du fait qu'il ne faut plus que l'avion existe. Bon. Je comprends son point de vue, il a des enfants, il veut leur bien-être. C'est totalement normal. Même si je doute que l'avion tout seul soit la cause du problème mais peu importe. Moi d'un autre côté j'adore l'avion. A la fois en tant que symbole (la liberté, le rêve) en tant que manière de voyager profondément agréable (voler dans le ciel et les hôtesses). Si on m'offre le choix, en tant qu'individu je préfère continuer à prendre l'avion et si ça doit se solder par moi qui meurt dans une catastrophe climatique at some point. So be it. Ce sont mes termes, je les accepte. Mais je ne peux pas échanger les plaisirs symboliques et concrets que me procure l'avion dans ma quête personnelle du bonheur parce qu'alors je renonce à mes propres rêves, à mes désirs, à moi-même et, ultimement, au contrôle de ma vie. Je cède tout ça pour le bien commun. Toutes les doctrines politiques classiques même la droite, même l'extrême droite et bien évidemment la gauche me supplieraient de céder et de renoncer à moi-même. D'une part parce que ça leur permet d'exercer un contrôle sur moi et d'autre part, parce que chacun à leur manière, ils sont obsédés par cette notion de bien commun. Même Le Pen. Elle pense profondément que les étrangers sont un danger, elle est persuadée qu'elle œuvre pour la France et son idée du bien commun c'est une France façon années 50 mais, le key word, même chez elle, c'est le bien commun.

La seule idéologie qui me dit "non mais attends, tu n'es pas obligé, tu as le choix.", c'est l'idéologie libertarienne parce que je compte en tant que moi. Et moi j'ai besoin d'exister pour moi, c'est vital pour moi.

Ce qui n'empêche pas que j'ai bien conscience que je suis dans cette idéologie libertarienne parce que je suis né dans une certaine famille dont à la fois la propre histoire et le confort qu'elle m'a assuré m'ont conduit à cette notion que j'existe pour moi et pas pour les autres. J'ai conscience de ça, je suis très lucide sur moi-même, d'une part parce que je suis publicitaire et que ça fait 20 ans que j'étudie les comportements, les motivations d'achats, etc. Et d'autre part, parce que ça fait genre 10 ans que je suis en psychanalyse mais, ça ne change rien en fait. Je suis le produit du capitalisme, spécifiquement moi parce que j'ai été ado dans les années 80 (j'avais 10 ans en 1981), soit la décennie du capitalisme triomphant par définition, parce que je suis issu d'une famille qui a placé la réalisation de soi au centre de toute ses préoccupations et m'a éduqué en ce sens, parce que cette famille m'a permis de naître directement au niveau 3 de la Pyramide de Maslow et de n'avoir jamais à me préoccuper des deux premiers niveaux. Tout ça se sont des données qui expliquent pourquoi je suis ce que je suis et mes choix consistent à rendre ma vie cohérente, en équilibre et non pas chaotique. Avec mon passé familial et le présent que je me suis construit, le métier que j'ai choisi, les amis passés et présents, les amantes passées et présentes, la cohérence stipule que je suis exactement ce que je suis.
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Re: Politique

Messagepar Shane_Fenton » 06 Déc 2018, 17:33

Une chose qui me fascine à propos de ce mouvement des gilets jaunes, c'est la fracture béante qui se révèle, notamment sur Twitter, entre les différentes cliques "d'intellectuels" (au sens très large et très galvaudé) qui choisissent tel ou tel camp. Et aussi le fait qu'il y ait une fracture entre certaines personnalités ou mouvements qui d'habitude marchent main dans la main.

Que Jean Quatremer de Libé soit radicalement anti-GJ au point de créer un mouvement dans ce sens, c'était à prévoir. Il en va de même, à l'inverse, pour le soutien total de journaux comme Causeur ou Marianne à ce mouvement. Mais d'un autre côté, on a le Printemps Républicain (d'ordinaire proche de ces deux journaux sur les questions de laïcité) qui est violemment contre. Et à l'inverse, des gens que je n'attendais pas sur ce terrain-là, comme Edouard Louis ou Geoffroy de Lagasnerie s'engagent complètement aux côtés des GJ alors que Lagasnerie avait dit dans une autre interview qu'il rejetait l'idée de convergence des luttes. Même si souvent, Machin choisit son camp en grande partie par dégoût envers truc qui a choisi l'autre camp (Printemps Républicain vs. France Insoumise, Raphaël Enthoven vs. Aude Lancelin, etc...), il y a des accointances parfois surprenantes. Voir Alain Finkielkraut et Geoffroy de Lagasnerie du même côté de la barrière (idem pour Jean-Paul Brighelli et Laurence de Cock, ou pour plein d'autres "couples" improbables), c'est assez croquignolet.

PS : excellent post Zure ! Parce que tu y affirmes tes convictions, ta philosophie et les raisons qui t'ont poussé à l'adopter, tout ça de façon claire et exhaustive.
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Re: Politique

Messagepar Poppy » 06 Déc 2018, 18:32

Dans les intellos qui soutiennent les gilets jaunes, je me demande bien quelle est la part de ceux qui ne les méprisent pas un peu quelque part. Moi qui suis pourtant pas mal réac anti élite "bien pensante" sur les bords, la vache j'ai du mal…

Pas besoin de me répondre que je ne suis pas un intello. Je suis déjà au courant. :lol:

Et puis les GJ je les ai soutenus un temps parce que j'aime pas Macron qui joue au roi et que je suis bien content quand il s'en prend plein la tête (je me demande si c'est bien sérieux comme attitude d'ailleurs) mais bon là ça va bien.
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