Crusader Kings 2 : le roman

Ca rend idiot mais c'est pas grave on l'est déjà.

Crusader Kings 2 : le roman

Messagepar roger » 31 Juil 2012, 10:18

Coucou les petits lapins.
Comme je l'avais promis, et sans garantie de qualité (je ne garantis jamais la qualité, c'est une question de principe), voici mon essai sur la thématique "racontez vos vacances".
Sinon ce sujet peut aussi servir pour parler de Crusader Kings 2, vu que c'est un jeu formidable.

J'aurais pu travailler davantage mon truc, vu que c'est pas complètement bien fini, mais j'avais plus très envie. La contrainte que je me suis imposée est de ne rien inventer et de ne pas trop interpréter les évènements à ma sauce (forcément il y a un peu d'interprétation mais je me suis limité).



1066 : Alors que de grands bouleversements sont sur le point de se produire en Europe, un comté oublié, terre de landes arides, est aux mains d’un jeune souverain : Aner, vingt et un ans, est comte d’Albret.

Les premières années du règne d’Aner (1066-1069)

Le gouvernement
Doté de conseillers de qualité honorable, sans être excessivement doués, Aner possède toutefois en son vassal Blasi, bourgmestre de Tartas, un homme de grande qualité. D’abord chancelier, l’homme est nommé chapelain, titre qui correspond davantage à sa vaste érudition. La chancellerie, en dépit de son importance, est confiée faute de mieux à Barnard de Mont-de Marsan, un courtisan moyen mais sympathique. Il s’agit d’un choix sans guère de conséquence puisque le pauvre homme décèdera dès l’année suivante de syphilis pour être remplacé par un garçon encore plus médiocre, Raolf de Mimizan… Le gouvernement d’Aner se compose ainsi essentiellement de courtisans dans la force de l’âge et sans guère d’envergure, qui ont une place quasiment assurée au conseil du fait de leur faible nombre...
Energique et motivé à sortir son comté de la misère et de l’ignorance, le souverain envoie ses ministres en quête de savoirs nouveaux et donne la priorité à la sécurité et aux finances, qu’il chérit de par son tempérament économe.

Le souverain
A la tête d’un modeste comté, Aner se fixe des objectifs accessibles mais essentiels : il doit d’abord se marier, puis avoir un fils afin d’assurer sa descendance. En dehors de ces considérations aussi privées que publiques, il affiche un goût certain pour l’économie et la comptabilité, cherchant à améliorer dans la mesure de ses faibles moyens la prospérité du petit comté d’Albret. La religion semble ne pas l’intéresser, au contraire des plaisirs de la chair. A cet égard la fin de l’année sera prometteuse du fait du mariage tant attendu avec Judit, une jeune et ambitieuse princesse venu de lointaines contrées germaniques. Cette union est le premier acte de prestige du jeune souverain, qui sous l’excitation de l’évènement néglige même de lever un impôt de circonstance…
Aner, heureux de son mariage, espère dès lors avoir un fils au plus tôt. Judit tombe enceinte en 1067, et un héritier naît l’année suivante. Il s’appelle Casimir. La fin de l’année annonce une autre grossesse pour l’année 1069. Alors qu’une fille est espérée, Aner doit se satisfaire d’un second garçon, Raimond.

Les vassaux et la cour
Aner n’ayant guère de vassaux hormis le bourgmestre de Tartas et l’évêque de Bazas, deux titres qui n’invitent guère aux lignées dynastiques, il décide d’inviter un certain nombre de jeunes femmes talentueuses plus que biens nées afin de marier ses courtisans et de leur donner des héritiers aptes au service de leur seigneur. Venues d’horizons très variés, les jeunes personnes n’ont pas de titres, mais leurs qualités sont incontestables : Hunydd l’irlandaise est une intrigante hors pair (Aner réfléchira longtemps avant de faire venir une étrangère dotée des talents propres à déstabiliser le comté) qui se marie à Arnaut de Mimizan le Maître-espion. Guillaume de Roquefort, évincé de son poste de chapelain par Blasi de Tartas, trouve lui le réconfort dans son union avec la jeune Constance de Bourgogne. Les autres courtisans ne sont pas en reste et chacun se voit marié à une épouse dotée de compétences utiles pour l’avenir. La pérennité des différentes familles du comté (Roquefort, Tartas, Mont de Marsan, Mimizan) semble assurée pour les années à venir.
Alors que les évêques font bien souvent de bons chapelains, Aner se passe des services de Lop de Bazas, reclus dans son évêché. Il lui préfère les qualités brillantes de Blasi de Tartas, dont l’étendue du savoir étonne la cour entière. L’homme, qui est aussi rusé, profite de son statut pour réclamer une baisse d’impôts pour sa cité. Aner, qui a cuvé l’ivresse du mariage, refuse catégoriquement, bien décidé à faire passer les recettes de l’impôt par-dessus les relations féodales et autres considérations de prestige. Blasi en prend légèrement ombrage, mais ce désaccord s’avère sans conséquence.


Aner le bâtisseur (1070-1079)

Malgré son jeune âge, Aner sait qu’il part de trop bas pour réaliser de grandes choses. S’il rêve bien d’entendu d’un destin qui dépasse Albret, sa lucidité l’invite à rêver de ce destin pour sa descendance plus que pour lui. Il sera le travailleur de l’ombre, l’artisan qui forgera les outils qui feront la gloire de sa lignée.

Le monde
Les premières années de la décennie voient une guerre se déclencher entre le Duc de Bourgogne et le Roi de France, quelque peu lâché par ses vassaux, dont Guilhem VIII duc d’Aquitaine, qui entame là un parcours où la félonie le disputera régulièrement à l’ignominie.

Le souverain
Aner fait mieux qu’assurer sa descendance. Déjà père de deux fils, il voit ses héritiers potentiels se multiplier avec les naissances d’Ander en 1071 et Alfonse en 1073. Mais toujours pas de fille…
Bien qu’il entretienne de bonnes relations avec ses enfants, Aner ne parvient pas toujours à leur inculquer les valeurs qu’il voudrait, sans compter que son manque de piété le pousse au bord du sacrilège en privé : ainsi il perturbe durablement Alfonse à la suite d’une explication sur la reproduction des hommes par une analogie inquiétante avec le fonctionnement des abeilles.
Il choisira de confier l’instruction de ses enfants aux membres les plus qualifiés de la cour.
Au niveau de sa vie de couple, chose si importante pour un homme très porté sur la chose comme l’est Aner, la naissance d’Alfonse voit la situation se dégrader peu à peu. Judit se désintéresse de son époux et se jette dans la foi qui n’a guère besoin de l’encourager pour qu’elle s’adonne à l’abstinence. Aner, amer, s’adonne en compensation à des débauches qu’il voudrait discrètes.
Casimir, l’héritier, voit son éducation confiée à Agnès Wettin, dont le génie gestionnaire fait impression au-delà même des frontières du comté.
Avec les années qui passent, du fait peut-être de son épanouissement personnel, Aner est reconnu pour son caractère aimable et sympathique malgré son avarice légendaire.

La politique
Aner écrase progressivement ses sujets sous l’impôt, en même temps qu’il hâte l’amélioration de son fief et de ceux de ses deux vassaux.
Frederi parvient à lever les taxes en souplesse, calmant plutôt habilement les contestations qui ne manquent pas de naître. L’amitié de Blasi de Tartas permet par ailleurs à Aner de placer l’imposition de la cité, qui se développe, à un niveau tout juste soutenable. Sa priorité va à la création accélérée d’une place du marché à Tartas comme il se doit, qu’il accompagne d’une embarcadère, promesse d’échanges et donc de nouveaux revenus…
Si les ressources financières du comté atteignent des records, elles restent malgré tout dérisoires par rapport aux grands seigneurs et Aner de fait rien pour le prestige d’Albret, accueillant même de nobles chevaliers errants à contrecoeur de peur de devoir leur offrir une hospitalité trop couteuse.


Aner et ses fils (1080-1089)

Alors que naissent les rumeurs d’un Djihad en Anatolie, Aner est à présent un souverain dans la force de l’âge, à la tête d’un comté prospère. Son successeur annoncé, Casimir, annonce un règne brillant comme jamais en Albret.

Autour du comté
En 1083 Guilhem VIII d’Aquitaine, dont a déjà évoqué la félonie, franchit une étape supplémentaire dans l’abomination lorsqu’il fait assassiner sa propre épouse, passablement mutilée par un attentat précédent (et moins réussi).
Philippe Ier, Roi de France, meurt de maladie à 32 ans. Son frère Hugues II lui succède, l’avenir s’annonçant incertain du fait de l’absence d’héritier mâle.

Le souverain
Aner, qui est dans la plénitude de ses moyens, ne parvient pas à démentir sa réputation d’avaricieux. Il la conforte même, comme si cela était nécessaire, par une mesquine dispute avec son ami Blasi au sujet de la répartition de leurs gains à l’issue d’une innocente partie de chasse.
Aner brille tout de même exceptionnellement en dehors du comté, lorsqu’il répond à une invitation à un grand tournoi de Philippe Ier en 1082. Il parvient même à s’en tirer avec les honneurs malgré ses modestes aptitudes guerrières.
La vie amoureuse d’Aner ne correspondant plus depuis des années à ses attentes, il s’égare en visitant la chambre de la jeune Clara de Mimizan, une courtisane à peine majeure qu’il a marié une semaine plus tôt avec l’un de ses courtisans. Quelque peu perturbé, le comte abandonne peu à peu les fantaisies de la chair, optant même pour une chasteté rigoureuse.
Casimir devient majeur, et confirme des dispositions honorables dans tous les registres de l’art de gouverner, bien qu’il brille particulièrement dans les armes. C’est un héritier à la fière allure qu’Aner marie aussitôt en 1084 avec une princesse byzantine, Zoe Doukas. L’union, inattendue et que certains pourraient juger grotesque tant les parties sont dissemblables, marque la volonté d’Aner d’ouvrir une ère un peu plus glorieuse dans l’histoire bien terne du comté d’Albret. Ceci se confirme lorsqu’Aner refuse de profiter de l’occasion de lever un impôt exceptionnel. Doté de toutes les qualités, bien marié, Casimir fait ainsi ses débuts dans la bienveillance générale. Alors qu’il est à peine un homme on lui reconnaît de l’avis général des qualités de brillant stratège, de guerrier courageux, d’homme honnête, aimable et charitable. Seule une pointe de cynisme dans le jugement le séparerait de la sainteté ! Il offre à Casimir une petite fille, Klara, en 1086.
Raimond, certes moins solaire, n’a cependant pas à rougir. C’est dans l’ombre, loin des vivats qu’il excelle dans son domaine : l’intendance. Ander ne tarde lui-même pas à être majeur, révélant certaines dispositions dans l’art de la manipulation et des coups bas. Il reste néanmoins largement moins brillant que ses deux aînés.
En 1088, alors qu’Aner et Judit ont une quarantaine d’années naît un nouvel enfant, de façon pour le moins surprenante quand on connaît le manque d’appétence amoureuse des deux époux… Sardanapale (il fallait bien marquer le coup) naît en 1089, quinze années après que son frère aîné, Alfonse, aie vu le jour.

Le conseil
Raolf le chancelier meurt en 1084, probablement d’un stress imputable à son incompétence. Le nouveau chancelier est Gargamel, évêque de Bazas. Sans réellement exceller il se montre toutefois bien meilleur que son prédecesseur.
Federi, rompu à l’exercice de la perception d’impôts, parvient à lever des dîmes exceptionnelles alors que le commerce se développe à Tartas.
Les conseillers vieillissants arrivent au bout de leur temps, et la jeune garde de la cour d’Aner, commence à se manifester, à commencer par son propre fils Casimir qui demande à être maréchal. Connaissant ses qualités, pourtant bien supérieures à celles de son maréchal Girard de Tartas, un guerrier loyal mais sans génie, Aner lui oppose cependant un refus : lui seul décidera de l’heure…
Et cette heure arrive quelques mois après, lorsqu’en 1085 Aner s’entoure des meilleurs conseillers qui soient, aussi bien en aptitude qu’en fidélité : ses propres fils. Certes il y a toujours Gargamel à la chancellerie et Blasi est toujours chapelain (mais qui pourrait surpasser Blasi dans la connaissance, si ce n’est le diable lui-même ?). Il y a aussi le vieux Arnaut de Mimizan, le Maître espion qui ne fait rien. Mais le maréchal est désormais Casimir (Girard, évincé, mourra quelques mois plus tard dans un accident), et l’intendant, poste important s’il en est pour Aner, est Raimond.
Arnaut de Mimizan , maître espion meurt en 1087. Son fils, Arnaut, lui succède à 18 ans. Il porte le même nom, et ne possède guère plus de talent, mais il est tout de même le meilleur au moment de choisir…

La politique
L’évêque Lop deBazas, qui n’avait guère fait parler de lui jusque là, meurt infirme à 51 ans. Lui succède Guiges, qui meurt lui-même au bout de quelques mois d’une maladie aussi impitoyable qu’inconnue. Le suivant s’avère heureusement plus tenace. Il se nomme Gargamel.
Aner poursuit le développement effréné de ses fiefs, en particulier Tartas qui jouit de ses petits soins. La ville peut ainsi s’enorgueillir d’une guilde des marchands, et bientôt d’un petit port. Les recettes perçues sont deux fois supérieures à celles perçues au début du règne.
Aner commence toutefois à faire le tour de ses forces militaires. Pacifique depuis toujours, il voit s’agiter les guerres autour de lui, auxquelles il contribue comme vassal, mais craint que l’une d’elles mette à sac ses terres. Quoiqu’il en soit, les ressources guerrières de son comté sont bien dérisoires face aux grandes armées des rois et des ducs coalisés ! Aner décide néanmoins d’entreprendre des constructions défensives, comme la construction d’une armurerie puis d’une palissade à Roquefort.
Disposant de jeunes fils à marier, Aner se rend compte que la lignée royale capétienne n’offre guère de recours mâle. Il saisit là une occasion, certes incertaine mais néanmoins bien réelle, de se lier à la royauté, voire d’y accéder si le destin devait en décider ainsi. Il conclut ainsi en 1086 trois mariages ou fiançailles : Ander, Alfonse et Raimond convolent ou convoleront avec des princesses françaises (Béatrice, Elisabeth et Bourgogne).
Il ne fait nul doute que ces alliances contribuent à la renommée du comté d’Albret…
Pourtant la guerre éclate entre Hugues II, roi de France, et le vieux Guilhem VIII. Le duc d’Aquitaine ambitionne d’instituer une monarchie élective, en l’absence d’héritier mâle pour le trône.
1089 voit le triomphe de Ghilhem VIII, que l’on nommera désormais « Le Grand ». Malgré son âge avancé, 66 ans, il bât Hugues II, roi de France, qui meurt dans une bataille.
Pris dans les tourments de la guerre, Aner est blessé au combat…
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Re: Crusader Kings 2 : le roman

Messagepar Martin » 04 Aoû 2012, 21:03

Hier soir je me suis dit fuck it et j'ai lancé une partie avec la France en 1066. Le début de partie est très difficile parce que Philippe I est jeune et que ses vassaux sont puissants, et j'avais commencé plusieurs fois avant d'arrêter de suite, submergé sous les révoltes de mes grands vassaux.

Ce coup-ci, en combinant la chance et quelques coups bien vus, j'ai réussi à m'en tirer plutôt bien. Nous sommes en 1092, et Philippe est un roi extrêmement respecté, avec un héritier a priori plutôt bien parti pour lui succéder sans trop de tensions.

Mon premier geste politique une fois la conquête de l'Angleterre par les Normands à peu près assurée a été d'épouser la fille de Guillaume le Conquérant : l'union avec la maison de Normandie me semble indispensable, à la fois pour éviter que l'Angleterre ne m'attaque à court terme, et pour me faire un allié puissant, qui me servira bien par la suite.

Mon frère unique est mort célibataire assez jeune, pauvre petit, au moins il ne m'aura pas embêté (il me détestait évidemment et convoitait mon trône).

J'ai marié ma soeur avec le roi de Léon, espérant en profiter pour aller faire un tour en Espagne, mais les affaires intérieures, combinées avec une énorme armée musulmane m'ont empêché d'aider mon beauf... Lorsqu'il m'a demandé de l'aide, j'ai mollement envoyé un millier d'hommes qui ont prudemment évité les stacks de 6k de l'émir...

Faut dire, j'avais à faire au pays. Je contrôlais à peu près mes vassaux mais mon oncle, le duc de Bourgogne, a décidé de choper ma couronne. Par chance, les autres n'ont pas bougé, mais il m'a tout de même fallu plusieurs mois pour mater les rebellion. Le duc de Bourgogne est mort 15 ans plus tard, dans mon oubliette.

Autre problème, l'empire romain germanique, grosse puissance à ma frontière est... Avec le risque de voir certains fiefs français tomber dans l'empire, puisque le prince-évêque de Vivarais, vassal de l'ERG devait hériter de Montpellier... Un coup à me faire grignoter le sud. Donc ni d'une ni de deux, je profite du fait que le Vivarais appartienne de jure à la France pour déclarer la guerre et le choper.

Là ça a été plutôt chaud, mais heureusement, l'Empereur devait être occupé ailleurs parce qu'il ne m'a pas envoyé toutes ses troupes. Autre coup de bol, le roi d'Angleterre, mon beau-père, a bien voulu m'aider et m'a envoyé 2k hommes qui ont permis de faire tourner la balance en ma faveur. J'ai commencé par assiéger et prendre le Vivarais, puis avec des mercennaires qui m'ont coûté bonbon j'ai réussi à battre plusieurs stacks de 6k hommes que m'envoyait l'empereur. J'ai galéré un temps quand il a porté la bataille dans les Flandres où je n'avais pas de défenseurs, mais en faisant l'aller-retour sur ma frontière est et en utilisant encore d'autres mercennaires, j'ai réussi à le faire plier. Un an de guerre sanguinaire et coûteuse pour une province, mais cela m'a acquis une superbe réputation.

Une fois la fidélité de mes ducs à peu près acquise, il faut que j'augmente la taille de mon domaine royal qui est réduit à Paris et Orléans, provinces riches mais bon ça fait un maigre pécule pour ma cassette. Je commence par monter un peu l'autorité royale, et comme rien ne se passe je jette mon dévolu sur la Bretagne, seul duché indépendant que je peux attaquer sans trop de peine.

En une guerre éclair je vise Rennes, c'est déjà ça.

Et paf, le roi d'Angleterre, mon cher beau-père me tombe dessus. Ouch.

Je lui abandonne sans rechigner le Vexin, je perds un peu la face, mais au moins à moi Rennes, je n'étais pas à même de faire le fier.

D'autant que tout vient à point pour qui sait attendre...

Guillaume meurt, son héritier est contesté, et bam quelques années plus tard j'en profite pour reprendre ma Normandie, d'un coup d'un seul, battant à plate coutures les armées diminuées du jeune souverain.

Me voici à 42 ans, maître d'un grand domaine royal (je file Rennes à mon héritier pour ne pas dépasser la limite qui irriterait mes vassaux), roi peu religieux et gourmand (Philippe I the Fat) mais je me suis pas mal tiré de mes différentes guerres. J'ai aussi eu la chance de n'avoir que deux fils, Henri, mon dauphin et un petit dernier tardif, ainsi que 3 filles qui m'ont permis de consolider une alliance avec mon principal vassal, le jeune duc d'Aquitaine, qui me cause bien des soucis : il possède une bonne partie du sud du royaume, et se montre assez impatient. Je lui ai filé une fille, mon fils a épousé sa soeur, mais ça sent les dîners de famille explosifs.

Je n'ai plus qu'une réelle ambition : créer le royaume d'Aquitaine afin que ce grigou ne puisse pas me griller la politesse... Mais je manque de piété pour cela. Heureusement qu'Henri, mon fiston, est un vrai cul-béni... Quant à moi, je commence à me sentir vieux, faible, usé par les guerres à quarante ans à peine...

La suite au prochain épisode.
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Re: Crusader Kings 2 : le roman

Messagepar Martin » 04 Aoû 2012, 21:15

Sinon j'ai récemment lu Le Moyen-âge de G. Duby, qui est un assez bon résumé de l'histoire de France d'Hugues Capet à Jeanne d'Arc, avec une insistance particulière sur les XI ème et XII ème siècle... C'est assez intéressant, et ça montre comment les dév de Paradox se sont inspirés de l'Histoire... En un sens ils ont dû beaucoup simplifier, par exemple en uniformisant les rapports entre le roi et ses grands vassaux... Par exemple au XI ème siècle, le pouvoir du roi était très limité hors de son domaine royal, et le Sud du pays c'était presque l'étranger, les liens étaient forts distendus, les différences culturelles entre les francs et les gens du pays d'oc étaient énormes.

Le concept d'autorité royale permet de plus ou moins simuler cela, mais c'est à la truelle.

Enfin il faut reconnaître que ça marche, et assez admirablement, même si on ne devrait avoir aucun contrôle avant disons le XII ème siècle sur les vassaux de nos vassaux.

En tout cas le livre est parsemé d'anecdotes représentatives qui montrent les difficultés du pouvoir royal pour s'imposer face aux autres nobles, mais aussi aux citoyens et au clergé. Le jeu réussit tout de même à simuler le côté religieux, et l'Eglise peut être un allié précieux puisque la piété est une monnaie qui achète beaucoup de choses : la création de titres, l'excommunication des ennemis, etc.

Avec mon second capétien, Henri II, je m'inspire de la "stratégie" qui a été celle de Louis VII : j'optimise la piété pour me mettre l'Eglise dans la poche.
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Re: Crusader Kings 2 : le roman

Messagepar K2R2 » 04 Aoû 2012, 22:50

Par exemple au XI ème siècle, le pouvoir du roi était très limité hors de son domaine royal, et le Sud du pays c'était presque l'étranger, les liens étaient forts distendus, les différences culturelles entre les francs et les gens du pays d'oc étaient énormes.


Sache que dans le Sud Ouest, certains ne se sont toujours pas remis de la croisade contre les Albigeois, d'aucuns prétendent même que le pays est occupé par les Francs depuis huit siècles et continuent à parler en occitan pour résister à la culture impérialiste venue du nord. L'été est une saison particulièrement propice à l'éclosion de festivals médiévaux destinés à célébrer la survivance des traditions occitanes (on s'amuse comme on peut) et à s'apitoyer sur le funeste destin de notre beau pays. Il y a des traumatismes qui ne guérissent jamais :mrgreen:
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Re: Crusader Kings 2 : le roman

Messagepar Martin » 04 Aoû 2012, 23:44

Apparemment justement les cathares ont été une bonne excuse pour que les Francs viennent faire le ménage. :)
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Re: Crusader Kings 2 : le roman

Messagepar K2R2 » 04 Aoû 2012, 23:58

Tout à fait et le sieur Simon de Montfort, ce suppôt des capétiens, pour avoir été le principal maître d’œuvre de cette ignominie est honni pour les siècles des siècles ainsi que toute sa descendance . Enfin, au moins s'est-il définitivement pris une bonne grosse caillasse dans la face à l'occasion du siège de Toulouse, c'est toujours ça de pris.
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Re: Crusader Kings 2 : le roman

Messagepar laurentb » 06 Aoû 2012, 08:46

C'est pas la première fois que je remarque qu'une discussion sur CK2 diverge vers des données historiques. Alors évidemment, je ne le recommanderais pas comme support pédagogique à un prof d'histoire. Mais le fait est là : c'est pas parce qu'on raconte n'importe quoi (dans ma toute première partie, mon roi polonais a repoussé les arabes à Chamonix) qu'on ne se pose pas les bonnes questions (mais qui sont ces Cathares ?).

D'ailleurs l'idée du lien wikipedia dans CK2 était bonne ; elle n'est juste pas très efficacement réalisée, et aurait pu être généralisée.
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Re: Crusader Kings 2 : le roman

Messagepar Martin » 06 Aoû 2012, 09:57

Ah ben c'est clairement un jeu fait par des gens qui aiment l'Histoire et qui se sont documentés.
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Re: Crusader Kings 2 : le roman

Messagepar roger » 10 Aoû 2012, 09:16

J'ai voulu changer un peu d'expérience en prenant les Capet et je suis servi. Quel luxe : gérer ses armées soi-même, pouvoir retirer et distribuer des fiefs, avoir des revenus décents...
J'ai constaté qu'on est un peu tiraillé entre deux tendances : assurer l'avenir et la prospérité d'un côté (ce qui ne donne pas beaucoup de points au score) ou alors chercher la gloire (qui est plus incertaine) pour avoir un bon score en menant des actions pas forcément pérennes (des guerres qu'on gagne mais qui n'apportent pas grand chose au final).
Bref j'ai décidé d'être aussi avide que possible pour construire l'avenir sur des bases solides (impôts élevés, fiefs récupérés pour mon domaine propre). Evidemment j'essaie de ménager les vassaux mais vu ce que je leur impose ils se révoltent de temps en temps. Heureusement j'évite d'avoir trop de mécontents à la fois, comme ça c'est toujours une minorité facile à écraser qui se rebelle. L'occasion de faire quelques sièges en représailles et de gagner un peu d'argent en plus :D. Je me suis même offert de luxe d'aider mon allié de Castille en attaquant un paquet massif d'arabes.
Bon au niveau stratégique j'ai l'impression qu'on gère pas grand chose dans le détail, en tout cas moi je gère pas. Je fais des gros tas et j'essaie de n'attaquer qu'en écrasante supériorité numérique. Ca marche pas mal.
En fait ma tactique est un peu de bouffer mes vassaux en agrandissant mon domaine, mais comme je touche aux limites de ce dernier (6/6) je vais devoir changer de méthode. J'ai déjà délesté un comté en le filant à mon héritier, qui devrait avoir la possibilité de gérer un domaine plus grand (il est meilleur en intendance que mon Philippe Ier).
Après je me demande si je ne vais pas pas faire du ménage en redistribuant des fiefs à des hommes neufs et fidèles, mais en même temps toutes les questions de loyauté sont liées à un souverain particulier, qui peut changer à tout instant. C'est amusant de voir comment on doit construire des stratégies adaptées au roi qu'on a en prenant en compte la fragilité d'un règne qui peut s'interrompre à tout moment. C'est pour ça que je ne jure que par l'argent, ça sert pour tout et tout le temps. Autant je suis complètement à la rue niveau prestige autant au niveau financier je dépasse l'empereur germanique :D.
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Re: Crusader Kings 2 : le roman

Messagepar Martin » 10 Aoû 2012, 11:30

Ahah moi je suis à mon troisième roi et je barbote en Catalogne (il fallait que je m'y mette, l'Espagne est entièrement musulmane, et si je ne fais rien je suis le prochain sur la liste) contre le Sultan de Tunis, je suis bien parti pour passer mon règne là-bas à enchaîner les sièges : au moins ça occupe les grands vassaux qui ne pensent pas à se révolter pour le moment.

Mais reprenons dans l'ordre, enfin si je me souviens...

Donc Philippe I est mort, usé par les guerres bien qu'encore jeune vers 1094 à 42 ans remplacé par un fiston pas très futé mais plutôt religieux (je ne sous-entend pas qu'il y a cause à effet), Henri II. La transition s'est passée sans trop trop de problème, je crois que j'ai bien eu une ou eux rebellions mais l'alliance avec les ducs d'Aquitaine m'a permis d'éviter les grosses crises, je me suis contenté de mater le duc d'Orléans, les Angevins, les Lorrains et quelques vassaux du nord.

J'avais eu la prévoyance, voyant que mon souverain ne ferait plus forcément long feu (ok, j'ai rechargé parce que la première fois la crise de succession est tombée au PIRE moment), de garder un petit trésor de guerre pour me payer des mercennaires afin d'asseoir l'autorité du nouveau roi. Ce n'est pas une mauvaise idée. Mais je n'ai pas eu trop à piocher dans le fond de guerre, ce qui m'a permis de créer comme l'ambitionnait Philippe I, le royaume d'Aquitaine, dont je me suis évidemment réservé la couronne.

Une fois la France calmée, il a bien fallu que je trouve à m'occuper.

D'abord j'ai un peu attendu l'occasion, en profitant pour bâtir ma puissance économique, et puis j'ai essayé de m'impliquer dans les guerres de succession en Bretagne, ce que je ferai deux fois durant ce règne sans grand succès d'ailleurs pour une raison ou une autre. Fichus bretons !

J'ai aussi commencé à regarder vers le Sud, et j'ai prestement chopé la Navarre à mon futur grand ennemi le Sultan de Tunis.

Je sais plus trop pourquoi, mais je me suis retrouvé excommunié par le pape (un vassal mécontent ?). Moi, un roi très chrétien ? Heureusement est arrivée la première Croisade, en 1095, le genre de truc que mon consanguin fanatique ne pouvait manquer sous aucun prétexte. En filan de la tune au pape et en me croisant, je réintègre sans souci la chrétienté.

Bon ma Croisade n'a pas été d'un fort grand succès, je suis arrivé par la terre avec une pile de 6 k hommes (le ban et l'arrière ban moins un peu d'attrition) au sud de l'empire Byzantin, et à peine eus-je battu quelques infidèles et mis un pied en terre sainte qu'un stack de 8-9 k égyptiens m'est tombé dessus. J'ai rusé, reculé, mais j'ai fini par me faire bouffer et par devoir repartir la queue entre les jambes.

Ce qui ne m'a pas empêché de gagner pas mal de gloire dans l'aventure, comme quoi.

La croisade a évidemment été un échec, faute de coordination dans les armées chrétiennes (ça et je n'ai pas vu l'ombre d'un Allemand ou d'un Anglais...).

Le grand projet d'Henri II est de repartir en Croisade, surtout que son royaume est de plus en plus puissant et décolle économiquement. Mais il n'aura pas le temps, il doit surtout s'occuper des affaires intérieures, par exemple de caser son fils aîné, venu tardivement de sa première femme (ben oui, il était chaste dans son jeune âge) et surtout de niquer comme un lapin avec sa troisième épouse, une princesse bulgare avec laquelle il arrange son mariage dont il tombe éperdument amoureux, au point dans ses vieux jours de lui donner 4 enfants.

Son dernier dilemme concerne le mariage du petit. Deux juteux partisse présentent : des duchesses en titre, jeunes et non mariées, voilà de quoi assurer à mon petit fils un conséquent domaine royal !

Au Nord, la duchesse de Flandres, 14 ans.

A l'ouest, la duchesse de Bretagne, 20 ans, qui pourrait amener la péninsule dans le giron français...

Guerre civile en Bretagne (ils sont fous ces Bretons), la duchesse ne garde que Nantes, je fiance mon grand dadet à la duchesse de Flandres, tout en me disant qu'après tout je n'ai qu'à aider Anne de Bretagne à reprendre son duché, ça pourra servir.

Et alors que j'occupe toute la Bretagne, le Seigneur me rappelle à lui, le roi est mort, vive le roi.

A suivre.
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Re: Crusader Kings 2 : le roman

Messagepar roger » 10 Aoû 2012, 11:46

Martin a écrit:ok, j'ai rechargé parce que la première fois la crise de succession est tombée au PIRE moment


:lol:
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Re: Crusader Kings 2 : le roman

Messagepar Martin » 10 Aoû 2012, 12:12

roger a écrit:
Martin a écrit:ok, j'ai rechargé parce que la première fois la crise de succession est tombée au PIRE moment


:lol:


Bah ouais je suis en phase d'apprentissage, man.
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Re: Crusader Kings 2 : le roman

Messagepar roger » 10 Aoû 2012, 13:26

Ha ha cette excuse en bois.
Saint Louis, quand il a eu la peste il a pas reloadé, il a joué sa partie jusqu'au bout.
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Re: Crusader Kings 2 : le roman

Messagepar Thufir » 10 Aoû 2012, 13:42

en fait, je vais vous poser la question différemment, les gars. Vous faites comment pour savoir que ça peut être cool de faire quelque chose plutôt qu'autre chose ? :shock:
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Re: Crusader Kings 2 : le roman

Messagepar roger » 10 Aoû 2012, 14:08

En voilà une question précise !
En fait il n'y a pas forcément une bonne façon de jouer, d'ailleurs ce principe de "la bonne façon de jouer" m'a toujours déplu, je préfère souvent ramer au moins un moment à ma manière que de réussir avec une méthode.
En plus ce jeu laisse une bonne part à l'expression, à la contemplation et à l'interprétation, donc ce serait dommage d'opter pour une attitude mécanique destinée uniquement à l'efficacité.
Mais je crois que tu dois avant tout te lancer et tenter des trucs pour voir ce que ça donne. Le manuel et les tutoriaux ne donnent pas une vision claire du jeu, ils restent beaucoup trop vagues (au contraire du manuel de Hearts of Iron qui est d'une précision clinique sur le système de jeu).
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Re: Crusader Kings 2 : le roman

Messagepar Thufir » 10 Aoû 2012, 15:05

Je vais le tenter comme ça en m'imaginant souverain relativement feignasse et dépassé par les événements et en suivant ce que le jeu me racontera. On va voir ce que ça va donner.
Mais dans un mois. Parce que là, hop, je pars à madagascar :)
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Re: Crusader Kings 2 : le roman

Messagepar roger » 10 Aoû 2012, 16:04

Bon voyage ;)
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Re: Crusader Kings 2 : le roman

Messagepar roger » 17 Aoû 2012, 15:23

Voici la suite et fin de mon texte. Comme j'avais fait l'essentiel des efforts en prennant des notes je me suis dit autant aller au bout même si c'est pas très travaillé. Vers la fin j'ai un peu zappé les trucs les plus chiants pour me focaliser sur l'histoire intime qui est un peu plus amusante. Ca mériterait d'être fait à fond, mais j'ai un peu tendance à me perdre en route et à ne pas mener mes efforts au bout (mais je lutte contre ma nature :D ).

Si Aner est blessé lors de la guerre sans pitié que se livrent les ducs et le Royaume de France, son comté se porte lui à merveille. Ce qui pourrait ne pas durer car le Djihad approche par la Galice…

Aner dans les tourments féodaux (1090-1099)

Le monde
Guilhem VIII, certainement rassasié d’une existence des plus nuisibles, s’éteint en 1990 à 67 ans, d’une mort aussi tranquille que celles qu’il a distribuées étaient cruelles et brutales. Son successeur Guilhem IX, âgé de seulement 16 ans, poursuit sa guerre contre le roi Hugues III de France (qui doit subir l’agression conjointe de l’empereur germanique) mais se trouve obligé de constater l’échec des manœuvres sordides de son prédécesseur par une paix blanche en 1094…

Le Roi
Aner parvient à se remettre de sa blessure de guerre, gardant même des stigmates bienvenus. Il y a longtemps que le comte n’a plus le souci de plaire, mais les témoignages de bravoure sont toujours utiles à un seigneur. Bien remis de sa blessure, l’usure du pouvoir commence cependant à entamer les facultés du comte. Il croit ainsi, lors d’une partie de chasse, être visé par une flèche venue de l’arc de son fils Alfonse. Perturbé, il se résigne néanmoins à considérer qu’il a mal vu.
Cette histoire stresse le comte, qui approche de ses 50 ans. Son épouse Judit meurt de grave maladie en 1093, à l’âge de 45 ans. Aner, bien que très ancré dans la spiritualité, prend une nouvelle femme en la personne de la jeune Teresa de Bazas, une courtisane sans envergure.
En 1096 le Roi Hugues III organise un grand tournoi, le second auquel participe Aner. Hésitant du fait de son âge et de son impréparation au combat, il accepte néanmoins, de peur de voir s’envoler le peu de notoriété qu’il a réussi à acquérir jusque là. Hélas Aner est à nouveau blessé, par un concurrent qui s’avère étrangement être un voisin, le jeune et vigoureux comte Raimond de Lahourd… Non content d’être battu, Aner doit faire face à une humiliation totale.

La famille royale
L’héritier Casimir, en dépit de ses aptitudes hors du commun, semble avoir quelques difficultés à domestiquer les guerriers qui sommeillent en chaque paysan d’Albret. Décidé à leur enseigner le maniement des armes de siège, Casimir est ainsi blessé stupidement par une pierre qui lui écrase le pied.
Quatre années plus tard, en 1096, Casimir est à nouveau blessé en formant des troupes. Il s’en tire à nouveau, certes, mais mutilé. Le grand et noble guerrier, l’héritier si brillant est bien diminué.

Le comté
Les améliorations se poursuivent, avec la construction d’un camp de tir pour la milice et d’un petit port à Tartas. La sécurité n’est pas en reste avec la construction de murs à Roquefort. Le travail Raimond à l’intendance atteint des sommets avec la levée d’impôts exceptionnels.

La guerre
Alors que la Croisade est lancée sur Jerusalem par le pape, le comte de Lahourd, déjà responsable de l’humiliation d’Aner lors du tournoi, s’allie au duc de Champagne pour attaquer son suzerain Guilhem IX. Albret subit directement le contrecoup de ces affrontements : le comté est assiégé en 1096, et la variole s’invite dans le chaos. La défaite semble inéluctable, et Guilhem refuse de récompenser la fidélité d’Aner avec de l’argent (qui en manque pour payer une troupe de mercenaires).
Heureusement, après deux années d’un siège éprouvant, Guilhem libère le comté en 1098.
Cet épisode met à mal l’autorité d’Aner, qui doit faire face aux aspirations de ses courtisans et proches. Il fait cependant preuve d’autorité, en interdisant formellement les duels et en refusant d’accéder aux caprices de sa jeune épouse qui veut écarter un courtisan.
En 1099 la Champagne réitère son agression, menant un siège qui sème la famine en Albret. Le comté passe même sous leur domination, Aner vivant peut-être ses dernières heures comme comte, voire comme simple être vivant…

Aner est mort, vive Casimir ! (1100-1110)

Envahi et privé de ses troupes, au bord de l’abîme, Aner parvient à rassembler de façon inespérée une petite fortune pour recruter des mercenaires qui parviennent à battre les armées du duc de Champagne en 1100. Mais la solution n’est que de courte durée car l’envahisseur revient sitôt l’année suivante sans trop de résultat, et la guerre pour un nouveau seigneur de Gascogne s’achève en paix blanche.

Signe de temps peu favorables, Blasi, le docte chapelain, meurt à l’âge certes estimable de 72 ans. Lui succède comme chapelain Antoine de Roquefort, qui était justement un brillant élève de Blasi. A la tête de la cité de Tartas le fils de Blasi, Felip, prend la suite. Le jeune homme n’a guère de dispositions mais a néanmoins la qualité notable d’être très fidèle à Aner.
La paix semble revenue, et le duc Guilhem IX part en croisade à Jérusalem le cœur léger en décembre 1101…

Les mois qui viennent se placent toutefois dans la progression des Sarrazins en Espagne, Aner voyant même passer des armées immenses d’infidèles qui ont la louable idée de ne pas s’arrêter sur ses terres. Les Arabes sont installés aux portes de Barcelone, et attaquent la Navarre. Seul reste finalement catholique le duché de Léon. Malgré les inquiétudes Albret continue de vaquer à son quotidien, et Aner voit sa petite-fille Klara se marier avec Robert de Conteville, un jeune et brillant guerrier normand invité à la Cour. Des esprits chagrins moqueront l’union, Robert étant bègue (ce qui ne réduit en rien sa virtuosité au combat) et Klara affublée d’un bec de lièvre.

Au printemps 1102 Aner contracte une maladie. Ce sera sa dernière et il meurt aux prémices de l’été à l’âge déjà avancé de 57 ans…
C’est donc l’heure de Casimir. Le nouveau comte n’est hélas plus le brillant jeune homme qui a émerveillé la cour mais un homme blessé et diminué, qui se passionne pour son jardin et de surcroît se montre soupçonneux. Il cède sa place de maréchal à Robert de Conteville.

Les années sombres continuent, et à l’échec de la Croisade répond le malheur domestique : Gargamel meurt, cédant sa place à un nouvel évêque qui ne survit lui-même que deux ans tandis que Casimir se voit obligé, pour la première fois, de baisser les impôts urbains tant ses relations avec le nouveau bourgmestre Felip sont glaciales.
Guilhem IX disparaît dans le fracas d’une bataille contre le calife Mukhtar I, et son fils Felip lui succède à l’âge de 9 ans. Le jeune souverain fait de Casimir son échanson, ce qui a quelque chose de dérisoire dans l’atmosphère perturbée qu’ils connaissent.

Alors qu’Aner, puis Casimir ont toujours eu comme lointain objectif de s’approprier le comté voisin de Lahourd, c’est l’hypothétique proie qui attaque Albret en 1105. Incapable de lever des troupes suffisantes du fait des épreuves traversées il y a peu, Casimir se voit sauvé par les armées de son suzerain, et l’attaque avortée se conclut par une trève de dix ans.
En 1108 Casimir découvre qu’il est la cible d’un complot particulièrement odieux, puisque sa propre fille Klara en est l’instigatrice. Averti par son maître espion Rogier, il ne réagit pas, espérant au fond de lui-même qu’il s’agit d’une erreur.

Les paysans s’agitent, et l’impôt levé n’est plus ce qu’il a été. Les ponctions se terminent parfois de manière brutale, avec un intendant poursuivi par la foule haineuse.
En 1109 Casimir est croisade, et il reçoit un coup violent, un de plus, lors d’un combat contre les Sarrazins. Déjà affaibli par ses mésaventures passées, il devient totalement incapable de gérer son domaine et doit être placé sous la tutelle d’un régent.

Gras, impotent et grabataire, Casimir doit être lavé par ses domestiques et se révèle même incapable de choisir le moment où il va se soulager.
En 1100, à l’âge de 41 ans Casimir meurt dans son bain, noyé par des domestiques à la solde de Klara…
La comtesse a 23 ans.
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Re: Crusader Kings 2 : le roman

Messagepar Martin » 29 Aoû 2012, 08:27

Nouvelle extension annoncée, consacrée à l'Empire Byzantin, avec apparemment aussi un patch plutôt cool.

NEW YORK – August 28, 2012 – Crusader Kings II: Legacy of Rome is a new expansion which will breathe a dose of hot, spicy, Mediterranean fresh air into the deliciously dark world of the critically acclaimed strategy/RPG, Crusader Kings II. The Byzantine Empire is receiving some tender loving care from Paradox Interactive and Paradox Development Studio with the new expansion pack, which will add a wealth of features to the game and build upon Crusader Kings' glory.

In the rich politics of Byzantium, you'll find your cranky and disgruntled vassals split into factions, which will band together in revolt against your rule (they're getting smarter)! Thankfully, your generals have improved to match them. Legacy of Rome introduces Leader Focus, with generals' skills carrying more importance than ever before. This may prove useful if you have any generals that are (I) competent and (II) not plotting to drown you in a lake.

As for the wealth of features, let's talk about wealth! You'll be able to appoint your very own Orthodox patriarch instead of depending on that miserable old patriarch of Constantinople, plus you'll have greater control over where you demand levies from your vassals, and, of course, indulge in new, Byzantine-specific events and decisions. You'll need your regent to be at the top of their game, so it's a good thing there are now Self-Improvement ambitions for them! It's almost as if not everybody in the kingdom is out to get you.

The last gasp of the Roman Empire is in your hands, dear leader. Try not to screw it up.

This second expansion pack for Crusader Kings II arrives Q4 2012 on all major digital download portals for the suggested retail price of 9,99 USD.


Crusader Kings II: Legacy of Rome Main features:

New Faction System: Join a royal faction and use your allies in the party to enhance your strength and tear down rivals
Raise Standing Armies: You will now be able to use retinues to have standing armies in your domain: the size of which is determined by technology
Experience Factional Revolts: No more easily defeated rebellions. Disgruntled vassals will now band together in revolt against your rule through their faction
Appoint Orthodox Patriarchs: Orthodox kingdoms and empires can now control their own heads of religion and their powers, instead of being dependent on the patriarch of Constantinople
Streamlined Mobilization: You will always raise a single, larger levy from your direct vassal; no need to worry about the opinions of the lower vassals
Leader Focus on Combat: Appoint your generals wisely, their traits and skills are now of vital importance on the field of battle. More commander traits are now added to increase the importance of your choice of military leaders
Byzantium Comes Alive: New sets of decisions and events specifically designed with the Byzantine Empire in mind
Improve your ruler: You can now actively strive to improve your skills or traits through the new Self-Improvement Ambitions
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