Coming Out : ces jeux mésestimés qui sont des chefs d'œuvre

Ca rend idiot mais c'est pas grave on l'est déjà.

Coming Out : ces jeux mésestimés qui sont des chefs d'œuvre

Messagepar Alexis » 10 Juin 2011, 00:41

Vous aimez un jeu éperdument? Mais vous pensez être le seul à l'adorer, à lui reconnaître des qualités extraordinaires dont ni vos amis ni la presse spécialisée ne s'en sont fait l'écho? Vous voulez à tout prix avoir une tribune pour convaincre vos lecteurs de l'intérêt d'un jeu, leur faire découvrir une perle rare ou réhabiliter une œuvre ?
Ce topic est pour vous.
Avatar de l’utilisateur
Alexis
 
Messages: 2341
Inscrit le: 19 Aoû 2010, 20:32
Localisation: Parisse

Re: Coming Out : ces jeux mésestimés qui sont des chefs d'œuvre

Messagepar Shane_Fenton » 10 Juin 2011, 00:49

Je me lance, sans hésitation : Might and Magic 8 !

Voilà ce que j'en disais en d'autres lieux :

Shane_Fenton a écrit:Ouch ! Ça commence mal… Je vous avais pourtant prévenus que je n’étais pas le gardien du bon goût. Voilà donc un jeu qui, à sa sortie, fut massacré par la critique et boudé par le public, avant d’être considéré comme le premier signe de déclin de la série (voire même de la compagnie 3DO). Il faut dire qu’il n’avait pas grand-chose pour lui. Déjà, son prédécesseur, sorti l’année précédente (et par lequel j’ai découvert cette série) était terriblement daté pour l’époque, mais on le lui avait pardonné à cause de ses qualités. Et voilà que le huitième épisode débarque, et ne change absolument rien : toujours la même interface, toujours le même gameplay “à l’ancienne”, et surtout, surtout, toujours les mêmes graphismes antédiluviens, à base de sprites 2D dans des décors 3D anguleux et texturés avec des instruments de chantier, le tout ressemblant à une bouillie de pixels quand on s’approchait de trop près.

Et pourtant… en ce qui me concerne, je n’en avais absolument rien à foutre. Might and Magic VII m’avait conquis, et depuis que je l’avais fini, je voulais encore me replonger dans cet univers. Je n’attendais rien d’autre, juste la même chose, et justement ce huitième opus n’avait que ça à offrir. Mais qu’est-ce que j’ai bien pu lui trouver, à lui ainsi qu’à son prédecesseur d’ailleurs ?

Eh bien, c’est très simple tout en ne l’étant pas : outre leur fidélité aux canons du RPG “à l’ancienne” (notamment en ce qui concerne le scénario, le système de progression des personnages, les combats en tour par tour, et l’univers kitsch), ces deux jeux avaient beau être moches déjà en leur temps, ils étaient malgré tout incroyablement beaux. Attendez, ne partez pas tout de suite, je m’explique : ce que je veux dire, c’est que même si le moteur 3D qui a servi aux deux jeux avait beau être complètement à la ramasse, il s’en dégageait malgré tout un certain charme. D’abord, les couleurs très vives, voire éclatantes : le bleu du ciel, combiné au vert de l’herbe et au blanc des cîmes enneigées, avait quelque chose d’envoûtant. En vérité, j’ai rarement vu un ciel aussi bleu, évoquant mes vacances d’été. Ensuite, et surtout, les cinématiques.

Je ne parle pas seulement de la scène d’introduction, ni des quelques séquences qui ponctuent le jeu afin de marquer le passage vers un nouveau chapitre de l’aventure. Je parle surtout des petites séquences qui se déclenchent à chaque fois qu’on pénètre dans un bâtiment ou un donjon important, et qui représentent justement le bâtiment ou l’on s’appête à entrer. Autant leur modélisation dans le moteur de jeu est atroce, autant (pour certains d’entre eux en tout cas) leur représentation en image de synthèse dans ces scènes cinématiques est d’une beauté à couper le souffle. Combien de temps ai-je passé à les contempler, en me disant : “Ah, le jour où ils feront un Might and Magic avec des graphismes pareils !”, ou d’une manière plus générale, “Ah, le jour où ils nous feront des jeux de rôle avec des bâtiments ou des paysages aussi magnifiques, aussi gigantesques, aussi propices à la rêverie et au merveileux !”… Mine de rien, ces superbes cinématiques aidaient grandement à “rentrer” dans le jeu et à se faire aux graphismes archaïques.

Enfin, je dois mentionner une petite originalité spécifique au huitième épisode : la possibilité pour le joueur d’avoir dans le groupe qu’il dirige des héros peu courants dans les jeux de rôle de l’époque, comme par exemple des trolls, des minotaures ou même des dragons. D’ordinaire, dans ce type de jeux, ce sont plutôt des “monstres”, avec lesquels la discussion n’est pas souvent de mise. Or là, on pouvait carrément les incarner. Et pour peu que l’on acceptait de “rentrer” dans le jeu, ça en jetait. D’autant plus que ces races n’étaient pas là que pour la décoration, mais avaient leur importance dans le scénario global. Naturellement, je me suis là encore surpris à soupirer : “Ah, le jour où je pourrai à nouveau incarner (ou au moins diriger) un minotaure ou un dragon dans un jeu de rôle !”.

Et voilà comment un jeu perclus de défauts, mal considéré et doté, déjà à l’époque, d’une réalisation technique tellement rétrograde que ça en devenait honteux, a réussi à me toucher et à me captiver jusqu’à l’obsession. Je ne parle pas là du temps que j’ai passé dessus, ni d’une pratique compulsive de ce jeu : il n’était pas si long, et il ne m’a jamais “hypnotisé” au point de me faire oublier tout le reste (travail, autres loisirs… ou autres jeux !). L’obsession était ailleurs : dans l’attente d’un Might and Magic beau, ou plutôt dans l’attente d’un jeu qui arriverait à me procurer les mêmes sensations que Might and Magic 7 et 8, mais tout en proposant cette fois-ci la même majesté graphique que leurs cinématiques (ainsi que, tant qu’à faire, la même originalité que le 8 pour ce qui est de l’univers et du choix des personnages à diriger). D’une façon plus générale, je me suis mis à espérer un jeu devant lequel je pourrais me pâmer comme je le fais “en vrai” devant un beau paysage ou un beau bâtiment (un exemple parmi d’autres : la Cathédrale de Strasbourg). A ce jour, bien peu nombreux sont les jeux qui ont réussi ne serait-ce qu’à toucher du doigt cet objectif, les plus proches étant The Witcher et dans une moindre mesure Drakensang.
Gaming Since 198X : http://gamingsince198x.fr/
Par des vieux cons, pour des vieux cons...
Avatar de l’utilisateur
Shane_Fenton
 
Messages: 4217
Inscrit le: 25 Aoû 2010, 15:59
Localisation: Cergy

Re: Coming Out : ces jeux mésestimés qui sont des chefs d'œuvre

Messagepar Sachka » 10 Juin 2011, 00:54

WET

Pour le trip graphique entre cinéma et dessin en trois couleurs, la b.o., les décors superbes, la connasse magnifique qui sert d'héroïne, l'énergie tout en style du gameplay avec le bullet time permanent, les glissades, les pirouettes, la planque dans un cimetière d'avion, et le doublage d'Eliza Dushku.
J'ai adoré ce jeu, et je méprise ceux qui se sont arrêtés à quelques défauts tout nazes.

Image

Image
Avatar de l’utilisateur
Sachka
 
Messages: 4366
Inscrit le: 20 Aoû 2010, 23:19
Localisation: Lyon

Re: Coming Out : ces jeux mésestimés qui sont des chefs d'œuvre

Messagepar Vinz » 10 Juin 2011, 01:00

Image

Doshin The Giant... Sorte de tentative Molyneux-esque un peu foirosse mais assez touchante de la part de Nintendo. Objectivement c'était très mal branlé mais le côté pataud du géant, sa sympathique laideur et l'environnement sonore du jeu m'ont toujours envoûté...
Avatar de l’utilisateur
Vinz
Site Admin
 
Messages: 2162
Inscrit le: 19 Aoû 2010, 14:38

Re: Coming Out : ces jeux mésestimés qui sont des chefs d'œuvre

Messagepar Alexis » 10 Juin 2011, 01:22

intéressant ton texte Shane, mais je ne suis pas du tout familier du genre j'avoue... :shock:

En revanche, j'ai TROP envie de me faire Wet. J'avais joué à la démo et j'avais adoré. Merci Sachka de me rappeler ce jeu.
Avatar de l’utilisateur
Alexis
 
Messages: 2341
Inscrit le: 19 Aoû 2010, 20:32
Localisation: Parisse

Re: Coming Out : ces jeux mésestimés qui sont des chefs d'œuvre

Messagepar Le Yéti » 10 Juin 2011, 08:34

Putain Shane tu aimes M&M VIII ? Hun mais non, pour moi ils ont juste réussi à briser tout la structure du VII, le meilleur à mes yeux, en rendant le système de jeu plus réaliste. D'un coup tout se casse la gueule et tu te retrouves à devoir jouer des classes ultra chiantes sans possibilité de les mixer avec d'autres comme dans le VII. Après, l'univers est sympa et tout mais c'était une grosse déception pour moi.

Donc les jeux que j'adore et qui sont mésestimés :
Might & Magic VII, "Mais c'est moche et kitsch — Mais ta gueule."
Tingle RPG, "Mais c'est chiant et répétitif et c'est pas Zelda — Mais ta gueule."
Meteos, "Mais c'est juste un bête puzzle-game — Mais ta gueule."
La série des Baten Kaitos, "Mais encore un RPG-jap relou — Mais ta gueule."
Final Fantasy XII Revenant Wings "Mais c'est un T-RPG du pire FF sur DS — Mais ta gueule."
Zelda WindWaker "Mais c'est trop enfantin et faire du bateau c'est relou — Meurs dans un feu."
Avatar de l’utilisateur
Le Yéti
 
Messages: 8670
Inscrit le: 20 Aoû 2010, 14:38
Localisation: Bordeaux

Re: Coming Out : ces jeux mésestimés qui sont des chefs d'œuvre

Messagepar NiKoaLa » 10 Juin 2011, 09:01

Bon un chef d'oeuvre qu'on ne cite jamais, qui est pourtant contemporain de Sonic, Mario, etc. et qui est à mon avis un des plus grand jeu de plateforme aventure c'est Quackshot, sur megadrive (devant Mickey Castle of illusion et Kid Chameleon c'est dire). C'est l'ancêtre de Tomb Raider mais avec Donald et en 2D ...Il vous faut quoi de plus...

Dans les Blockbusters qui ont déçu et qui méritent pourtant d'être réhabilités je citerai aussi Farcry 2...alors oui le respawn est chiant, gnagna la malaria, gnagna le scénario...mais franchement ce jeu est fantastique...you haters
Avatar de l’utilisateur
NiKoaLa
 
Messages: 452
Inscrit le: 22 Oct 2010, 20:59
Localisation: Toulouse

Re: Coming Out : ces jeux mésestimés qui sont des chefs d'œuvre

Messagepar roger » 10 Juin 2011, 09:55

Il y a un jeu auquel je voue un véritable culte et dont je ne connais pas d'équivalent : Birthright (1996).


http://www.mobygames.com/game/birthrigh ... creenshots


Ce jeu est la synthèse dont je rêvais en tant qu'amateur de jeux de rôle, de gestion et de stratégie : le mélange de tout ça en un seul.
La carte est divisée en plein de petits territoires dirigés par des princes de nature différente (selon la classe, le sexe, la race, l'alignement...). Chacun a une certaine autonomie, peut être ennemi, allié, vassal ou suzerain. Potentiellement je pense qu'on peut s'allier à tous ou presque, sauf le Gorgon, qui est le gros méchant qu'il faut terrasser (il est à l'Est :D).

On peut gérer le développement de chaque territoire qui forme son royaume (avec magie, argent, potentiel militaire, fortifications).
On peut créer son armée (attention à rester dans les limites budgétaires)
On peut envoyer son héros et ses vassaux sur le champ de bataille pour combattre au milieu des armées (les mages peuvent lancer des sorts).
Le même héros et les vassaux peuvent aussi aller en expédition dans des donjons, où ils pourront retrouver de temps à autres les princes que l'on voit sur la carte stratégique. Le but de ces expéditions est de retrouver des artefacts dont la puissance sera décisive.

Bref ce qui est très fort est le mélange des genres, chaque partie du jeu nourrissant les autres. Le joueur est à la fois un "dieu" qui affecte la destinée du monde en manipulant des masses (hommes, richesses) mais aussi un mortel qui peut mourir bêtement écrasé par un mur en explorant un donjon :D.

Le jeu avait quelques défauts (des bugs mineurs) mais il était extrêmement bien équilibré, commençant facilement puis devenant difficile à gérer avec des flots et des flots de squelettes puissants venant de chez le Gorgon.
Le jeu poussait le joueur à se préparer à cette invasion massive en s'alliant ou en conquérant ses voisins.
L'aspect "personnalisé" du jeu permettait aussi de mettre fin rapidement à un conflit en se focalisant sur le souverain (comme dans Medieval Total war que j'aime beaucoup aussi).

Probablement trop riche et complexe, ce jeu qui a dû demander beaucoup de travail n'a pas eu le succès escompté, ni la suite envisagée.
Dernière édition par roger le 10 Juin 2011, 10:48, édité 2 fois au total.
Avatar de l’utilisateur
roger
 
Messages: 2104
Inscrit le: 07 Mai 2011, 21:43

Re: Coming Out : ces jeux mésestimés qui sont des chefs d'œuvre

Messagepar Le Yéti » 10 Juin 2011, 10:08

C'est ignoblissime, ça a l'air génial ! Faut que j'essaye de choper ça !
Avatar de l’utilisateur
Le Yéti
 
Messages: 8670
Inscrit le: 20 Aoû 2010, 14:38
Localisation: Bordeaux

Re: Coming Out : ces jeux mésestimés qui sont des chefs d'œuvre

Messagepar Pierrec » 10 Juin 2011, 10:41

Totalement d'accord NiKoala pour Quackshot, d'ailleurs, je n'ai jamais compris le culte voué par ailleurs à Castle of Illusion que je trouve nettement moins bon...sans même parler du jeu, du gameplay ou quoi : Un jeu avec Mickey franchement...y'a-t-il un seul personnage plus ennuyeux que Mickey? Attendez, tout le monde à lu des Mickey Parades, des Super Picsou Géant etc, franchement, pourquoi il les lisaient ? Pour les bidonnantes aventures de Donald ou pour les navrantes aventures d'une souris détective?

Sinon, dans le genre rétro, j'ai en tête pas mal de chef d'œuvres mésestimes. Le premier qui me vient à l'esprit est Soleil, que je viens de me refinir. Soleil est un action-RPG sorti sur megadrive qui n'a qu'un seul défaut : être contemporain à Zelda.
Alors forcement, il s'est tout de suite imposé comme étant le sous-Zelda, le Zelda de la megadrive, le Zelda des pauvres. Alors qu'il est en réalité très différent et mérite tout autant d'estime. Soleil est plus facile, plus enfantin que Zelda, on n'y utilise pas des objets, mais des animaux, aux pouvoirs divers. Bien que ce soit très original, je comprend que ce côté Kawaï puisse agacer, mais parallèlement, le scénario de Soleil est beaucoup plus chiadé, et parvient à être simple et profond à la fois. On y combat Dieu, on revient dans le temps pour corriger des erreurs du passé, le but n'étant pas d'éliminer tous les monstres, mais de réussir à rendre la paix sur le monde, et protéger les monstres des humains égoïstes et sans pitié. Il y a même un boss à un moment, Maman Monstre, la mère de tous les monstres, qui est représenté par un gros coeur qui ne se défend même pas, qui pleure, et qui se fait trucider en quelques secondes par le "héros". C'est fort.

Dans le beat'em up, il y a Battletoads, uniquement célèbre pour son niveau 3 quasiment impossible et son mode deux joueurs affligeant, mais qui est une vraie merveille à un joueur.
Il y a aussi Gunstar Heroes que je n'ai jamais eu l'occasion de croiser en cartouche de ma vie, et qui est pourtant le meilleur jeu de tir beat em up de la MD, avec un mode de joueur d'une frénésie jamais vue.

Enfin, en plateformes il y a RocketKnight, qui souffre du même mal que Soleil, puisqu'il a pour sa part été considéré comme un "sous-Sonic", alors que là encore, son gameplay n'a strictement rien à voir, et que le jeu est sans doute un des plus beaux de Konami sur MD.

Plus tard, sur PC, il y a Planescape Torment et Sanitarium, qui, s'ils ont toujours eu les critiques dans leur poche, n'ont jamais vraiment atteint le public qu'ils méritaient. Un RPG et un jeu d'aventure aux meilleurs scénarios et narration qui soient.

Plus récemment, il y a évidemment tous les jeux indés dont je parle sur l'oujevipo http://oujevipo.fr
Avatar de l’utilisateur
Pierrec
 
Messages: 479
Inscrit le: 31 Mai 2011, 22:45

Re: Coming Out : ces jeux mésestimés qui sont des chefs d'œuvre

Messagepar Pierrec » 10 Juin 2011, 10:44

Ah oui, il y en a un autre qui me tient à coeur et que j'ai oublié : D sur playstation. Un jeu tombé dans l'oubli surtout parce que son titre est difficilement indexable par les moteurs de recherche. Un jeu d'horreur qui m'a véritablement terrifié gamin, où il s'agit de rentrer dans un hôpital tordu généré par le cerveau de son père psychopathe pour finalement tuer son père, le tout en moins de deux heures irl. J'en tremble encore, et pourtant, je ne faisais que regarder mon ami jouer sans jamais tenir la manette.
Avatar de l’utilisateur
Pierrec
 
Messages: 479
Inscrit le: 31 Mai 2011, 22:45

Re: Coming Out : ces jeux mésestimés qui sont des chefs d'œuvre

Messagepar Le Yéti » 10 Juin 2011, 10:49

Le Quackshot était fabuleux mais bien trop dur pour mon non-talent aux jeux de plate-forme. Alors que le Castle of Illusion est parfait.
Avatar de l’utilisateur
Le Yéti
 
Messages: 8670
Inscrit le: 20 Aoû 2010, 14:38
Localisation: Bordeaux

Re: Coming Out : ces jeux mésestimés qui sont des chefs d'œuvre

Messagepar Zure » 10 Juin 2011, 10:49

+1 sur Quackshot et Soleil.

Sinon dans les jeux récents, l'un des grands jeux sous-estimés, c'est la série Resistance qui est fabuleuse et aussi The Godfather 1 en version PS360. Vu que j'ai écrit dessus sur mon blog j'ai pas envie de me faire chier à le refaire. :lol:
Avatar de l’utilisateur
Zure
 
Messages: 11840
Inscrit le: 19 Aoû 2010, 16:14

Re: Coming Out : ces jeux mésestimés qui sont des chefs d'œuvre

Messagepar Nano » 10 Juin 2011, 12:30

Une bafouille que j'avais écrit sur Grospix :

CALL OF CTHULHU : DARK CORNERS OF EARTH (XBOX, PC)

Image

Des ombres torrentielles, rouges et visqueuses, se poursuivaient, haletant et glissant, dans les corridors infinis du ciel violet et zébré d'éclairs... phantasmes sans forme, dessins d'un kaléidoscope vampirique... forêt de chênes monstrueusement nourris dont les racines en forme de serpent se tordaient, aspiraient d'innommables sucs dans la terre grouillante de démons cannibales... tentacules en forme de tertres, nés d'un noyau souterrain de pourriture perverse... éclairs de folie sur des murs couverts de lierre malsain... galeries démoniaques éclairées par une végétation putride...
H.P. Lovecraft

Fantasmes du geek ultime, forcément élevé au grain à coups de Montagne Hallucinées, de Couleurs tombées du ciel ou d'Appel de Cthulhu, les adaptations vidéo ludiques de Lovecraft (comme leurs homologues des salles obscures) ont souvent été des projets manqués, ou difficiles à mettre en place.
Tablant avant tout sur l'ambiance, sur l'indicible, sur le non-vu, la peur chez H.P. Lovecraft et son Mythe de Cthulhu est une gageure pour n'importe quel game designer. Même si certains softs (Alone in the Dark , Prisonner of Ice et surtout Shadow of the Comet ) ont réussi à rendre à peu près palpable l'atmosphère d'Arkham où des différents lieux du mythe, il manquait encore le jeu ultime, qui permettrait de vivre la folie indescriptible et la peur moite des écrits du maitre de Rhode Island.

Quelques batailles juridiques et la licence de L'appel de Chtulhu (pour mémoire le jeu de rôle papier basé sur l'univers de Lovecraft) passe d'infogrames (Alone in the Dark ) à un tout petit studio, Headfirst, créé en 1998 par Mike et son fils Simon Woodroffe (anciennement Adventure Soft.). Bethesda commande alors à Headfirst une exploitation complète du Mythe de Chtulhu à court terme.
Seront mis en chantier quatre jeux :
Le Third person shooter teinté de RPG :
Call of Cthulhu: Destiny's End
Le dyptique :
Call of Cthulhu: Dark Corners of the Earth
Call of Cthulhu: Beyond the Mountains of Madness
Et le mystérieux :
Call of Cthulhu: Tainted Legacy (sur PS2... si quelqu'un a des infos là dessus...)

Chaque jeu ira piocher dans une nouvelle précise de Lovecraft son scénarii de base. Et développera un gameplay bien particulier.
Le futur, on le connait. Une sortie calamiteuse de Dark Corners of Earth sur Xbox (puis sur PC) fin 2005 après moults retards... un gouffre pour Bethesda et surtout pour Headfirst qui n'y survivra pas. Le studio dépose le bilan en février 2006 et les deux projets en cours sont abandonnés illico.


Jack Walters, le protagoniste que Dark Corners of Earth vous permettra d'incarner, n'est pas à proprement parlé le héros d'anthologie lovecraftien. Il est plus physique que cérébral, et malgré un aspect torturé des ménages indéniable, il fait plus penser à un Nicholson dans Chinatown qu'à Sam Neil dans In the Mouth of Darkness.
Jack Walters donc était un policier connu pour avoir résolu un certains nombres de cas sans aucun preuve... faisant souvent montre de faculté mentales hors du commun... Facultés mentales qui l'amèneront directement à l'asile après un dédoublement de personnalités dangereux lors d'une enquète à Boston (Massachusetts).
Quelques années d'enfermement après, la double personnalité de Jack a disparu. Il est relaché et s'installe pèpère comme detective privé indépendant, rompu aux divorces et autres cas de forces majeurs.
Jack aurait certainement sombré dans une alcoolémie aggravée si une nouvelle affaire n'allait pas clore son destin. Il est appelé à retrouver une personne disparue dans une petite bourgade portuaire de Nouvelle-Angleterre... Innsmouth.


Tout le génie d'Headfirst est d'avoir tablé absolument tout sur ce qui fait tout le croustillant d'une nouvelle de Lovecraft : L'AMBIANCE !!!!!
Rien ne manque : Brouillard, Nouvelle Angleterre entre les deux guerres, éclairages publiques électriques vieillissants, port de pèche sale et humide, odeur de poisson pourrie, personnage atypique aux mines patibulaires, cultes ésotériques aux divinités millénaires et aux prières incompréhensibles... Non franchement, Dark Corners of Earth, niveau ambiance c'est un rêve de Geek matérialisé !

Le deuxième coup de génie d'Headfirst, c'est sur la forme. Dark Corners of earth, malgré ce que peuvent suggérer les screenshots qui pullulent sur la toile comme dans cet article, ce n'est pas un FPS ! Mais alors pas du tout. C'est un FPA, un First Person Adventure, avant tout !
Sur une durée de vie d'environ 11 heures, DCOE est découpé comme suit :
4 à 5h d'enquête policière, de filatures, de recherche d'indices, de résolutions d'enigmes, d'observations dans un environnement libre (le bourg d'Innsmouth)
1 à 2h de fuite endiablée, au gameplay d'infiltration saupoudré de Die & Retry.
3 à 4h de FPS pur et dur, sous forme de scènes d'actions extrêmement scriptées et scénarisées.

Les mécanismes de la peur, pour Headfirst, passent par plusieurs éléments d'interactions directes avec le joueur.
Tout d'abord, l'ambiance visuelle et sonore (comme c'est souvent le cas avec les survival) donnent tout de suite le ton. C'est sale, c'est crade, c'est brumeux, ça pue; on marche souvent sur des trucs gluants qui font scrouitch... on a toujours l'impression d'être observé (à ce titre, l'impression de claustrophobie mêlé de paranoïa lors de nos enquêtes dans Innsmouth est une absolue réussite qui tient grâce à une alchimie divinement maitrisée !!), et l'absence de musique plus des bruitages équivoques finissent de donner le ton.
L'absence totale de HUD ensuite demande une certaine rigueur au joueur. Sur PC, le son des battements du coeur est une donnée importante sur l'état de santé physique et mental de Jack (sur Xbox, les vibrations en plus). Vous avez bien lu, il faut aussi, à l'image du JdR papier, gérer son état de santé mental. Jack n'étant déjà pas tout seul dans sa tête à la base, il faudra veiller à ne pas complètement péter les plombs à la vue de certaines choses.... contre nature. Les premiers symptômes des délires de Jack se traduiront par quelques filtres graphiques disgracieux, et pourront aller jusqu'à la perte des contrôles voire le coma ! Lors d'une phase d'enquête ou d'une discussion, ça pourrait encore aller, mais en plein combat, c'est franchement pas le pied.
De la même manière il faudra prendre soin de notre anti-héros dans toutes les situations et avoir recours à votre Brevet National de Secouriste pour bander, strapper, garotter ce pauvre Jack via une interface médicinale qui rappelle furieusement celle récemment ré-utilisée dans Alone in The Dark V d'Eden Studios. Il ne sera pas rare de trainer un héros à moitié fou, boitant et pissant le sang des oreilles dans les rues d'Innsmouth la bave aux lèvres.... tout un programme.

Les phases d'enquêtes et de résolutions d'énigmes font furieusement penser à du point & click facile. Le génie d'avoir placé ce gameplay en introduction du jeu (même si cela a fait fuir plus d'un bourrin), c'est de donner au joueur une fausse impression de tranquillité et de sécurité dans les rues d'Innsmouth. On fait les choses à son rythme... on enquête sur cette mystérieuse disparition, on commence à entendre parler de communautés sectaires, de rituels maudits, de poissons pourris... On se croit en sécurité avec un colt dans la poche, et le misérabilisme apparent des autochtones... puis on sent qu'on dérange. Les portes se ferment quand on arrive, les volets s'entrouvrent lorsqu'on se ballade dans les sombres ruelles, les langues se nouent... On dérange.
Et pendant une nuit de sommeil torturé dans cet hôtel miteux....

...Le jeu bascule dans un splinter cell version Cthulhu où il va falloir fuir à tout prix vos assaillants. Le jeu met la pression, on est à bout de souffle, et chaque moment de répit sera considéré par le joueur comme une bénédiction divine... Quelle brillante transition de la part d'Headfirst avant de balancer son soft dans le FPS pur, avec le lot de défauts qui ont maints fois été reprochés à DCOE dans la presse. A savoir une maniabilité pas toujours efficace (mais partiellement volontaire), une réalisation globale complètement à la masse...
Il faut juste savoir que si cette dernière partie du jeu n'est pas la plus intéressante, sa mise en scène reste toujours sans aucune faute de gout de la part des designers, que la some de lieux visités est un vrai fantasme incarné pour tout amateur de Lovecraft (lieux de cultes infames à flanc d'océan, Temple de Dagon, Bibliothèques millénaires des Grands Anciens...), et que la fin vaut son pesant de cacahuètes !!

Le jeu coute maintenant une broutille. La version Xbox est retrocompatible sur 360 (c'est même un peu plus joli, mais il parait qu'il reste quelques bugs...). La version PC est évidemment la plus belle mais je ne l'ai pas testé personnellement.


Vous voulez en savoir plus ?
- A l'origine l'histoire de Dark Corners of Earth devait nous emmener dans de nombreux pays différents
- Le jeu devait être jouable à 4 en coopération ( les personnages que l'on pouvait incarner étant : Jack Walters, Ruth Billingham, Sergent Pelkie, et Mackey)
- Le jeu est sorti buggé à mort sur PC et aucun patch officiel n'a jamais vu le jour. Toutefois, on peut trouver quelques bugs fixs amateurs permettant de passer les plantages les plus gênants.
- Pendant la partie "Aventure" du jeu, n'hésitez à vous arrêter deux minutes et à observer l'entourage. A travers les fenêtres, sur les toits, vous aurez alors peut etre la chance d'apercevoir quelques innommables créatures des profondeurs... ils vous observent déjà !!!!
Avatar de l’utilisateur
Nano
 
Messages: 2982
Inscrit le: 27 Aoû 2010, 13:52
Localisation: Paris

Re: Coming Out : ces jeux mésestimés qui sont des chefs d'œuvre

Messagepar Martin » 10 Juin 2011, 12:42

Cthulhu j'ai envie de le faire depuis longtemps, mais s'il faut éviter la version PC...

Après je sais pas si j'ai vraiment des jeux cultes mal aimés par tout le monde... J'aime beaucoup Luigi's Mansion et Mario Sunshine. Je trouve que pour ce que j'en ai vu Mafia 2 vaut mieux que sa réputation. Nier est trop méconnu. Mais bon ce sont des jeux qui ont tous leurs défenseurs.

Je trouve Michigan absolument fascinant. Y'a un long billet sur mon blog à son sujet. Les Penumbra aussi sont trop méconnus, et je les préfère à Amnesia.


Bon j'ai un peu honte de ne pas développer, là, à côté de vos jolis posts...
Avatar de l’utilisateur
Martin
 
Messages: 12939
Inscrit le: 19 Aoû 2010, 14:09
Localisation: 75018

Re: Coming Out : ces jeux mésestimés qui sont des chefs d'œuvre

Messagepar Pierrec » 10 Juin 2011, 12:55

Il y avait un jeu d'aventure Call of Cthulhu sur pc qui commençait dans un sous-marin aussi. J'ai jamais réussi à remettre le doigt dessus, et je n'en sais pas plus car je n'ai jamais réussi à sortir de ce sous-marin, une grosse bestiole me bouffant a chaque fois que je passais sa porte, et au bout d'un moment ben...je n'avais jamais d'autre choix que de la passer cette porte.
J'ai retrouvé, c'est Prisoner of Ice : http://www.youtube.com/watch?v=KCEy3m_R1kA
Le mec dans sa cabine qui crie "Kaa Naam Fta'n Cthulhu m'a traumatisé..à vie.
Avatar de l’utilisateur
Pierrec
 
Messages: 479
Inscrit le: 31 Mai 2011, 22:45

Re: Coming Out : ces jeux mésestimés qui sont des chefs d'œuvre

Messagepar Le Yéti » 10 Juin 2011, 12:58

Le Dark Corners of the Earth m'a toujours intrigué (gros fan de Lovecraft et quelque part persuadé que son art est intranscriptible à un autre médium), ainsi que le Prisoner of Ice. Faut que je me les fasse.
Avatar de l’utilisateur
Le Yéti
 
Messages: 8670
Inscrit le: 20 Aoû 2010, 14:38
Localisation: Bordeaux

Re: Coming Out : ces jeux mésestimés qui sont des chefs d'œuvre

Messagepar Nano » 10 Juin 2011, 13:43

Pierrec a écrit:Il y avait un jeu d'aventure Call of Cthulhu sur pc qui commençait dans un sous-marin aussi. J'ai jamais réussi à remettre le doigt dessus, et je n'en sais pas plus car je n'ai jamais réussi à sortir de ce sous-marin, une grosse bestiole me bouffant a chaque fois que je passais sa porte, et au bout d'un moment ben...je n'avais jamais d'autre choix que de la passer cette porte.
J'ai retrouvé, c'est Prisoner of Ice : http://www.youtube.com/watch?v=KCEy3m_R1kA
Le mec dans sa cabine qui crie "Kaa Naam Fta'n Cthulhu m'a traumatisé..à vie.


Yep, Prisonner of Ice. Il est pourtant pas très dur, mais c'est un point'n click très sympa :)
Dans les oldies PC, le best of the best des adaptations de Lovecraft ça reste :
Image

Mais ce jeu, il a rien à faire dans ce topic. Tous ceux qui y ont joué ont surkiffé, parce qu'il est surkiffable. C'est tout :mrgreen:
Avatar de l’utilisateur
Nano
 
Messages: 2982
Inscrit le: 27 Aoû 2010, 13:52
Localisation: Paris

Re: Coming Out : ces jeux mésestimés qui sont des chefs d'œuvre

Messagepar Zure » 10 Juin 2011, 13:45

Shadow Of The Comet c'est le fire, je l'avais fait sur le PC d'un pote. Génial ce jeu. 8-)
Avatar de l’utilisateur
Zure
 
Messages: 11840
Inscrit le: 19 Aoû 2010, 16:14


Retour vers Jeux vidéo

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant actuellement ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 4 invités