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The Witcher III : Wild Hunt

Vivre avec la guerre

Le monde de The Witcher 3 est traversé par de multiples visions de la guerre. Les réfugiés et déserteurs errent dans de vastes no man’s land, les champs sont cabossés par les combats et les royaumes perpétuellement en lutte, plus ou moins larvée. Ce panorama rappelle l’histoire tourmentée de la Pologne qui a profondément marqué les développeurs de CD Projekt et leur source d’inspiration Andrzej Sapkowski. Attention : spoilers à l’intérieur.

« L’âme polonaise ne trouve pas la paix. Elle erre entre l’Est et l’Ouest. Entre l’intrusion et la trahison. Elle sait qu’elle a été baptisée, mais elle n’a jamais vraiment cru en son immortalité. C’est peut-être pour cela que le passé nous préoccupe tant et que nous ne pensons à l’avenir qu’à contrecœur ou avec crainte. Voire pas du tout. Nous allons massivement à l’église à Pâques, mais notre véritable fête, c’est le 2 novembre, le jour des défunts », souligne l’écrivain polonais Andrejv Stasiuk.

Le monde de The Witcher 3 exhale une sourde mélancolie que rien ne semble pouvoir apaiser. Tout au long de la journée, seuls quelques rayons de soleil réussissent à percer les clairières de Velen. Cette région écorchée par la guerre se partage entre un marais inhospitalier et un bocage généreux qui épouse les ondulations du relief. Quelques familles y survivent, les gamins dépenaillés disputant aux vieillards apeurés les rares denrées disponibles. Les plus chanceux ou valides ont déjà rejoint Novigrad, la capitale, qu’un avant-poste frontalier isole du reste du monde. Les réfugiés qui s’y pressent sont triés par les gardes. Les familles éconduites ne sont pas seulement rejetées sur les routes, elles sont aussi livrées au règne crapuleux du baron rouge, créancier du désespoir et de la ruine. Sur ces contrées désolées, le héros Geralt de Riv se déplace en paladin solitaire. Membre d’une confrérie d’hommes honnis, il vit en marge de la société. Sa seule motivation : la recherche de contrats lucratifs pour tuer des monstres. Spectateur plus qu’acteur des tragédies qui l’entourent, il enveloppe le monde de son mutisme.

La guerre telle qu’elle est

Un tel univers n’a pas besoin de Geralt pour laisser une sombre impression. Jamais l’histoire d’un monde n’a paru autant peser sur ses habitants. Les champs boueux, cahoteux, jonchés d’oriflammes et de harnais renversés, résonnent comme les Verdun d’un autre temps. Les bourgs de Velen décimés par les combats ont été réinvestis par les brigands ou les monstres. Les orphelins, guettés par des loups affamés ou des bandits de passage, se terrent dans les rares maisonnettes encore salubres. Les personnages de The Witcher 3 sont écrasés par leur passé, ballottés par l’Histoire, la grande, celle qui planque les tragédies derrière les épopées des grands hommes.

« Nous avons voulu montrer la guerre telle qu’elle est vraiment : impitoyable et horrible. Alors que les combats sont souvent au cœur même de l’histoire et du gameplay, les jeux vidéo présentent une vision aseptisée et stérile des conflits armés. C’était quelque chose que nous voulions éviter », explique Jakub Szamałek, le scénariste du jeu, dans une interview qu’il nous a donnée fin 2015 : « Si nous décidons d’aborder un sujet difficile, nous le faisons sérieusement ou nous ne le traitons pas. Nous réalisons des jeux adultes pour les joueurs adultes, qui attendent que nous les traitons comme tels. » Au-delà de ces explications corporate, il est permis de fouiller un peu. Le récit de The Witcher 3 ne puiserait-il pas également dans l’environnement des développeurs et d’Andrzej Sapkowski, l’écrivain qui inspiré le jeu, c’est-à-dire dans un rapport traumatique à l’histoire ?

La mémoire collective est-elle soluble dans le jeu vidéo ? Les conventions du game design peuvent-elles s’affaisser sous le poids de l’histoire ? De telles questions semblent saugrenues tant les combats, la violence et la destruction font office de valeurs refuge dans le jeu vidéo. Depuis quelques années cependant, cette problématique sédimente la nouvelle scène indé. Pour nombre de développeurs, la violence ne doit plus être gratuite mais porteuse de sens. Un changement de style que les créateurs issus d’ex-pays dévastés embrassent plus facilement, y compris dans le AAA. L’auteur japonais de Drakengard Taro Yoko, a dernièrement avoué avoir été mal à l’aise avec l’idée de faire prévaloir la violence sur d’autres choix. Sa solution : puiser dans le registre de la folie pour justifier l’enchaînement des combats. Partie du défouloir, la violence devient une matière réflexive. Les combats sont conduits par des fous parce que la guerre est elle-même une idée folle. Yoko avoue son impuissance à aller au-delà : « Peut-être que les solutions aux contraintes du medium ne peuvent pas être trouvées dans un pays comme le Japon, qui est relativement calme, mais dans les pays qui sont plus directement touchés par le terrorisme et la guerre . » La Pologne est justement un des rares pays où l’histoire est encore d’actualité. Ses habitants y trouvent continuellement matière à controverse. Ils se refusent ainsi à clore leur douloureux passé, que les dérives autoritaires du gouvernement polonais actuel semblent prolonger indéfiniment.

Un discours distancé sur la guerre

Dans la série The Witcher, les royaumes du Nord (Témerie, Rédanie, Aedirn, etc.) sont perpétuellement en guerre. Dans le second opus, le sorceleur Letho, est instrumentalisé par l’empire nifgaardien en vue d’assassiner les rois du Nord et d’ouvrir la voie à une invasion. Cet événement évoque immanquablement plusieurs épisodes de l’histoire polonaise. En 1919, la Russie avait en effet exploité un conflit de frontières entre la jeune république, l’Allemagne et la Tchécoslovaquie pour déclarer la guerre à la première. Mais l’ombre de l’Allemagne nazie, qui a ourdi un complot pour envahir la Pologne en 1939, plane aussi sur le jeu… Dans The Witcher 3, l’empire nifgaardien attend l’affaiblissement des royaumes du Nord comme le prédateur guette sa proie.

Après l’assassinat de Radovid, Dijkstra, qui veut se saisir du trône, envisage de sceller un pacte avec les autres royaumes afin de gagner la guerre contre le Nifgaard. Les barons de la Temerie, royaume morcelé ressemblant à l’actuelle Pologne, sont opposés à cette stratégie. N’ayant aucune confiance en Djikstra, ils entendent négocier avec l’empire nifgaardien pour protéger la Temerie. Sommé de choisir son camp, Geralt sera forcément plus porté à se rallier aux barons, ne serait-ce que parce que Vernon Roche, homme de main du roi de la Témérie, qui l’a secouru en d’autres occasions, inspire davantage confiance que l’espion Djikstra. Mais comment Geralt peut-il prendre parti pour un empire arrogant et belliqueux ? C’est oublier que le Nifgaard s’éloigne des caractéristiques de l’Allemagne nazie. S’il conquiert des territoires, c’est moins pour éliminer des populations que pour les assimiler. Comme l’explique le participant d’un forum sur Reddit, « la politique de tolérance et d’assimilation de l’Empire s’apparente à celle de l’empire romain et son acceptation des langages elfiques rappelle les dirigeants de la Renaissance et la recherche d’un retour vers l’Antiquité ». Cette forme d’empire éclairé, qui n’a jamais vraiment existé, justifie probablement la philosophie mélancolique et désenchantée de la saga : « S’il n’est plus possible de faire le bien, faisons le moindre mal. » Il sert aussi à asseoir une certaine complexité morale : dans un monde ravagé, comment reconquérir la coexistence pacifique entre les hommes ? Sans apporter de réponse définitive, The Witcher 3 met en balance le prix de la paix avec celui de la guerre et nous place face à une question éternelle : les hommes sont-ils condamnés à se faire la guerre ?

Il peut paraître étonnant de tuer des centaines d’ennemis tout en préparant la paix. Mais les développeurs de CD Projekt gèrent le même paradoxe que Taro Yoko : comment faire un jeu pacifiste dans une industrie qui brasse des millions sur des routines de jeu violentes ? Dans The Witcher 3, le message est clair : il faut sauver la paix à tout prix car la guerre n’est qu’échec ; elle ne saurait conduire à la paix. Seul le compromis entre les hommes permet de sortir de l’ornière. Un tel message peut paraître évident mais il ne l’est pas du tout dans un medium fondé sur l’apologie de la guerre au nom de la défense de l’Occident. Dans les jeux de guerre, le déchaînement de violence est traditionnellement justifié par l’imminence et l’intensité du péril qui se dresse devant nous. Si les terroristes moyen-orientaux de Call of Duty : Modern Warfare et leur projection imaginaire – le barbare extra-terrestre de Gears of War ou de Resistance : Fall of Man –, constituent « le mal absolu », c’est parce qu’ils font figure de « grand autre » qui dispute les prétentions « universalisantes » de l’homme blanc. Un schéma à mille lieux de The Witcher 3 où la guerre est moins un discours qu’un état, moins l’affaire des héros que celle des peuples. Derrière le long run victorieux, se cache une succession d’épreuves qui maltraitent la condition humaine.

Un rapport ambigu à la violence

Pour autant, le jeu n’est pas d’une clarté absolue sur tous les aspects. Tout en pointant les ravages de la guerre, il entretient un rapport ambigu à la violence. Par exemple, la série opère une distinction contrariante entre les honnêtes combattants et les « déserteurs ». Dans le sens commun, les déserteurs sont aussi ceux qui ont fui la guerre pour ne pas s’associer à des brutalités. Pour CD Projekt, non seulement ils ont trahi leur armée mais en plus, ils pillent et terrorisent les populations civiles. Les développeurs nous imposent leurs catégories morales : les déserteurs méritent l’opprobre car ils ont refusé de combattre pour leur patrie : « Dans The Witcher 3, face à une défaite certaine contre l’empire nifgaardien apparemment invincible, les armées du Nord, devraient être confrontées à des désertions massives. Dans ces conditions, est-il juste de supposer que ces ex-combattants seraient tous voués comme un seul homme au vol et à la criminalité ? (… ) Lorsque vous faites face à ces déserteurs sur le terrain, les icônes du jeu les désignent comme "déserteurs" et jamais comme "paysans" ou "bûcherons". Le jeu met en place leur dénigrement », explique Yussef Cole sur Fiery Screens .

Cependant, peu de jeux nous parlent de façon aussi frontale des conséquences de la guerre. Les jeux de stratégie Blitzkrieg nous immergent sur la ligne de front mais les scènes de dévastation qui suivent les combats retombent aussitôt dans le brouillard de guerre. Les Call of Duty, d’abord orientés sur la Seconde Guerre mondiale, ont migré vers l’époque contemporaine, tout en s’enfermant peu à peu dans les rituels compétitifs du mode multi. Quant au mémorable Spec Ops : The Line, il faisait jusque-là office d’exception salvatrice… qui s’est mal vendue. Puis en 2015, The Witcher 3 et This War of Mine, se placent du côté des civils. Ce n’est sans doute pas un hasard si ces deux jeux sont polonais.

Le souvenir de la Seconde Guerre mondiale

« Le souvenir de la Seconde Guerre mondiale est certainement plus frais en Pologne que dans l’Europe occidentale. Je suppose que cela s’explique parce que ce conflit a pris une tournure particulièrement horrible dans notre partie du continent – et ses conséquences se sont ressenties durant des décennies. Pas étonnant alors que ces épisodes imprègnent les livres de Andrzej Sapkowski, et par conséquent notre travail », souligne Jakub Szamałek. En Pologne, la Seconde Guerre mondiale n’a pas cessé avec la « libération » du pays par l’armée rouge en 1945, qui a mis le pays en coupe réglée. Les bourreaux du massacre de Katyn ne pouvaient pas soudainement se muer en libérateurs. Des milliers de Polonais sont morts dans les camps soviétiques à la fin de la guerre et l’Union soviétique a imposé au peuple un régime autoritaire des décennies durant. Les traumatismes laissés en héritage ont fait dire à un citoyen polonais interviewé par Le Monde Diplomatique  : « Ici, la Seconde Guerre mondiale s’est arrêtée l’année dernière ».

Au cours de ses incursions dans l’openworld, Geralt est confronté à l’impossibilité du retour à la vie normale. Le héros peut sauver les orphelins des griffes des loups, et libérer les marchands des cages des bandits. Il peut rendre le quotidien de certaines personnes moins misérable, mais il demeure impuissant à changer la destinée de son peuple. Comme ses camarades, il semble emporté par les turpitudes de la grande histoire. Dans the Witcher 3, le quotidien le plus banal peut réveiller le spectre de la guerre. Comme le détaille Chris Suellentrop, critique sur le site Glixel.com, il y a beaucoup « de quêtes secondaires dans The Witcher 3 qui dépeignent l’adultère la trahison ou s’achevent en tragédie. Dans une scène, Geralt déniche une perle noire pour sceller les retrouvailles entre un homme et une femme. Dans un jeu Bethesda ou BioWare, il serait amené à son retour à retrouver un couple heureux. Au lieu de cela, Geralt apprend que la femme est atteinte de démence et que c’était une tentative infructueuse pour qu’elle reconnaisse son mari. » Marcin Iwinski, le co-fondateur de CD Projekt y voit la marque de l’Europe de l’est : « Notre histoire a fait des ravages. Et cela se reflète dans notre littérature, dans notre cinéma et dans ce que l’on enseigne aux enfants. Ma grand-mère a survécu à la Seconde Guerre mondiale. Elle a échappé à un convoi nazi et ils se sont cachés dans les villages pendant quelques mois. « … » Cela laisse quelque chose en vous. « … » Quand vous regardez le monde, vous gardez ceci dans un coin de votre tête. »

La tragédie décime des familles et enlève les hommes, mais elle les fédère aussi dans la douleur. Quand il revoit Letho, sorceleur en cavale à la suite de son ancienne trahison au bénéfice de l’empire, Geralt ne lui jette pas la pierre. Il lui propose au contraire un refuge à Kaer Morhen, la forteresse des sorceleurs. La mansuétude est de rigueur. Letho aussi a été ballotté par la grande histoire. De même, Keira, une sorcière en fuite, se voit également proposer de rejoindre la forteresse-refuge. L’amitié, amoureuse ou pas, comme seul rempart à la fureur des hommes. « Le monde de The Witcher est en guerre – et dans la tourmente qui en découle, les gens sont souvent contraints d’abandonner leurs foyers et de partir ailleurs, où ils ont rencontré la méfiance, voire l’hostilité. Dans des circonstances où il y a toujours un conflit entre différents "nous" et "eux", l’identité est en effet très importante », confirme Jakub Szamałek.

L’identité perdue

Ce choix résonne comme un troublant écho au concept de « modernité liquide » du philosophe polonais Bauman qui acte la précarité de nos modes d’existence percutés par le libéralisme économique : « Les liens humains sont véritablement fragiles et, dans une situation de changement constant, on ne peut pas s’attendre à ce qu’ils demeurent indemnes ».

Or ce concept qui postule une certaine fluidité sociale entre les hommes évoque beaucoup les itinéraires cabossés, pour ne pas dire « polonais », des personnages de The Witcher 3. Toute tentative de compréhension globale du monde est anéantie par l’addition salée des manigances, manipulations et autres vengeances à tiroir. Dans ce contexte, il y a peu de référent identitaire solide auquel s’accrocher. Quand un personnage parle de politique dans The Witcher 3, il arrive qu’il s’excuse d’être trop long. Il y a des choses auxquelles on ne croit plus en ce monde et la politique en fait incontestablement partie. Pourtant, si on n’a plus foi en la politique, comment mettre fin à ce qui est dénoncé ?

On comprend alors pourquoi la folie, dont parle Yoko Toro, devient « monde » dans The Witcher 3. Un monde fou est un monde que l’on ne peut pas changer. Il s’agit moins en l’espèce de le sauver des griffes de l’enfer que de composer avec lui, de trouver un arrangement avec la grande histoire. Car la réalité s’impose aux gens, elle les écrase de toutes ses forces. L’humanité ne tient qu’à un fil dans cette civilisation disloquée, au bord du précipice. Des réfugiés affluent vers la capitale Novigrad, à l’entrée de laquelle ils sont le plus souvent refoulés par les gardes. Les diasporas (sorceleurs, mages…) se multiplient, dessinant une société fragmentée, atomisée par l’ignorance et la guerre.

La ville de Novigrad, jusque-là épargnée par les combats, va sous les yeux du joueur peu à peu sombrer dans les pogroms et la xénophobie. Les prophètes de Radovid lancent des anathèmes sur la place publique contre les incroyants et la pratique de la magie, prélude à une chasse aux sorcières. Au moment où la paranoïa culmine, des bûchers constellent les rues. Des habitants arrêtés par les gardes se transforment le temps d’une quête en torches incendiaires. Triss, accusée de « sorcellerie », est alors contrainte de se cacher chez des habitants cupides qui l’hébergent contre de l’argent puis d’organiser avec Geralt l’exil de sa communauté. Le message du jeu est explicite : si les mages sont touchés aujourd’hui, contre qui la fureur des hommes s’abattra demain ? « Le monde de The Witcher est très chauvin : ses habitants repèrent tous ceux qui ne sont pas conformes à leur groupe. Les humains détestent les non-humains et vice versa, les adeptes du Feu Eternel méprisent ceux qui ne partagent pas leur croyance, les gens des Royaumes du Nord craignent les Nilfgaardiens du Sud – et à peu près tout le monde déteste les sorceleurs », poursuit Jakub Szamałek.

Le spectre de la Shoah et du massacre de Katyn

Le parallèle avec le sort des Juifs en Pologne pendant l’invasion des cosaques au XVIIe siècle ou la Seconde Guerre mondiale est frappant. La confrérie des sorceleurs, à laquelle appartient Geralt, est elle-même une minorité discriminée. Le joueur n’incarne pas le héros d’une nation dominante, c’est le membre d’une communauté honnie de tous, qui essuie des insultes à chacun de ses passages en terre étrangère. En incarnant Geralt, le joueur ressent pleinement l’expérience du racisme, ce qui est rare dans le jeu vidéo. Dans le monde de The Witcher 3, on jette l’opprobre non sur le « peuple » mais sur l’élite incarnée par les sorceleurs et les mages. Un aspect qui fait peut-être écho au massacre de Katyn. En 1940, l’armée soviétique avait procédé à l’élimination planifiée des élites polonaises afin de mettre le pays à genoux : des milliers de corps ont été retrouvés fusillés dans les bois entourant la ville. D’autre part, la culture et l’élégante sobriété de Geralt s’opposent à l’obscurantisme de nombre de ses congénères : « S’il y a quelque chose que nous voulions condamner, c’est l’hypocrisie et les préjugés, qui sont présents partout dans le monde, autant dans les villes que dans les campagnes », précise Jakub Szamałek.

Tolérance et tempérance

Geralt trace son chemin comme un enquêteur, traquant les faux-semblants et les impensés de sa société. Difficile de ne pas y voir un réquisitoire contre la partie conservatrice mais aussi paupérisée de la société polonaise qui a propulsé le gouvernement actuel au pouvoir. Ce dernier est xénophobe, homophobe et s’attaque aux médias. Il se veut le défenseur des « petites gens » contre la bourgeoisie libérale, dont les enfants défilent dans les rues. Le 3 janvier 2016, le ministre des affaires étrangères polonais Witold Waszczykowski s’est fendu de propos édifiants dans le tabloïd Bild, qu’il a aussitôt après minimisés – évoquant une blague –, non sans avoir mis le feu au landerneau médiatique : « Le gouvernement précédent a tout fait pour enraciner en Pologne une conception gauchisante de la politique. Comme si le monde devait évoluer, selon un modèle marxiste, dans une seule direction : vers un mélange des cultures et des races ; un monde de cyclistes et de végétariens, qui n’aurait recours qu’à des énergies renouvelables et combattrait toute forme de religion. Tout cela n’a rien de commun avec les valeurs traditionnelles polonaises. » La scène où Geralt réunit ses amis, issus de toutes les races, pour préparer un grand combat, adresse un cinglant démenti à la vision réactionnaire qui s’impose dans le pays. Les conservateurs polonais ont pu être outrés par d’autres scènes du jeu. Pour retrouver son ami Jaskier, joyeux barde, Geralt doit remonter une longue file de partenaires sexuels, une ingérence intime que le sorceleur accomplit avec son égale placidité. Geralt ne porte jamais de jugement tranché sur ses interlocuteurs, il se retranche derrière une neutralité bienveillante que traduisent assez bien ses longues et complexes enquêtes. Aux yeux des auteurs de The Witcher 3, la tempérance et la découverte de l’autre sont des remèdes aux maux qui hantent le pays.

Il y a 12 Messages de forum pour "Vivre avec la guerre "
  • crusaderping.wordpress.com Le 1er novembre à 13:53

    Comme l’explique le participant d’un forum sur Reddit, « la politique de tolérance et d’assimilation de l’Empire s’apparente à celle de l’empire romain et son acceptation des langages elfiques rappelle les dirigeants de la Renaissance et la recherche d’un retour vers l’Antiquité ». Cette forme d’empire éclairé, qui n’a jamais vraiment existé

    C’est un peu curieux d’avancer l’idée d’un empire éclairé pour ensuite la rejeter. L’idée même est anachronique, l’association avec la Renaissance évidemment source de confusion. Toutefois, la tolérance romaine est une réalité historique, non pas fondée sur une illumination. C’est un modèle économique d’expansion, modèle qui a contribué au succès de Rome face aux cité-Etats grecques, notamment les démocraties comme Athènes. Athènes était avare, ne donnant pas droit de cité aisément. Parce qu’à Athène, être citoyen, ça signifiait réellement quelquechose, des droits et de devoirs. A Rome, peu importe l’origine, peu importe d’où on vient, tous sont citoyens ; mais être citoyen ne donne quasiment aucun droit effectif sauf à être parmi les plus aisés selon le recensement (le vote étant subordonné à un système de classe).

    Nilgaard est clairement dans la veine romaine. Ainsi, c’est vers Nilfgaard que les mages cherchant asile se tournent. L’association avec l’Allemagne est plus douteuse - aucun rapport avec IIIe Reich, pas vraiment de rapport avec le Saint-Empire Romain Germanique morcellé.

    Pour le reste, je ne trouve pas que The Witcher 3 soit porteur d’un discours aussi clair que vous l’affirmez ("le message est clair : il faut sauver la paix à tout prix car la guerre n’est qu’échec"). Le ton me semble beaucoup plus fataliste, parce que pour les polaques, la guerre est une fatalité historique. This War of Mine, également un jeu polonais, est dans la même lignée. Evidemment la guerre n’est pas présentée sous un jour positif mais comme une tragédie. Néanmoins, l’idée que la guerre peut et doit toujours être évitée me semble a contresens de la culture polonaise, pays dont la disparition et renaissance historique répétée tient justement à un refus de se soumettre. Puisque vous évoquez l’Allemagne nazie, il faut se souvenir que la Résistance armée polonaise, en proportion tout comme en valeur absolue, rendent la résistance française insignifiante ; il faut se souvenir également qu’il s’agit de l’unique pays d’Europe envahi par l’Allemagne nazi où aucun gouvernement de collaboration et mouvement collaborationiste n’a existé.

    Vous écrivez d’ailleurs "Pour autant, le jeu n’est pas d’une clarté absolue sur tous les aspects. Tout en pointant les ravages de la guerre, il entretient un rapport ambigu à la violence. Par exemple, la série opère une distinction contrariante entre les honnêtes combattants et les « déserteurs ». Dans le sens commun, les déserteurs sont aussi ceux qui ont fui la guerre pour ne pas s’associer à des brutalités." C’est pourtant clair. Ce n’est pas conforme avec votre philosophie mais c’est clair et, finalement, fidèle à l’esprit de résistance polonais. Si la Pologne existe aujourd’hui, si c’est en Pologne qu’il y a tant de Justes parmi les Justes reconnus, c’est bien parce que dans leur esprit, déserter, c’est abandonner, c’est faire le jeu de l’oppresseur. Vous pouvez trouver cela contrariant, c’est néanmoins cohérent. Chacun appréciera, mois je trouve cela bien plus admirable que le pacifisme français des années 1930 et son esprit de désertion.

    Et pour complémenter votre propos par rapport aux bolchéviques, ce n’est même pas que les bolchéviques ne pouvaient pas soudainement devenir libérateur, c’est que dès le premier jour de l’invasion nazie, il était déjà ennemis de la Pologne par les accords secrets passés par Staline avec l’Axe. Dès le début, ils étaient ennemis de la Pologne.

    Par ailleurs, autant The Witcher est en écho à des problématiques polonaises, autant il me semble un peu simpliste de critiquer Call of Duty : Modern Warfare par ce qu’il désigne comme ennemi. Evidemment qu’il y a moins de finesse dans un FPS militaire stricto censu, où tout les personnages non combattant ne sont que des figurants, que dans une aventure se déroulant dans un univers complexe inventé par un brillant auteur.

    Enfin, j’ai garde le meilleur pour la fin vous écrivez "Difficile de ne pas y voir un réquisitoire contre la partie conservatrice mais aussi paupérisée de la société polonaise qui a propulsé le gouvernement actuel au pouvoir. Ce dernier est xénophobe, homophobe et s’attaque aux médias."
    Vous avez le goût de la modération, diantre ! Il s’attaque au média et ce serait un drame ? Qui ne s’attaque pas aux médias, de nos jours ? Vous trouvez la qualité des médias traditionnels indiscutable ?
    Que savez-vous de l’électeur type du PiS ?
    En quoi ce gouvernement est xenophobe ? Parce qu’il ne veut pas de quotas de clandestins imposés par l’Europe ? Est-on sur un site avec une ligne éditoriale d’extrême-gauche pour qu’une telle compréhension de cette position puisse être qualifiée ainsi sans discussion ?
    Homophobe = exmemple ?
    Vous commentez des "propos édifiants" vie une traduction de l’Allemand au Français via une traduction du Polonais à l’Allemand ? Est-ce bien sérieux ? Le caractère lamentable de la traduction parait évident : si on doit décrire PiS selon les critères politiques française, sa politique sociale est franchement "gauchisante" socialiste, c’est donc un contresens. PiS ne peut pas être décrit selon un prisme franco-français, son contenu emprunte à des courants qui sont en France contradictoire. Ensuite, associer systématiquement discours catholique traditionnel à extrême-droite est un raccourci de fainéant. La réalité est plus complexe et on ne peut se la jouer ouvert d’esprit tout en interdisant à ces catholiques traditionnels l’adhésion au catholicisme traditionnel.
    D’une manière générale, discuter des positions politiques polonaises en se basant sur la presse franco-allemande, c’est également faire preuve de grande fainéantise.

    "Aux yeux des auteurs de The Witcher 3, la tempérance et la découverte de l’autre sont des remèdes aux maux qui hantent le pays." Merci de les citer, si vous voulez leur coller un discours politique. Sinon abstenez-vous, c’est particulièrement malhonnête de prêter au gens un discours politique.
    Pour être clair, nombre de polonais ne sont pas satisfaits de PiS. Mais c’est très rarement selon les critères franco-allemands tels que ceux que vous développez.

    Pour conclure, si je trouve votre article intéressant, si je trouve appréciable l’effort de recherche réalisé sur des sources polonaises, je ne peux m’empêcher de trouver votre article particulièrement emprunt d’ethnocentrisme. Et le choix de vos termes et expressions est parfois très déroutant, puisque vous passez sans transition de la description et analyse à l’expression de vos opinions très personnelles (par exemple lorsque vous dite que la position exprimée dans The Witcher sur les déserteurs est "contrariante").

  • Martin Lefebvre Le 1er novembre à 14:14

    « Est-on sur un site avec une ligne éditoriale d’extrême-gauche »

    Bonjour et... en gros oui, enfin sans doute à votre extrême-gauche (personnellement je me considère juste de gauche), étant donné que vous semblez assimiler tous les réfugiés à des "clandestins imposés par l’Europe", ce qui est votre droit mais vous situe tout de même assez bien sur le plan politique.

    Nous ne prétendons pas à la neutralité axiologique, nous sommes un site engagé.

    "Aux yeux des auteurs de The Witcher 3, la tempérance et la découverte de l’autre sont des remèdes aux maux qui hantent le pays." Merci de les citer, si vous voulez leur coller un discours politique. Sinon abstenez-vous, c’est particulièrement malhonnête de prêter au gens un discours politique.

    S’il fallait attendre l’aval des développeurs pour interpréter leur oeuvre et ses sous-entendus politiques (ou autres d’ailleurs), on ne pourrait plus dire grand chose. Si l’art ne dit pas plus que ce qu’énoncent clairement ses producteurs, alors il n’a guère d’intérêt.

  • Dentatus Le 2 novembre à 12:09

    Même si je trouve votre article particulièrement bien fournie et la grille de lecture que vous adoptez sur la guerre pertinente, je pense que la vision de l’Empire de Nifgaard que vous mettez en avant :
    « la politique de tolérance et d’assimilation de l’Empire s’apparente à celle de l’empire romain et son acceptation des langages elfiques rappelle les dirigeants de la Renaissance et la recherche d’un retour vers l’Antiquité ».
    Peut être nuancée notamment à travers les informations données dans les romans, particulièrement le discours du représentant de la guilde des marchands, qui insistent sur la volonté de guerre économique totale de la part de Nifgaard qui viserait l’asservissement des Royaumes du Nord par le libre commerce (intéressant qu’en on pense comme vous l’avez montré au discours du PiS)
    De plus, Nifgaard mène une politique de colonisation violente par l’extorsion des terres des paysans Nordiens remplacés par des fermiers Nifgaardiens, ce qui dans l’histoire polonaise n’est pas sans rappeler la colonisation germanique de l’Est de la Pologne (on peut ainsi constater que les armées Nifagaardiennes centrées sur la cavalerie peuvent rappeler les chevaliers teutoniques symboles de cette colonisation).

    Je pense aussi que la Redania peut être plus explicitement rattachée à la Pologne tant par leur emblème (l’aigle polonais) que par leur résistance acharnée pour leur survie.
    Dijkstra pour les fans de la saga de ne peut pas être seulement vu d’un point de vue négatif, il incarne en effet ce patriotisme pur pour la Redania qui fait écho en Pologne où un patriotisme intransigeant est encore de rigueur. La fin scénarisée qui le voit s’imposer à la tête de l’Etat semble ainsi la plus positive pour les Royaumes du Nord et les populations ce qui montre que même les développeurs de Cd Projeckt qui sont éloignés politiquement du PiS partagent un patriotisme associé à la modernité (il est dit que Djikstra met en place l’industrialisation de la Pologne).
    Néanmoins son autoritarisme peu être comparé je pense tout comme pour Radovid avec la maréchal Pilsudski figure centrale de la Pologne d’entre deux guerres et controversée.

  • crusaderping.wordpress.com Le 2 novembre à 14:02

    Bonjour Martin,

    « Bonjour et... en gros oui, enfin sans doute à votre extrême-gauche (personnellement je me considère juste de gauche), étant donné que vous semblez assimiler tous les réfugiés à des "clandestins imposés par l’Europe", ce qui est votre droit mais vous situe tout de même assez bien sur le plan politique.

    Nous ne prétendons pas à la neutralité axiologique, nous sommes un site engagé. »

    Votre propos ainsi confirme le mien. Les quotas que l’EU veut imposer à ses pays membres est un quota de demandeur d’asile. La classification légale du demandeur d’asile est celui de personne entrée clandestinement, même si son maintien est encore indeterminé.

    De fait, la terminologie que j’emploie est factuelle. Si cela vous suffit pour faire des catalogues, soit. Ceci concorde avec ce que j’entrevois de votre compréhension de la situation géopolitique polonaise : une soif de simple. Trop simple sans doute. Le propre de l’engagement moderne, dans une société où on l’on affectionne les termes militaires (« engagé », « militant », « résistance » vu que tout est sans péril réel).

    « S’il fallait attendre l’aval des développeurs pour interpréter leur oeuvre et ses sous-entendus politiques (ou autres d’ailleurs), on ne pourrait plus dire grand chose. »

    Leur attribuer des intentions, c’est quand même tout autre chose. On peut dire plein de trucs sans faire parler les absents.

    Pour le reste, savoir à quel pays associer chaque entité dans The Witcher me semble être un exercice plus que périlleux. Il y a toujours des sources d’inspirations, mais Andrzej Sapkowski est assez fin pour ne pas faire de simplistes clones. Chaque entité a des inspirations multiples. Que l’on songe à Toussaint qu’on ne saurait voir comme une simple image de la France.

    L’article suivant à le mérite de s’interesser à ce que Sapkowski en dit (ça ira Martin, ou vous préférez imaginer son propos plutôt :-) ?) https://www.gamepressure.com/e.asp?...

    I’ve said it once, and I’ll say it again : there is no deliberate world creation in my books ! When it comes to the ontology of the entire civilization, it is rudimentary, subservient to the plot and only the plot. (...) True, later on, when I began writing the book series, I had to form some crude geographical framework, including politics and economy ; I had to be aware of what’s in the north, what in the south, and which way to the sea. But I did it only as far as the plot required it, no more than it was necessary and essential to the story. Not an inch more. My world is a pseudo-world, a mere background, a picture on a canvas moved by a reel. And it’s justified – after all, the story in the books is about the fate of the characters, not about the fate of the world ; the setting serves the plot, not the other way around. Yes, it is a kind of ontological construct, but it is subservient to the plot, not to its own fantastical, sometimes even outlandish, ontology.

    Et lorsque titillé, il fait preuve d’une finesse qui déplaira sans doute aux plus « engagés ».

    I’m living with a certain condition, the baggage of being born in Poland, which is an important element of our culture. I say, let it be a part of our culture. But for God’s sake, don’t let it rule over us ! At least I do not consider myself to be that much of a Polonophile.

    I have my own, rather critical, opinion on what is currently gong on in Poland, but I didn’t come here to make statements on that. Not that my opinion would matter anyway.

    (pour devancer tout nouveau malentendu et invention, précisons que ces citations datent de 2005)

  • Martin Lefebvre Le 2 novembre à 15:20

    Ah non mais à vrai dire — personnellement — je ne me sens pas spécialement concerné par la situation politique en Pologne, et encore moins par The Witcher 3. :D Je vous donne juste raison, nous sommes bien un site de gauche (même si nos contributeurs n’ont pas à passer un test de pureté idéologique), qui ne répugne pas à publier des articles tenant un discours engagé. Ni plus, ni moins.

    Par ailleurs que je sache le papier ne parle pas de Sapkowski, mais de l’adaptation, certes fidèle, de son oeuvre, réalisée par un studio qui ne lui appartient pas. Et quand bien même, ce que dit un écrivain de son oeuvre n’est pas parole d’évangile, il peut s’aveugler sur l’inconscient qui le travaille. Soyons clairs : je ne sais absolument pas si c’est le cas pour cet auteur qui ne m’intéresse pas le moins du monde, je défends juste le droit qu’a Tony d’interpréter une oeuvre.

    Sur ce, je vous laisse, je n’aurais pas dû intervenir dans un débat où je n’ai rien de précis à dire.

  • Tony Fortin Le 2 novembre à 18:28

    Ok mais je me base avant tout sur le jeu, pas sur les romans de l’écrivain en question qui a d’ailleurs désavoué le jeu. J’ai bâti mon papier à partir de l’interview que CD Projekt m’a donnée et aussi de mes propres interprétations dont je ne doute pas qu’elles m’appartiennent.

  • Laurent Braud Le 3 novembre à 20:41

    Joli dossier, auquel je trouve qu’il manque peut-être la place de l’humour. L’humour polonais est très spécifique : noir, pessimiste, voire défaitiste, il est une façon de tourner à la rigolade les malheurs perpétuels du pays. Les polonais ont ainsi longuement ri — sous le manteau — du communisme, et maintenant du virage ultralibéral-conservateur. La star en la matière est probablement le dessinateur Andrzej Mleczko.

    Le bouquin comme le jeu reprennent tous deux cette approche ; probablement une des raisons du succès du jeu, d’ailleurs. Quelle que soit la gravité de la situation, il est toujours possible de la ridiculiser, d’envoyer une petite pique, ou de s’en prendre une.

  • Tony Fortin Le 4 novembre à 01:07

    Merci Laurent. Ah tiens, je n’ai pas trop saisi où il y avait de l’humour, je n’y étais peut-être pas trop réceptif, en tout cas l’ensemble m’a semblé dégager une "lourdeur" sur laquelle j’ai essayé de mettre des mots.

  • Laurent Braud Le 4 novembre à 09:49

    je n’ai pas trop saisi où il y avait de l’humour, je n’y étais peut-être pas trop réceptif, en tout cas l’ensemble m’a semblé dégager une "lourdeur" sur laquelle j’ai essayé de mettre des mots.

    C’est peut-être justement ça la spécificité : ça peut être tellement noir, grinçant, que ça n’est pas vraiment considéré comme de l’humour à l’ouest de l’Oder. Ce passage avec une "petite fée", qui est un foetus mort, par exemple. De façon générale, tout est toujours en décalage : les personnages ne sont jamais ce qu’ils semblent être, une situation dramatique vire au grotesque.

    Et puis le principe même des deux premiers tomes de Sapkowski, c’est tout de même la blague du conte de fée pris dans la moulinette du réalisme, ponctuellement reprise dans le jeu (les 7 nains en est l’exemple le plus frappant).

  • Tony Fortin Le 4 novembre à 13:02

    Intéressant ! Comme quoi, on peut passer des dizaines d’heures sur un jeu et il y a des choses un peu culturelles qui continuent à nous échapper...

  • Pierre Le 5 novembre à 15:03

    « Ah tiens, je n’ai pas trop saisi où il y avait de l’humour, je n’y étais peut-être pas trop réceptif »

    Ah bon ? Des missions entières sont pourtant franchement décalées, entre le défunt mage qui lit l’avenir dans le fromage, le vieil homme contemplatif qui loupe à cause de Geralt le passage d’une baleine qu’il a attendue toute sa vie, l’inattendue et très longue séquence du mariage dans Hearts of Stone, le rap battle (!) de Blood and Wine (combat d’insultes façon Monkey Island) ou le passant inquiet qui, constatant l’ébriété de Geralt, s’écrie : « Grossier personnage ! Ah, les jeunes d’aujourd’hui ! » Et y en a plein d’autres ^^

  • Tony Fortin Le 5 novembre à 20:25

    C’est vrai, bon ça va faire deux ans que j’y ai joué et un an et demi que j’ai écrit le papier, tout ça n’est plus très frais

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